TAPIS BLEU : la fausse cérémonie des Magritte qui dérape

TAPIS BLEU : la fausse cérémonie des Magritte qui dérape
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TAPIS BLEU : la fausse cérémonie des Magritte qui dérape - © Tous droits réservés

Parmi les derniers nés des podcasts de fiction de la RTBF, il y a Tapis Bleu, podcast La Première réalisé en l’honneur des Magritte du cinéma belge qui n’ont pas eu lieu cette année, pandémie oblige. 

Imaginé et co-écrit par Myriam Leroy, Laurence Bibot et Sébastien Ministru, et interprété par plusieurs comédiens primés aux Magritte, Tapis Bleu nous plonge dans une fausse cérémonie des Magritte qui dérape. 

Les quatre épisodes de cette fiction sonore, dévoilés à tour de rôle sur Auvio et les applications de podcasts au cours du mois de février, sont dès à présent disponibles en intégralité ; l’occasion de dévorer cette série feuilletonnante d’une traite ! 

EPISODE 1 · Natacha

Natacha Chapuis présente la cérémonie des Magritte 2022. Avant de monter sur scène, très nerveuse - elle fait les cent pas en coulisses et répète son texte. L’occasion de s’en prendre à son auteur, de critiquer sa prose, mais aussi de pointer la situation fragile des actrices dans un milieu où on est plus rapidement vieille que vieux… 

Ecriture : Sébastien Ministru 
Narration : Catherine Salée et Laurent Capelluto 
 
EXTRAIT : "Dans nos métiers blessés, l’important c’est pas d’aimer. L’important, c’est de trouver du boulot et de bouffer quitte à enlever le pain de la bouche d’une copine… "Han, désolée, j’savais pas qu’il t’avait dit que le rôle était pour toi. Tu m’en veux pashein?"… Je dirai ce que je pense… Dans nos métiers blessés, l’important c’est pas d’aimer. L’important, c’est de ne pas paraître pathétique quand t’as plus rien fait depuis quatre ans et que tu demandes à ton agent s’il a pas une ou deux pubs qui traînent. Ou une voix dans un film d’animation d’un étudiant. Moi, je connais des actrices que plus personne ne veut, des comédiennes qui fonctionnent à la carte de téléphone prépayée, des actrices avec qui plus personne ne veut bosser et qui animent en cachette des stages "corps et espace" dans des maisons de repos à Neufchâteau. Elles lancent des ballons à des vieux… Mais ça personne n’en parle - à commencer par elles… Je t’en foutrais, moi, de "l’important c’est d’aimer." Bon, c’est quoi le truc après Romy Schneider? Ah, oui…" 

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EPISODE 2 · Patrick

Après deux ans de gestes barricades, nous sommes en 2022, le soir des Magritte. Après Nathalie Baye, Costa-Gavras ou encore Monica Bellucci, L’Académie accorde son Magritte d’honneur à un certain Patrick Bernard.
Il monte sur scène, il s’adresse à la salle… et rapidement, tout dérape. 

Ecriture : Myriam Leroy 
Narration : Laurent Capelluto, Catherine Salée, Aurora Marion, Jean-Jacques Rausin, Juliette Goudot, Myriam Leroy, Laurence Bibot, Achille Ridolfi, François chandelle et Hervé Closset 
 
EXTRAIT : "Je suis fébrile, impressionnée, honorée d'appeler sur scène, pour lui remettre un Magritte d'honneur, Monsieur Patrick Bernard.
Tonnerre d'applaudissement. 
[Voix intérieure de Patrick Bernard] : Pffff. On y va. Sourire. Avec les dents ? Sans les dents ? Avec les dents. 
Il se dirige vers la scène sous les applaudissements. Bruits de pas. 
Juliette Goudot : "Faut-il encore présenter Patrick Bernard, l'acteur aux 7 césars, le démon au yeux jaunes, comme on le surnomme depuis sa première apparition, beau et inquiétant comme un diable sur le pont du bateau de " Fin de partie pour Mister Reilly " de Jean-Pierre Mocky. La cinémathèque française vient de lui consacrer une rétrospective, qui met en lumière l'appétit pour le jeu de cet ogre, l'appétit pour les autres, aussi, pour leur univers au service duquel il met son instinct féroce et son humanité toujours désarmante. Avec plus de 100 films à son actif, et un pedigree où apparaissent Claude Lelouch, Patrice Leconte, Luc Besson et Mathieu Kassovitz, cet artiste protéiforme se réinvente à chaque collaboration. Eternel adolescent, il revendique une liberté insolente. En témoigne sa toute récente collaboration avec Kim Chapiron, en proxénète au coeur tendre dans le film Do not disturb qui ne cesse de faire couler de l'encre. L'académie André Delvaux est honorée d'honorer cette année Patrick Bernard." 

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EPISODE 3 · Denis

Denis Dielmans, fournisseur de limousines et sponsor principal de la soirée des Magritte, porte un costume trop grand pour lui, au propre comme au figuré. Et ça l'empêche de se concentrer durant la cérémonie.  
Il se met à rêvasser de ses premiers rendez-vous avec le cinéma belge et avec l’amour. 

Ecriture : Laurence Bibot 
Narration : Achille Ridolfi, Aurora Marion, Juliette Goudot, Laurence Bibot et Laurent Capelluto 
 
EXTRAIT : "Les films belges, c’est des prototypes, c’est comme pour les bagnoles, tu peux pas facilement rouler avec un prototype mais ça fait avancer la conception des modèles suivants. 
J’ai revu Agape, elle était avec un journaliste de cinéma, je pouvais pas rivaliser : Roger Romanov, un con bouffeur de graines toujours en vélo. C’est dommage parce que, clairement, Agape ne sortait pas avec des hommes pour leur physique, sinon elle aurait jamais été avec ce con de journaliste, et elle aurait jamais été avec moi. 
Le physique, c’est pas mon point fort. Paraît que Benoit Poelvoorde, il ne s’aime pas et bien, moi, je l’aime celui-là. Il peut tout faire, même des mauvais films : je l’aime !"

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EPISODE 4 · Agape

Après le scandale du Magritte d'honneur 2022, qui pète un plomb sur scène après avoir déroulé un discours furieusement sexiste, la soirée se poursuit. 
Au bar, cette fois, et dans les couloirs du Square, où Fanny Ruwet, comme chaque année, récolte les impressions du public dans un exercice de micro-trottoir. L'occasion de recroiser tous les protagonistes déjà rencontrés, et de comprendre ce qu'est, pour eux, le cinéma. 

 

Ecriture : Myriam Leroy, Laurence Bibot et Sébastien Ministru 
Narration : Fanny Ruwet, Jean-Jacques Rausin, Aurora Marion, Catherine Salée, Laurence Bibot, Sébastien Ministru et Laurent Capelluto 
 

EXTRAIT :  "Fanny : Ah, voici Agape Constantinopoulos, qui a précipité la fin de la cérémonie, en refusant de se présenter sur scène pour remettre le prix Chantal Ackerman. Madame Constantinopoulos excusez-moi, vous avez deux minutes... ? 
Agape : Non merci. 
Fanny : Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous vendre un abonnement Amnesty... 
Agape : C'est pour quoi ? 
Fanny : C'est pour prendre la température, avoir votre sentiment sur cette soirée... 
Agape : Mon sentiment c'est que Patrick Bernard a tout gâché. Qu'il y a des milliers de gens qui se battent en Belgique pour faire des films qui font avancer les choses. Qui écrivent, qui réalisent, qui jouent, qui montent, qui mouillent le maillot, des gens qui prennent des risques, qui prennent le risque d'imposer des idées, des formats, des profils que personne n'attend. Et ces gens qui cravachent comme des chiens et qui ont un talent fou, ils méritent une belle grande soirée pour les remercier, ils méritent d'être mis en lumière. Surtout après deux ans de pandémie, deux ans de vaches maigres, de salles fermées puis ouvertes puis fermées. Le cinéma belge mérite du respect. 
Les amandes effilées de Stephan Streker, un film magniqueLubna Azabal y est sublime : trois semaines d'exploitation et puis hop, re-re-re-confinement. Les gestes barrière de Joachim Lafosse : Michael Haneke a dit que c'était son film préféré de tous les temps ! Et qui l'a vu en Belgique, à cause de cette pandémie, hein, qui ? Alors oui, ces Magritte 2022, ils étaient essentiels. On avait besoin d'être fiers de nous ! 
Et pas de cette parodie de vieil acteur français arrogant qui se croit autorisé à nous expliquer la vie, à nous les gentils petits Schtroumpfs."

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CREDITS 

Réalisation : Mixture 
Montage son Eric Abraham et Christophe Loerke 
Enregistrement, mixage : Christophe Loerke 
Musique : Le Motel, Vincent Jacquet 
Voix off : Monia Douieb 
Identité visuelle : Antoine De Schuyter