Grégory Beghin : "Faites vous plaisir. Tout est possible"

Grégory Beghin
Grégory Beghin - © Erwan Cloarec

Chaque semaine, nous vous proposons une interview d'une personne active dans le milieu de la webcréation. Le but est d'échanger avec les professionnels belges et étrangers du secteur afin de leur donner la parole sur leur vision de la webcréation. Cette semaine, rencontre avec Grégory Beghin, auteur et réalisateur de la websérie "Burkland".

Pourquoi est-ce important de faire de la websérie aujourd’hui ?

Parce qu'on tombe au bon moment. Les attentes n'existent pas encore car très peu de choses ont, pour le moment, été faites, il faut donc les créer.  

Il n'y a quasi aucun business model ; la plupart des webséries sont non rentables ou faites bénévolement. Mais elles intéressent de plus en plus de monde et un public de plus en plus large.

C'est une période intéressante, on sait qu’il y a un train à prendre, on essaye d’avoir un ticket.

 

Pourquoi avoir eu envie de développer ce type de projet par le passé et actuellement?

Avant le premier appel à projet de la RTBF, mon seul rapport avec la websérie c'était "Bref", et encore, je le regardais à la télé. C'est génial ce qu'ils ont fait, ils ont tout adapté à leur concept : durée, rythme, humour. C'est ultra maîtrisé. La seule fois où j'avais vu ce genre de format, c'était pour "Un gars, une fille" qui, pour le coup, est entièrement un projet télé. Il y avait donc un intérêt pour le format court, et le format court est très adapté au web. C’est une grande chance pour nous que le service public investisse dans ce genre de projets.

 

Qu’est-ce que l’on peut créer et développer avec le web que l’on ne peut pas se permettre en TV ?

L’avantage avec le web, c’est que l’histoire et le concept sont au centre du projet. On ne s'adapte pas à un format ou à un timing comme en télé. Si ce que vous voulez raconter demande 4 épisodes de 14 minutes ou 8 capsules de durées aléatoires, vous pouvez le faire.

Si vous voulez adapter votre histoire à un support précis, faites vous plaisir. Tout est possible.

C’est ce qu’on a essayé de faire avec Burkland : du très - peut-être trop - court thriller dramatique pour lequel on n'impose pas mais on propose un support. L’objectif est que les gens regardent la websérie sur leur smartphone pour une immersion totale.

Si vous le faites et avec des écouteurs, l’expérience est plus intéressante, la websérie est adaptée pour petits écrans ; impossible de faire ça en télé.

La proximité avec le spectateur est aussi très enrichissante. Très vite vous comprenez ce qui marche ou non. Vous êtes donc dans l’expérimentation, mais avec un retour direct.

 

Qu’est-ce qui vous plait dans l’univers du web et des réseaux sociaux ?

Le web n'a pas de limite, pas de frontières, vous pouvez toucher tout le monde en un clic, ou absolument personne, et puis les gens n'ont pas de filtres sur internet : le jugement est cash. 

On ne vous dira pas "j'aime bien" pour vous faire plaisir. Si les gens n'aiment pas ils ne regardent pas, c'est aussi simple que ça et si jamais ils ne sont vraiment pas contents, tu en prends pour ton grade sur les réseaux sociaux.

L’avantage, c’est que tout le monde peut soumettre son travail, que la websérie soit faite avec deux bouts de ficelles ou financée. Mais attention : le spectateur s'en fiche du budget, ça ne l'intéresse pas - il jugera le produit, point. C’est à double tranchant : plus facile de proposer, plus facile de critiquer.

Concernant les réseaux sociaux, ça permet deux choses : une vie parallèle à votre projet et un très bon moyen de faire un peu de marketing. Le tout est d’essayer de bien mixer les deux.

 

Quels sont les projets que vous avez aimés et pourquoi ? 

Typique, car c’est eux qui ont lancé la danse en Belgique francophone, voire en Belgique tout court. Ils ont fait un super boulot et ils continuent d’essayer des choses notamment avec leur Typique Live, plutôt que de refaire une énième saison. C’est de ça dont a besoin la websérie, de personnes qui essayent des choses.

 

Après un an à l'INSAS où l'amour n'a pas pris mutuellement, Grégory Beghin a fait de l'assistanat réa avant d'arriver en télé, où il pratique la réalisation multi-caméra depuis maintenant 5 ans. Il a co-écrit et joué dans Euh et écrit et réalisé Burkland. D'autres projets web arrivent devant et derrière la caméra.

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