Gilles-Ivan Frankignoul : "Le paysage audiovisuel francophone a bien changé depuis quelques années et ça fait du bien !"

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Régulièrement, nous vous proposons une interview d'une personne active dans le milieu de la webcréation. Le but est d'échanger avec les professionnels belges et étrangers du secteur afin de leur donner la parole sur leur vision de la webcréation. Rencontre avec Gilles-Ivan Frankignoul, co-réalisateur de notre expérience 360 White Pig (harcelée).

Pourquoi est-ce important de faire de la webcréation aujourd’hui ?

Je ne sais pas si ce qui est important, c’est de faire de la webcréation. Je suis convaincu que ce qui est essentiel dans la création, qu’elle soit sur le web ou ailleurs, c’est que le contenu soit judicieux. L’idée du web arrive après. Ce n’est pas toujours vrai, bien sûr, mais en ce qui me concerne, lorsque j’imagine un projet, un film ou une mise en scène, c’est avant tout au public que je pense.

Ensuite vient la manière de le joindre et c’est alors que s’impose le web, la scène ou la télévision. Ce qui est vrai, toutefois, c’est que si l’on parle "jeunesse"... le web trouve une place particulière. C’est lié à l’histoire de ce moyen de diffusion et à l’usage grandissant qu’en font les jeunes. Dans ce cas, il faut alors créer pour le web, c’est ce que Vitold Grand’henry (RTBF) a tout de suite compris lorsqu’il a relié le projet théâtral d’Alex Lorette ‘White Pig’ à la technologie naissante qu’est la VR 360°.

Pourquoi avoir eu envie de développer ce type de projet par le passé et actuellement ? Qu’est-ce que l’on peut créer/développer avec le web que l’on ne peut pas se permettre en TV ?

Suite à la proposition de Vitold, j’ai relevé le défi de mettre en scène ce texte en 360°. Je suis réalisateur et je suis spécialisé dans la réalisation de contenu jeunesse et dans la captation de spectacle vivant.

Je n’avais, par contre, jamais travaillé spécifiquement pour le web. Du coup, ce fût une expérience enrichissante, avec mon co-réalisateur, responsable lui de la mise en place du dispositif 360° : Samuel Biondo de chez Reed. Lui maitrisait une sorte de langage web et 360° en étant à la base des VR sessions. Le mélange d’expérience fut donc très logique et simple.

Ensuite, on a dû bien expliquer à la RTBF et à Carine Bratzlavsky, la responsable du secteur scène de la RTBF avec qui je collabore souvent pour des captations de spectacles, que ce ne serait pas du contenu télévisuel "linéaire/classique". On ne tourne en 360° que pour le web ou pour des casques VR, c’est très particulier.

Qu’est-ce qui vous plait dans l’univers de du web et de la VR ?

En particulier dans ce projet-ci, l’intérêt d’être immergé sur scène est assez fascinant. J’avais déjà fait un test pour un teaser de spectacle pour le Theâtre du Rideau de Bruxelles en septembre mais j'étais venu me greffer à une mise en scène existante. Ici, l’intérêt est que j’ai réellement mis en scène le projet. J’ai décidé, avec Sandra Belloi, décoratrice du théâtre de Liège, d’un dispositif très théâtral où tous les lieux sont présent à l’image en même temps. Lorsqu’on met le casque, on est sur scène au milieu des comédiens, on choisi qui on regarde, ce que l’on veut voir. En plus avec l’intervention des discussions instantanées, on a beaucoup de contenu, il faut le sélectionner. Il y a dans ce projet beaucoup de grilles de lecture différentes, on s’est amusés avec ça.

Quels sont les projets que vous avez aimés et pourquoi ?

Ce n’est pas encore un projet RTBF mais qui sait, le projet de Reed des VR sessions est vraiment incroyable. Ils créent actuellement une véritable médiathèque du rock belge (mais pas que) en 360°. C’est novateur et vraiment très réussi.

Pour parler plus spécifiquement de la webcréation RTBF, je trouve que l’idée des appels à projets pour les webséries est vraiment stimulant. J’avais suivi avec attention l’émergence de Euh après avoir été un fan de Typique. Je trouvais cette websérie très fraiche, simple et techniquement très réussie. Avec ma société Playtime Films, on produit Ennemi public, série de la RTBF, plus traditionnelle en termes de production parce que produite pour la télévision et bien évidemment plus chère mais, malgré tout, je reste un fan de productions plus légères et le fait de voir à côté des séries vouées au web est vraiment stimulant. Ça motive aussi toute une série de scénaristes et d’acteurs. Vraiment le PAF (le paysage audiovisuel francophone) a bien changé depuis quelques années et ça fait du bien.

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