Empreinte digitale présente : les webséries intersectionnelles

Les webséries (et séries) sont devenues un moyen puissant pour dépeindre l'intersectionnalité. 

C'est bien connu : le web et les webséries ont permis une liberté de ton et de format pour raconter des histoires en rompant avec les codes du cinéma et de la télé. Cette liberté, liée aux avancées technologiques (matériel moins cher, connexions Internet plus efficaces), a démocratisé la production audiovisuelle et la diffusion sur le web et surtout, a ouvert la voie à ceux qui ne correspondent pas aux normes des médias traditionnels.

Les femmes ont donc elles aussi commencé à raconter leurs histoires et à s’emparer de la caméra. Qu'a permis cette démarche ? 

1) De parler de thématiques dont la majorité des séries ne parlent pas : par exemple la grossesse non préméditée, sujet de la websérie "Loulou" sur Arte ; les difficultés à se positionner sentimentalement dans la société actuelle, abordées sous un angle inhabituel et rafraîchissant dans la websérie suisse indépendante "Ladies happy Hour" ; ou encore les situations auxquelles les femmes sont confrontées en tant que femmes et mères, explorées de façon hilarante dans "I Mom So Hard" sur YouTube.

2) De faire place à des voix de femmes en situation d'intersectionnalité, c'est-à-dire qu'outre le fait d’être une femme, elles subissent une autre forme de domination ou de discrimination (sur base de leur couleur de peau ou de leur origine sociale, par exemple), pour réaffirmer que non, il n'y a pas une seule norme, mais bien une infinité.

Notons que ces femmes n'ont pas créé leur websérie dans un objectif féministe militant. Elles s'inscrivent dans une démarche d'autrices, où l'écriture sert d'exutoire des situations qu'elles ont connues, et qui s’avèrent résonner chez des millions de personnes.

Des exemples ? Broad CityAwkward Black Girl, Brown Girls et Soul Sisters.