Nicoletta admirative d’Adamo : "Il venait me chercher à la fin de son concert pour saluer avec lui"

Nicoletta était l’invitée de Serge Vanhaelewyn ce 18 mars sur Viva + dans le cadre de la sortie de son livre Nicoletta : Soul Sister – 50 ans de scène. La chanteuse est revenue sur ses débuts de carrière et ses collaborations marquantes.

Avec des tubes comme La Musique, Ma vie c’est un manège, Il est mort le soleil, Mamy Blue,… et une voix typiquement soul, Nicoletta est l’une des plus belles voix de la chanson française.

À la fin des années 60, la chanteuse enchaîne les tubes et chante dans de très nombreux pays. Au fil de ses 50 années de carrière, elle a collaboré avec Bernard Lavilliers, Joey Starr ou encore Florent Pagny.

Dans ce livre, Nicoletta se confie sur sa carrière, ses débuts, ses rencontres, ses réussites, ses défis…

Un début de carrière prometteur

Nicoletta démarre sa carrière en 1966 avec une reprise de L’homme à la moto d’Édith Piaf. Ce premier 45 tours contenait aussi la reprise de Pour oublier qu’on s’est aimé de Nino Ferrer. La chanteuse âgée alors de 22 ans, avait signé un contrat d’option de six mois. Le disque se vent bien et elle trouve la chanson La musique et demande à son auteur de raconter son "histoire de jeune fille" à savoir celle-ci : "Je travaillais la nuit comme DJ (NDLR : elle était DJ dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés depuis 1961) et j’espérais faire une belle vie dans la musique. Cela a été un gros tube donc on a signé trois ans de contrat et ensuite sept ans" raconte-t-elle.

La maison de disques dans laquelle elle signe est la célèbre maison d’Eddie Barclay. Elle se souvient du producteur : "Il était un vrai 'talent scout' comme le disaient les Américains : il savait découvrir des personnages et des personnalités dans les artistes qu’il engageait". Le bras droit de Barclay, Léo Missir lui trouve un arrangeur qui a transformé sa musique, Jean Bouchéty"Quand on écoute La musique, Il est mort le soleil, Vis ta vie,… ce ne sont pas des chansons qui se ressemblent, chacune se présente avec sa palette" observe-t-elle.

Son enfance et l’amour de sa mère

La chanteuse qui célèbre ses 50 ans de scène avec ce livre, Nicoletta : Soul sister, lève aussi un coin du voile sur son enfance en Haute-Savoie. Puisque Jeanne, sa maman, est atteinte de déficience mentale, sa grand-mère Claudia devient sa tutrice. Elle avance d’ailleurs dans son livre les propos suivants : "Mon enfance a certes parfois été douloureuse mais j’avais l’essentiel, l’amour de ma grand-mère : grâce à elle j’ai apprivoisé mes douleurs et triomphé de mes peines".

"Ma maman était comme une petite fille dans le corps d’une jeune femme mais c’était un amour" résume-t-elle aussi à Serge Van Haelewyn. "Les gens qui ne sont pas éveillés dans notre monde à nous […] sont des gens qui ont une grande pureté et j’adorais ma mère parce qu’elle souriait tout le temps, était très douce, ne s’énervait jamais, adorait s’occuper des petites mémés seules dans le village. Quand il y avait des enterrements, elle était parfois la seule à y aller".

Comme Nicole Grisoni de son vrai nom, était première de classe à l’école, elle confie avoir appris à lire à sa maman et lui avoir fait écrire des phrases pour des cartes à destination de sa famille à Noël.

L’aide de Salvatore Adamo

Nicoletta a collaboré avec de nombreux artistes de renom. On pense à Ray Charles qui reprend Il est mort le soleil, mais aussi à Salvatore Adamo qui l’emmène sur sa grande tournée internationale en France. La chanteuse ne tarit pas d’éloges envers l’auteur-compositeur-interprète italo-belge. "Il est très discret Salvatore mais déjà à l’époque, dès 1962 quand il a débuté, il est le numéro un, le plus grand vendeur de disques. Mais comme il n’était pas tapageur on parlait surtout des Cloclo ou Johnny, ou Sheila qui méritaient cette lumière et représentaient la jeunesse de l’époque mais lui, il était d’une discrétion exemplaire et surtout quel talent : il faisait tout, la musique et les textes, cette voix particulière, très chaude, un peu éraflée qui représente bien son côté latin" explique-t-elle.

Nicoletta se dit chanceuse d’avoir pu débuter la scène à ses côtés. "Je n’avais jamais fait de scène, on est un petit peu bête quand on n’a jamais eu le public en face de soi : on ne sait pas rentrer sur scène, saluer, on ne sait pas quoi dire entre les chansons, on est très gauche et je le regardais faire avec sa simplicité, son ordre des choses, sa gentillesse" déclare-t-elle. Pendant trois semaines, elle assure la première partie de ses concerts à l’Olympia et l’interprète de Tombe la neige lui offre une visibilité étonnante :

Il venait me chercher à la fin de son récital pour que je salue avec lui. C’est exceptionnel, on voit rarement des têtes d’affiche chercher la première partie pour venir saluer. Il faisait cela pour moi et je ne l’oublierai jamais.

Adamo lui a aussi donné de la confiance en elle et lui a inculqué la politesse envers le public ajoute-t-elle.

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- © Mehdi Fedouach / AFP

Le farceur Johnny Hallyday

Dans son livre, Nicoletta évoque également ses autres rencontres avec les artistes de sa génération. Il y a évidemment Johnny Hallyday qui vient l’écouter un soir à l’Olympia et débarque ensuite dans sa loge, pour lui demander de l’accompagner sur sa prochaine tournée d’été. L’interprète de Mamy Blue a souhaité démontrer le côté facétieux de l’idole des jeunes à cette époque. Lors d’une sortie à Colmar, il réalise avec sa complicité, une blague à ses musiciens. Johnny emprunte le standard téléphonique de leur hôtel après un concert. "Il m’a fait passer par la groupie du premier rang, et m’a fait appeler tout l’orchestre individuellement : 'Oui c’est moi la petite blonde, tu m’as regardé quand tu jouais de la batterie', puis pareil avec le guitariste etc. Ils m’ont tous attendu" raconte-t-elle encore amusée.

Nicoletta rencontre également un autre monstre sacré de la chanson française, Jacques Brel. C’est ainsi qu’elle reprend Quand on a que l’amour. "Il était tellement content de mon enregistrement, cela m’a touchée, qu’il a dit : 'On va faire un petit reportage, je vais l’aider cette gamine'. Il m’a fait poser pour un reportage photo, je suis allée le rejoindre sur le tournage et il est sur le dos de la pochette du 45 tours. C’est magnifique, un parrainage comme cela, c’est exceptionnel" savoure-t-elle.

"Il n’y a pas de hasard, que des rendez-vous" : Nicoletta cite ainsi Paul Éluard dans son livre pour résumer toutes ces rencontres musicales.

Le tube "Mamy Blue"

Nicoletta évoque enfin son plus grand tube, Mamy Blue, une chanson qui évoque le décès de sa mère. "Je ne voulais pas la chanter au départ quand one me l’a montrée mais la musique était tellement magnifique, c’est le même compositeur, Hubert Giraud, d’Il est mort le soleil. Il m’a fait une maquette à Madrid et l’a donné à l’arrangeur qui a mis une chorale de gospel d’où ce son gospel" indique-t-elle. Au total, Mamy Blue est repris dans 850 versions différentes et est numéro 1 en France. "J’étais fière parce que je battais les garçons" se souvient-elle, le haut du hit-parade étant presque exclusivement trusté par Johnny, Claude François, etc.

Et si Nicoletta a pu jouir d’une resplendissante carrière, c’est avant tout grâce à ses fans. "La route que nous menons nous les saltimbanques de la scène, nous la vivons grâce au public" souligne celle qui représente quelque part, dans différents sens, La musique.

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