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Jean-Jacques Goldman : "Ma carrière est allée bien au-delà de mes espérances" assurait-il à la RTBF dans les années 90

Yes Week-End a célébré les 70 ans de Jean-Jacques Goldman avec des archives inédites. Retrouvez des interviews de l’époque de l’artiste sur ses débuts de carrière, ses inspirations et sa vision de son public.

Jean-Jacques Goldman fête ses 70 ans ce 11 octobre et par la même occasion ses 40 ans de carrière. Ces derniers jours, Le 6/8 est revenu sur les anecdotes improbables de sa vie et sur ses premiers enregistrements en solo et La Une lui a consacré un documentaire exclusif à (re)voir sur Auvio, La Story de Goldman.

À l’aide des plus belles archives de la RTBF, Bruno Tummers est aussi revenu plus amplement sur cette incroyable success story de l’auteur-compositeur-interprète français le plus populaire du 20e siècle dans Yes Week-End.

Vivre de sa passion

S’il a enchaîné différents boulots avant de lancer sa carrière artistique, Jean-Jacques Goldman reste avant tout, comme beaucoup d’artistes, quelqu’un qui a fini par avoir les moyens de vivre de sa passion.

"J’ai fait de la musique parce que cela me rendait fou. J’ai écouté des disques que j’avais envie de rejouer" se souvenait-il ainsi au micro de Serge Vanhaelewyn après la sortie de l’album Non homologué, citant entre autres des artistes comme John Mayall ou Muddy Waters. "Évidemment je me suis lié avec des copains qui avaient des vieux disques de blues et rhythm and blues. On se les passait, on déchiffrait les mêmes parties de guitare et ensuite on a monté des groupes. Cette passion a dégénéré vers des groupes semi-professionnels de bals, de clubs, et puis des séances de studio".

Un public pas matérialiste

Quelques expériences professionnelles plus tard comme Taï Phong, Jean-Jacques Goldman est acclamé par le public dès ses premiers albums solos, mais pas par certains médias français. Ceux-ci lui reprochaient de préserver sa vie privée pour la vedette qu’il incarnait pourtant en public.

"Je suis conscient d’un anti-message, d’une anti starification" confiait-il encore à Serge Vanhaelewyn fin des années 1980.

Je crois que les gens apprécient peut-être que je n’ai rien à leur vendre en dehors de mes chansons.

"Je n’essaie pas d’être un maître à penser, ils n’ont pas besoin de maître pour penser tout seuls. Je n’essaie pas de leur vendre une vie privée tapageuse ou des histoires de stars. Je crois que dans ce sens, ce n’est pas tellement moi qui apporte quelque chose mais je pense qu’eux ont changé et ne sont plus dupes des mêmes choses" précisait-il.

Lorsqu’on demandait à l’auteur-compositeur-interprète d’identifier son public, il en livre une analyse sociologique assez poussée : "Ce sont des gens qui ne sont pas des marginaux, qui sont assez bien intégrés en général dans la société, qui ont très souvent un rapport avec le milieu associatif : des enseignants, des bénévoles, qui ont un rapport avec le scoutisme ou la religion, qui ont très souvent une quête au-delà du matérialisme de l’existence".

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© Eric Catarina/Gamma-Rapho via Getty Images

Trouver l’inspiration

Dans les années 1990, Jean-Jacques Goldman expliquait également à Jean-Pierre Hautier la manière dont il concevait la musique de ses albums.

"Je ne fais plus le même album qu’en 1981 parce que depuis, on a eu les rythmiques punk, les programmations. Ce ne sont pas trop des questions que l’on se pose (en tant qu’auteur-compositeur). Évidemment quand j’entends des violons sur les disques de Verve, quand j’entends la façon de jouer de la basse de Sting ou quand j’entends les guitares de The Edge je suis impressionné et influencé par cela, mais je pense qu’il n’y a pas un seul auteur-compositeur qui puisse dire le contraire".

Goldman démontrait dans cette même interview qu’il avait une certaine confiance en la qualité de son travail sur le plan artistique. Auteur de 7 albums studios sur l’ensemble de sa carrière solo, il s’inquiétait plutôt de la valeur de ses textes. "Quand j’écris des chansons, est-ce que j’aurai encore des choses convenables à dire ? À partir du moment où je sors un album, de façon totalement immodeste, je suis content de moi. Je suis sûr que j’ai fait du mieux que je pouvais".

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Michael Jones et Jean-Jacques Goldman lors d’un concert des Enfoirés, en octobre 1989 © Eric Catarina/Gamma-Rapho via Getty Images

"J’irai au bout de mes rêves"

Très discret depuis des années dans les médias, on ne saura pas quel regard tire l’interprète de C’est ta chance au moment de souffler ses 70 bougies.

Interrogé par Jean-Pierre Hautier dans les années 1990, Jean-Jacques Goldman, qui a vendu plus de 30 millions d’albums, estimait cependant déjà être allé au bout de ses rêves :

Je n’ai jamais espéré tout ce qu’il m’est arrivé. Je ne peux donc pas regretter, parce que c’est allé bien au-delà de mes espérances. Je rêvais de pouvoir en vivre mais tout ce qui est arrivé même contre nature comme l’aventure sur scène je ne pouvais pas imaginer.

Son seul regret ? Un conseil qu’il formule plutôt aux jeunes artistes : avoir davantage confiance en soi, au vu de ses deux premiers albums. "Il faut être plus directif et moins se laisser pourrir la vie par les professionnels, que ce soient dans les maisons de disques ou les studios. On n’est peut-être pas les meilleurs, Renaud n’est peut-être pas le meilleur guitariste, mais est le seul qui sait ce qu’il doit faire comme musique et c’est sa musique qui est la bonne".

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