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Le vin, la bière et Jacques Brel

Pour sa chronique hebdomadaire dans Vivre Ici Bruxelles, l’œnologue et professeur à l’ULB Fabrizio Bucella s’est fait un petit plaisir : un clin d’œil à ses étudiants en passant par son chanteur préféré, Jacques Brel, qui parle souvent de bière et de vin dans ses chansons.

La chanson de Jacky

Même si je me saoule à l’hydromel
Pour mieux parler de virilité
À des mémères décorées
Comme des arbres de Noël

L’hydromel est une sorte de vin de miel. On met du miel et de l’eau et puis on fait fermenter. On obtient l’hydromel. On dit qu’il s’agit d’une des plus anciennes boissons fermentées que l’homme ait fabriquée.

Les Bourgeois

Jacques Brel chantait l’amour, la mort, la vie… la boisson en fait partie. Par exemple, il y a les Paumés du petit matin qui prennent leur dernier whisky et c’est l’amour qui leur déchire le foie. Il y a aussi les Bourgeois, qui sont le nez dans la bière et allaient boire leurs vingt ans. Dans le dernier couplet, quand les jeunots deviennent à leur tour des bourgeois, ils n’ont plus le nez dans la bière mais le nez bien sûr terre. C’est magnifique et ça fait peur, car on voudrait bien garder les yeux dans la bière et ne jamais avoir les yeux trop bien sur terre.

Le cœur bien au chaud
Les yeux dans la bière
Chez la grosse Adrienne de Montalant…

Les Vieux

Il y a les Vieux, chanson très douce sur la fin de vie. On y trouve le muscat du dimanche, qui ne les fait plus chanter. Pour une chronique sur les chansons de Brel et le vin, c’est presque une mise en abîme.

Les vieux ne rêvent plus,
Leurs livres s’ensommeillent,
Leurs pianos sont fermés,
Le petit chat est mort.
Le muscat du dimanche
Ne les fait plus chanter…

La simplicité avant tout

Ce sont toujours des vins simples, jamais des vins de stoeffer. Il y a bien entendu le vin de Moselle dans Jef, qui est triste sur le trottoir et qui pleure que ça fait honte à voir. Puis, dans le Dernier repas, on y boit du vin si joli qu’on faisait en Arbois et on y dévore une poule faisane venue du Périgord, et quelques soutanes aussi. Notre Jacques était un peu anticlérical et il aimait les bons produits, et réciproquement.

Et je veux qu’on y boive
En plus du vin de messe
De ce vin si joli
Qu’on buvait en Arbois…

Le port d’Amsterdam

La boisson est citée tout au début, pas de manière très gaie d’ailleurs, les marins meurent pleins de bières et de drames. Puis on a le second couplet où on les voit manger des poissons ruisselants sur des nappes trop blanches, leurs grosses mains invitent les frites à revenir en plus. Un festin, brueguellesque, espérons qu’on puisse bientôt en ravoir de ces moments ripaillesques.

Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants…

Chanson ou, pas, bière ou pas… Il n’y a qu’une solution c’est la dégustation.

Chaque semaine, Fabrizio Bucella nous livre ses pépites sur le monde du vin et de la bière dans Vivre Ici Bruxelles. N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site de son école d’œnologie Inter Wine and Dine pour en savoir plus.

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