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La balade de Carine : Les 19 atypiques Maisons de Porcheresse

Ces petites maisonnettes simples et rectangulaires dotées d’un étage sous toit ont été construites en 1915 par le Comité de Secours et de l’Alimentation du Luxembourg pour venir au secours et abriter provisoirement les habitants sans abris après un incendie dévastateur survenir durant la Première Guerre mondiale, prise d’assaut par les combats. L’incendie fait rage et illumine les alentours comme en plein jour. L’église, l’école, le château, la ferme et une centaine de maisons sont détruits. Près de 75 ménages se retrouvent sans toit. Soixante bovins y ont péris ou ont été enlevés. Seul un cheval résiste sur les 56.

 

Un peu partout dans la province de Luxembourg, des petites maisons en matériaux locaux, pierre et bois respectant le style régional récupérables par la suite sont construites par le Comité de Secours et d’Alimentation. Toutes ces maisons sont identiques et signées d’une même pierre gravée 1915 CSAL.

En prévision de la reconstruction, elles ont été bâties en dehors des fondations des maisons sinistrées, souvent en fond de jardin. A Porcheresse, une trentaine ont été érigées. La reconstruction commence au début des années 1920. 19 ont été " sauvées " par les habitants  du coin. Ces témoins du passé ont été réaffectés en lieu de vie, garage, logement de vacances ou abri de jardin. En se baladant dans le village, le jeu consiste à les identifier.

 

Le style architectural est simple et uniforme. Les portes et fenêtres sont encadrées de briques et non de pierre. Les joints de la maçonnerie  sont roses parce qu’à l'époque, on utilisait un mortier à base de chaux et de terres locales riches en oxyde de fer. Construites dans l’urgence, le confort y est rudimentaire, le but étant avant tout d’abriter les familles. Elles comprenaient une pièce en rez-de-chaussée et une à l’étage pour y mettre des paillasses.

 

Porcheresse, le village du sabot

 

Dans le village, on y a installé le Musée du Sabot pour pérenniser le savoir-faire d’artisans des 80 ateliers de sabotiers que comptait la province de Luxembourg en 1848 et 262 à la fin du 19ème siècle. Le dernier atelier mit la clé sous le paillasson en 1947.

Durant l’Entre deux Guerre, Porcheresse comptait 50 sabotiers qui n’avaient que quelques centaines de mètres à parcourir pour se fournir en matière première dans les forêts ardennaises. Certains creusaient le bois à plein temps alors que d’autres s’y adonnaient en complément du travail à la ferme.

 

Les aïeuls racontent que le métier de sabotier serait né suite à la désertion des soldats français qui fuyaient Napoléon. Cachés dans les bois d’Ardenne, ils n’eurent d’autres occupations que de fabriquer de solides sabots en bois.

 

Le petit musée de Porcheresse retrace le parcours de la fabrication du sabot, du tronc d’arbre de bouleau généralement au pied de celui qui le porte. Certains, mieux décorés, étaient exclusivement portés le dimanche !

 

 

La pompe à eau

A Porcheresse, vous verrez aussi une pompe à eau, vestige de l’industrie du 19ème siècle.

 

Le bâtiment, érigé en 1870, abrite une machine destinée à alimenter le village en eau. L’eau de la rivière proche, l’Almache, servait à alimenter une grande roue à aube qui à son tour entraînait des pistons. Sous pression, l'eau remontait vers un réservoir situé plus haut, qui alimentait le village. La machine fonctionna jusqu'en 1952.  Elle fut restaurée en 1990.

 

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