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La balade de Carine : La véritable histoire de la croix de Lorraine

La balade de Carine : La véritable histoire de la croix de Lorraine
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La balade de Carine : La véritable histoire de la croix de Lorraine - © Tourisme Haute-Marne

Elle est le symbole d'un personnage, d'une époque et à présent d'une région : la croix de Lorraine édifiée à Colombey-les-Deux-Eglises est à la fois à jamais liée à Charles de Gaulle et à la Haute-Marne qu’il chérissait tant. Lundi dernier, alors que l'on fêtait le 50e anniversaire du décès de l’ancien président français, nos regards se sont portés sur la croix de Lorraine. En est-il l'initiateur ?

La croix de Lorraine, autrefois appelée croix d'Anjou, est une croix à double traverse. Elle ne fut pas créée, comme on pourrait le supposer, à l'époque de Charles de Gaulle mais, comme son surnom le laisse sous-entendre, à l'époque des ducs d'Anjou au XVième siècle.

Au début du siècle dernier, elle fut aussi le drapeau du Reichsland de l’Alsace-Lorraine, jamais toutefois réellement reconnu par les autorités de l'empire allemand.

Le 1er juillet 1940, le vice-amiral Émile Muselier propose à Charles de Gaulle de l'adopter comme emblème de la France libre. Il fut alors adopté par tous les Français libres en guise de croix de la libération.

La croix de Lorraine était également présente sur des monuments emblématiques et sur des timbres créés sous les gouvernements de Charles De Gaulle.

Pompidou, pas De Gaulle !

L'emblème grandeur nature de De Gaulle et des mouvements gaullistes est le plus imposant monument de Colombey-Les-Deux-Eglises en Haute-Marne, là où Charles De Gaulle aimait passer du temps, là où le plus célèbre président français est enterré.

 

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la croix de Lorraine, haute de plusieurs dizaines de mètres, n'a pas été construite sous De Gaulle. Le mémorial fut érigé sous le haut patronage de Georges Pompidou, lui aussi alors président et moteur d'un comité national réunissant une trentaine de personnalités proches du général, constitué le 23 mars 1971.

Le projet est lancé. Plusieurs millions de personnes apportent leur participation. 67 pays étrangers s'associent au projet, particulièrement le Liban qui contribue largement à la souscription et offre 1000 cèdres plantés sur la colline lors d'une cérémonie.

La croix de 44,3 m est réalisée en béton armé. Son poids démesuré atteint les 950 tonnes. Elle est revêtue d'un parement en granit rose de Perros-Guirec et habillée de surface en bronze de 10 millimètres d’épaisseur.

 

Outre le fait qu'elle soit devenue le symbole des mouvements gaullistes de toutes les époques, en 1902, elle est également l’étendard du premier congrès international contre la tuberculose qui a lieu à Paris.

A Colombey-les-Deux-Eglises, l’histoire et la nature se rencontrent et se côtoient harmonieusement.

 

En 1934, le président français acquiert la Boisserie, une modeste demeure sertie d’un grand parc dépourvue de tout confort superflu : il n’y a par exemple pas d’eau courante ni d’électricité.  De son bureau, le chef d’état profitait d’une vue imprenable sur la région. Le domaine du petit village de Haute-Marne lui suffisait à entretenir son bonheur et à assouvir ses plaisirs en profitant des lieux et de moments privilégiés en famille.

C’est à la Boisserie que de Gaulle passera ses douze années de traversée du désert avant d’accéder à l’Elysée. A sa nomination à la présidence de la France, on y installe le téléphone dans un petit cagibi peu confortable près du hall d’Entrée. Lorsqu’il était à Colombey, le président recevait une fois par jour un appel de l’Elysée. Il réglait de ses propres deniers les frais de chauffages et d’électricité.

De Gaulle n’y recevra qu’un seul chef d’état, Adenauer, pour renouer les liens avec l’Allemagne et amorcer la réconciliation d’après-guerre.

 

Selon son souhait, il fut enterré dans son village de cœur. En 1954, Charles avait confié à André Malraux son rêve de voir construire après sa mort une croix de Lorraine sur la plus haute colline de la région.

50 ans après sa disparition, le mythique général fait toujours vivre les commerces du village.

Un magnifique mémorial lui est dédié, un musée moderne à visiter au pied de la croix de Lorraine, … évidemment !

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