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La balade de Carine : L’immigration italienne a 75 ans

C'était il y a 75 ans, la Belgique et l'Italie concluaient un accord historique pour offrir un emploi à 50 000 jeunes Italiens dans les mines belges.

L'accord charbonnier devait permettre à la Belgique de se reconstruire après la Seconde Guerre mondiale en exploitant ses mines et à l'Italie, de bénéficier en échange de 200 kg de charbon par jour par mineur.

 

Quatre sites classés Unesco

Depuis 2012, quatre sites miniers accessibles au public sont inscrits au Patrimoine majeur de Wallonie et classés à l’Unesco : Bois-du-Luc près de La Louvière, Blegny-Mine entre Liège et Maastricht, le Bois du Cazier dans la région de Charleroi et le Grand Hornu dans la périphérie montoise.

 

Grand Hornu est un charbonnage du Borinage, un ancien site minier à l’ouest et sud-ouest de Mons. Jusqu’en 1954, dans la forêt charbonnière, on y extrayait du charbon à l’affleurement.

C’est l’une des plus anciennes cités ouvrières au monde et l’un des plus beaux témoignages architecturaux de l’ère industrielle.

Depuis 2002, le complexe accueille le Musée des Arts contemporains (Mac’s) de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

Les origines du Bois du Cazier remontent au 30 septembre 1822. Le 8 août 1956, 262 personnes périssent dans un incendie. La catastrophe est à l'origine d'une prise de conscience de la condition des ouvriers mineurs et des normes de sécurité dans cette industrie.

 

Le site compte plusieurs musées dont l’espace du 8 août 1956, consacré à l’histoire de la mine, des mineurs et au déroulement de la catastrophe, le Musée de l’Industrie et celui du Verre dans l’ancienne lampisterie. Le site comprend aussi un important centre de documentation sur l’histoire et les techniques du verre de l’Antiquité à aujourd’hui.

 

Près de La Louvière, Bois-du-Luc, dont l’exploitation a débuté en 1685, a été préservé dans son intégralité. Dans la cité près de la mine, les 3000 ouvriers et leur famille logeaient dans de petites maisons de rangées. Pour garder les troupes au travail et limiter le repos à un jour par semaine, les patrons avaient aussi fait construire un kiosque pour les loisirs et des petites boutiques pour les courses usuelles.

 

Blegny-Mine est l’une des quatre mines de charbon d'Europe dont les galeries souterraines sont encore accessibles au public via les puits d'origine. Sous terre, les hommes liaient d'étranges relations avec des chevaux dont ils avaient pitié et avec des rats et souris dont ils scrutaient les moindres mouvements afin de guetter le coup de grison qui pouvait leur être fatal.

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Blegny Mine © Blegny Mine - Simon Schmitt
Bois du Luc © Bois du Luc

2000 cantines

Arrivés en territoire belge, les jeunes à qui ont avaient vendu le Nirvana déchantaient très vite, loin de la chaleur du pays et des liens familiaux, logés dans des dortoirs équipés de commodités minimales et dépourvus de tout confort. Sur les 2000 cantines construites à l’immigration, il en reste peu.

 

Près de La Louvière, au bord du canal, la Cantine des Italiens est un endroit singulier. Son histoire n’est pas liée au charbonnage proche de Bois-du-Luc mais à celle de l’entreprise Boel, l’industrie lourde ayant dans une seconde vague, elle aussi engagé des immigrés italiens.

En 1947 et 1959, près de 547 italiens, essentiellement célibataires, ont logé à la Cantine. Le soir, après le repas, le jeu de carte était l’un de leurs seuls loisirs.

 

Le site, haut lieu de l’immigration, est aujourd’hui un site touristique phare de Wallonie. Telle une guinguette au bord de l’eau, les promeneurs y font escale afin de se sustenter avant de poursuivre leur balade à pied ou à vélo ou avant d’embarquer pour une mini croisière sur le canal à la découverte des ascenseurs à bateaux, classés au Patrimoine de l’Unesco. Depuis quelques années, on peut aussi y louer des bateaux électriques.

 

Dans ce lieu singulier où les petits se plaisent autant que les grands, on visite une chambrée où sont précieusement gardés des souvenirs et sans doute des secrets de mineurs qui, un temps, y ont élu domicile et ont profité du calme paisible de la campagne à deux pas de la ville et de ses brouhahas.

Pour plus de balades en Belgique et ailleurs, rendez-vous dans Viva Week-end les samedis et dimanches de 6h à 9h sur VivaCité.