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C'est l'histoire d'un animal : Les animaux devant la justice épisode 2

C'est l'histoire d'un animal : Les animaux devant la justice suite
C'est l'histoire d'un animal : Les animaux devant la justice suite - © Phatthaya Awisu / EyeEm - Getty Images/EyeEm

Alain, chroniqueur pour le site animalhisto.fr, vous fait voyager dans le temps. 

 

Nous allons aujourd’hui continuer à parler de cette partie peu connue de l’histoire, ces animaux que nos ancêtres traînaient devant la justice parce que, créatures de Dieu, ils devaient être soumis aux mêmes lois que les hommes. 

 

Beaucoup d’archives subsistent concernant ces procès. Cela va d’une affaire d’escargots accusés de violation de propriété jusqu’à un chat qui, miaulant bizarrement, fut accusé de sorcellerie.

En 1474, à Bâle, un œuf a été jugé publiquement parce qu’on le pensait pondu par un coq. L’œuf et le coq ont été condamnés à mort pour crime de sorcellerie, livrés au bourreau et brûlés.

En 1596, à Marseille, des dauphins qui avaient fait irruption dans le port en commettant de nombreux dégâts furent jugés par l’évêque, exorcisés, et sommés de partir.

 

Le procès pour lequel on a le plus de détails s’est passé en Normandie en 1386. Une truie qui avait mordu un bébé a été jugée pendant neuf jours. Le greffier a noté qu’elle a reconnu qu’elle était coupable en grognant et, à la fin du procès, la truie fut condamnée à être traînée dans le village puis pendue et brûlée. Accompagnée de ses 6 petits au moment des faits, ceux-ci, par contre, furent jugés non coupables.

Avant de la pendre, on l’a habillée avec des vêtements de femme. Il faut savoir que, pour accentuer la comparaison avec la justice des hommes, on affublait les animaux condamnés à mort d’une veste, d’un pantalon, de gants ou de chaussures, parfois même d’un masque à visage humain.

Et pour couronner le tout, le juge a demandé aux paysans des alentours de venir voir l'exécution avec leurs cochons pour que le procès leur serve de leçon.

 

Il faut savoir que ces procès se passaient comme de vrais procès d’humains

Un huissier signifiait à l’animal son obligation de comparaître, un avocat était nommé, et certains étaient d’ailleurs spécialistes de la cause animale.

Parfois même, des animaux étaient cités comme témoins pour venir prendre la défense de leurs congénères et, afin de garantir que tous les membres de l’espèce condamnée seraient informés de la condamnation, les juges affichaient leur verdict sur les arbres des régions concernées.

De plus, l’animal était aussi invité à communiquer la décision à ses compagnons... 

 

Lors de ces procès, on jugeait de la culpabilité d’un animal selon ses réactions. S’il restait calme, c’est qu’il n’avait rien à se reprocher, s’il s’était montré nerveux, c’est qu’il était coupable.

 

En 1499, un ours qui terrorisait plusieurs villages fut acquitté, lui, car son avocat plaida qu’il n’avait pas à répondre de ses actes devant les hommes, mais bien devant les ours de sa communauté !

 

Ce n’est que vers le XVIIe siècle que ces procès ont disparu, quand l’homme a compris qu’il était le seul à pouvoir intégrer le concept de justice.

Cela n’empêchera pas un perroquet d’être jugé lors de la révolution française car il criait sans arrêt " vive le Roi " !

Lui fut sauvé, et il aurait appris rapidement à crier " vive la République ", la famille de ses maîtres par contre, fut guillotinée...

Retrouvez Alain de animalhisto.fr, chaque dimanche dans Viva Week-end vers 7h40, pour l'histoire d'un animal.

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