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Viva for Life : "Certains élèves n’ont ni veste, écharpe ou bonnet en hiver", témoigne une enseignante

Manger, pouvoir avoir un toit, pouvoir avoir accès à l’école, s’habiller… Plusieurs enfants ont décrit à leur manière ce qu’ils estiment important pour leur bon développement. Bernard Devos, délégué général aux droits de l’enfant et membre du jury de Viva for Life, a réagi aux témoignages de ceux-ci et a appelé à combattre structurellement la pauvreté.

Au cours de ce marathon radiophonique, nous avons souvent donné la parole aux parents qui vivent dans la précarité, notamment pour une maman qui néglige sa santé au profit de celle de ses enfants, ou une autre expliquant avoir séparé sa famille pour que chacun bénéficie d’un toit, et ne peuvent subvenir aux besoins primaires de leurs enfants. Mais qui de mieux placé pour réagir face à de telles inégalités que les enfants eux-mêmes ? Dans l’avant-dernière quotidienne de Viva for Life 2020 : nous leur avons tendu le micro.

Les témoignages conscients des enfants

Manger, s’habiller, avoir une maison, pouvoir aller à l’école, pouvoir s’amuser et pouvoir être soigné, voilà autant de droits auxquels Viva for Life compte contribuer pour les enfants.

"J’ai des amis qui vivent dans un endroit pas très cool qui dorment avec leur parent" explique une enfant, "J’ai une copine qui fait ses devoirs à la cuisine parce qu’il n’y a pas assez de place à la maison" lance une autre. "J’ai un ami qui m’a demandé des chaussures pour pouvoir jouer (au football)" raconte un autre camarade de classe.

Moi cela m’est déjà arrivé de donner des collations à des copains parce qu’ils n’en ont pas.

Parfois dans les maisons il n’y a plus de chauffage, et ils ont froid.

Certains "doivent se réchauffer avec les mains ou avec du feu" selon une autre enfant.

Derrière ces phrases, on décèle la pudeur de certains de parler directement de leurs propres difficultés.

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© Getty Images/iStockphoto

En hiver, certains enfants viennent sans manteau, écharpe ou bonnet

Florence François, enseignante en 5è primaire constate au quotidien les inégalités sociales entre ses élèves. Certains n’ont par exemple pas à manger tous les jours. "Au niveau vestimentaire ils n’ont pas nécessairement les vêtements adéquats surtout dans les saisons les plus difficiles comme l’hiver : pas de manteau ni d’écharpe ou de bonnet. Ils n’ont pas de tartines ou des tartines pourries. Cela nous arrive régulièrement" révèle l’enseignante.

"Ils se cachent ou disent qu’ils n’ont pas faim ou rentrent à la maison car n’ont pas à montrer aux autres qu’ils n’ont n’a pas à manger pendant le temps de midi. On repère assez vite ces difficultés. Les enfants s’isolent pendant le temps de midi" précise-t-elle.

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© Getty Images/iStockphoto

S’attaquer structurellement à la pauvreté

Invité sur la terrasse du cube, Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant et membre du jury de Viva for Life a réagi à ces témoignages :

C’est terrible en tant que défenseur des enfants d’imaginer que des enfants doivent se priver d’un repas ou viennent avec des collations qui n’en sont pas. Dans un pays riche et industrialisé comme le nôtre ce n’est pas tolérable.

"On n’est pas dans un état barbare ni dans une république bananière, on devrait faire de manière structurelle faire en sorte que ces enfants ne soient pas dans cette situation-là, malheureusement non, ce n’est pas encore le cas aujourd’hui" déplore-t-il.

La pauvreté infantile a indubitablement des répercussions sur le développement de l’enfant. Même à 8 ou 10 ans, ceux-ci remarquent les difficultés qu’ils vivent au quotidien par rapport à leurs camarades de classe. "Quand on se sent entre guillemets 'différent' c’est toujours extrêmement difficile" lance Bernard De Vos.

Il y a des enfants qui ont des besoins spécifiques et qui sont dans des situations de handicap. C’est déjà difficile, mais alors pour des questions de pauvreté c’est pour moi complètement insupportable.

"C’est chouette que les enfants se reconnaissent entre eux malgré cette différence et qu’ils sont conscients de certaines réalités mais c’est dommage que cela fasse de telles différences entre eux alors qu’ils doivent grandir ensemble" estime le délégué général aux droits de l’enfant.

Un enseignement totalement gratuit pour nos enfants

Sara De Paduwa est également abasourdie par ce témoignage : "Quelle enfance, quelle jeunesse pour eux, cela va laisser des cicatrices énormes. Ce n’est pas possible".

Les enfants ne devraient pas se préoccuper de leur collation. L’insouciance, est également un droit fondamental de la Convention des Droits de l’enfant. La pauvreté doit aussi être traitée de manière profonde et structurelle. Pour Bernard De Vos, notre système scolaire, "l’un des plus inéquitables au monde", doit être revu pour le développement et le bonheur des enfants : il n’est pas entièrement gratuit et ce n’est pas aux jeunes de payer les pots cassés.

Les conséquences de la crise sanitaire font que chaque jour, de nouvelles familles et donc de nouveaux enfants se retrouvent dans une situation difficile. Pour leur venir en aide, faites un don.

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