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Les chiffres alarmants de la pauvreté infantile en Belgique : agir est une nécessité

Les chiffres alarmant de la pauvreté infantile en Belgique : "Rien ne change !"
Les chiffres alarmant de la pauvreté infantile en Belgique : "Rien ne change !" - © ideabug - Getty Images/iStockphoto

La Convention internationale des droits de l’enfant célèbre ses 30 ans d’existence. Mais est-ce réellement une célébration où cela sonne-t-il comme un rappel à l’ordre ? Bernard De Vos, Délégué général aux droits de l’enfant, était l’invité de Matin Première pour évoquer la pauvreté infantile en Belgique.

Il y a 10 ans, le Délégué général aux droits de l’enfant remettait un rapport aux autorités politiques sur les incidences et les conséquences de la pauvreté sur les enfants, les jeunes et leur famille. Ce mercredi 20 novembre, un droit de suite vient d'être publié et le constat reste tout aussi affligeant.

Des chiffres alarmants

Sur 420.000 enfants en Belgique, 1 sur 4 vit sous le seuil de pauvreté en Wallonie. La situation est d’autant plus critique à Bruxelles, où 4 enfants sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté.

Un des indicateurs qui permet de mesurer cette pauvreté est la déprivation. Il mesure les difficultés quotidiennes des enfants, en sachant qu’elles peuvent être différentes pour les parents (certains parents se privent pour donner le maximum à leurs enfants, au détriment de leurs propres conditions de vie).

Ce taux de déprivation se base sur 17 critères considérés comme nécessaires pour tout enfant vivant en Europe : l’enfant mange-t-il des fruits ? Vit-il dans un logement chauffé ? Participe-t-il aux voyages scolaires ? A-t-il au minimum deux paires de chaussures ?…

Et ce taux est différent selon les Régions en Belgique : 29% des enfants à Bruxelles, 22% en Wallonie et 8% en Flandre.

"Les chiffres sur la pauvreté infantile sont galopants."

"Il y a 10 ans, on a commencé ce premier rapport sur les incidences de la pauvreté sur les enfants, les jeunes et les familles et on a réalisé qu’il n’y a pas un seul article de la Convention des droits de l’enfant qui résiste à l’épreuve de la pauvreté. La pauvreté c’est l’insulte majeure pour la Convention des droits de l’enfant.

Prenons un droit comme la santé, qui est un droit essentiel et pourtant on voit qu’il y a des enfants qui sont obligés de plisser des yeux à l’arrière des classes parce que les parents ont dû faire le choix entre une tartine dans le cartable ou acheter une paire de lunettes."

Autre exemple : "Si on parle de droit à la scolarité, on voit que les enfants de familles pauvres n’ont pas le même parcours que les enfants qui vivent dans des milieux socio-économiques plus favorisés."

"Les chiffres sur la pauvreté infantile sont galopants. J’espérais que dix ans après ce rapport, on allait retrouver une meilleure situation, mais rien n’évolue. Notre travail empirique à la rencontre des familles et des jeunes confirme les chiffres affolants."

Investir dans la petite enfance

Via son nouveau rapport, Bernard De Vos lance un appel aux autorités politiques :

"Il ne faut pas espérer réparer les questions liées à la pauvreté des enfants sans s’attaquer à la pauvreté des parents. A la marge, les communautés et régions peuvent compenser en offrant des services collectifs de qualité, en commençant par l’accueil de la petite enfance, en poursuivant avec une école équitable et égalitaire, en travaillent sur l’inclusion de tous les publics."

Il rappelle également l’importance de s’attaquer au problème de la pauvreté dès la petite enfance. Les 1000 premiers jours de l’enfant sont déterminants pour son avenir.

"Il faut les investir de manière cohérente, c’est à ce moment-là que se réalisent les premiers apprentissages cognitifs. S’ils se réalisent de mauvaises conditions, c’est mal barré pour la suite. Tout ça coûte de l’argent."

Les économistes le disent 'il n’y a pas de dépense en matière de petite enfance, il n’y a que de l’investissement'.

"Quand on met 1€ dans les 1000 premiers jours de la vie, on se garantit une économie entre 4 et 8€ avant les 18 ans de l’enfant selon les spécialistes."

 


►► A lire aussi : Dix ans après le 1er rapport sur la pauvreté infantile, "rien n'a changé, les chiffres sont affolants"


 

Plus que jamais, l’urgence reste !

Depuis 6 ans, Viva for Life œuvre pour sensibiliser le public à la pauvreté infantile et récolte des fonds pour soutenir de nombreuses associations actives sur le terrain de l’enfance en pauvreté. En 6 ans d’action solidaire, ce sont plus de 19 millions d’euros de dons qui ont été récoltés au profit de la cause et 473 projets d’associations soutenus. Mais l’urgence est toujours là ! Viva for Life revient pour sa 7e édition du 17 au 23 décembre à Tournai.

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