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Ils vivent à l'hôpital mais ne sont pas malades: on les appelle les "enfants parqués"

Ils vivent à l'hôpital mais ne sont pas malades: on les appelle les "enfants parqués"
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Ils vivent à l'hôpital mais ne sont pas malades: on les appelle les "enfants parqués" - © Tous droits réservés

Faute de places en familles d'accueil ou en institutions, des dizaines d'enfants séjournent dans les services 'pédiatrie' de nos hôpitaux. Certains n'y passeront que quelques heures. D'autres plus d'un an. Reportage à Mons, au CHR Saint-Joseph

Vous allez tout au bout du service pédiatrie, à droite, ils sont dans la salle de jeux ! " Cet après-midi là, les enfants sont en plein préparatifs de marché de Noel. " On fait des sels de bain ", nous explique le plus petit. Guidés par Elena, leur éducatrice, et une bénévole, les petits s'activent, mélangent des huiles essentielles et des colorants. Ca vole un peu dans tous les sens, mais qu'est-ce que ça sent bon... Ils sont fiers d'eux.

On va les vendre pour avoir après de quoi faire des activités, aller au bowling par exemple, au cinéma, à la foire... S'amuser quoi ! Que ce soit plus joyeux ! 

 

Pour l'instant, ils sont "entre garçons". "On est quatre, et puis il y a le bébé, de 10 mois". "On est deux éducateurs ¾ temps pour le service. Le matin, on s’occupe de leur toilette, de les préparer, déjeuner avec eux…puis ils rentrent à l’école à partir de 9h. A ce moment-là, on s’occupe principalement des plus petits, les enfants de moins de 2 ans et demi qui ne vont pas à l’école. On fait de la stimulation… ", raconte Elena.

Elle s'occupe beaucoup d'un petit garçon, visiblement encore sous le choc. " Il est arrivé hier soir ", explique un autre. Ils se réconfortent mutuellement, car ils comprennent la tristesse du plus jeune. " Il va falloir qu'il s'habitue ! Moi aussi quand je suis arrivé, au début...j'avais beaucoup de soucis...des colères...que j'apprends tout doucement à gérer. Tu sais pas pour combien de temps tu vas rester à l’hôpital...C'est pas les enfants qui décident ! Quand je devrai rentrer à la maison, je rentrerai... " " Moi la semaine prochaine je vais partir  de l'hôpital et je vais aller dans une famille d'accueil, chez ma Tati ".

Nous ne leur demandons pas pour quelles raisons ils ont été conduits à l'hôpital. Trop sensible. " Cela peut être pour des raisons de négligences graves, de violences intrafamiliales. De pauvreté extrême. ", explique Elena. " Des parents qui ne peuvent momentanément plus s'occuper de leurs enfants... c'est très variable. Etant donné qu'il n'y a plus de places dans les institutions spécialisées, ou de moins en moins, ils viennent chez nous dans l'attente de trouver une solution, ou une famille d'accueil, ou de rentrer dans leur famille ".

Certains enfants débarquent dans le service sans bagage, amenés en urgence. "On a un petit dressing, pour dépanner ", précise l'éducatrice.

On essaye aussi de faire un maximum de projets, pour leur permettre d’améliorer le cadre de vie. Essayer de retrouver l’ambiance comme à la maison.

Lorsque les membres de l'équipe ont un peu de temps, ils sortent les pinceaux, et peignent des fresques colorées dans les pièces de vie, les chambres, le réfectoire. En participant à un concours, ils ont remporté de quoi remeubler certaines chambres. " Pour les démédicaliser, en installant des lits, des armoires qui ressemblent à ce qu'on peut avoir chez soi "

Le dernier " gros changement ", est l'installation d'un espace "Snoezelen ", financé par un mécène privé. Les enfants courent devant nous, pour préparer la pièce et nous faire une surprise. Elena sourit, elle sait combien ils apprécient venir ici. " C'est un espace détente, où ils peuvent s'isoler, se reposer, recevoir des massages, il y a une ambiance très particulière ". Dans la pénombre, on distingue un grand matelas à eau. Des faisceaux de lumière se reflètent dans  une boule à facettes.  Des coussins, des plaids, et le bruit des vagues invitent à la détente.

Pendant la journée, quand on est un peu trop énervé, Madame Elena ou Mr Harold nous font des massages et on se relaxe. J’aime bien venir ici ". " On met la couverture sur nous, on essaye de dormir, ou on demande de faire un massage. Parfois je suis un peu énervé parce que j’ai des soucis et tout ça, je demande pour venir, et quand je ressors je suis calme ".

Des fois Madame Elena me fait des câlins quand je suis triste, pour me calmer. Ou les infirmières aussi...T'es pas bien, tu demandes... 

On fait un petit peu office de famille de substitution ", conclut Elena, les larmes aux yeux. " On ne peut pas remplacer les parents, on est là pour un moment, on essaye de combler ce manque"

Certains enfants peuvent avoir des visites, d'autres pas. Ca aussi, il faut le gérer, quand on a même pas 10 ans... Ou trouver quelqu'un sur qui reporter son affection. " Moi j'adore quand il y a des petits bébés dans le service ", raconte l'un des garçons. " Le week-end, t'es dans ton lit, tu vois le bébé qui sait à peine à marcher et qui vient vers toi en ouvrant ses bras. Et il te fait un gros câlin. Ca fait du bien ! Parce que parfois... tu vois plus tes petits frères, tes petites soeurs, pendant un bout de temps... alors moi quand je joue avec les bébés, je pense que je joue avec ma soeur. Et ça m'aide ".

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