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Une soirée Barbara avec Patrick Bruel

A la suite de son album consacrée à la chanteuse Barbara, Très souvent je pense à vous, Patrick Bruel fait revivre son répertoire sur scène. Il était mardi et mercredi à Bruxelles, au Cirque Royal. Il sera au Forum, à Liège, ce jeudi et vendredi.

J’avoue, j’y allais à reculons. Parce que fan de Barbara. Le répertoire de Barbara est sans doute l’un des plus difficiles à reprendre, tant il est identifié à sa créatrice. Mais aussi avec la conviction que, si un répertoire n’est pas repris, il meurt. Les chansons sont faites pour êtes chantées. Et Bruel a réussi son rôle de passeur.

C’est dans une quasi obscurité que Patrick avance sur scène pour interpréter un premier titre. Seul à la guitare au début. Les musiciens viendront s’additionner petit à petit. Certains en arrivant par la salle.  Une bonne idée de mise en scène. La qualité de la scénographie et des lumières sont d’ailleurs l ‘un point fort du spectacle. Les lumières sont discrètes et appuient les textes des chansons. Quelques banderoles mouvantes habillent le fond de scène. Pour respecter le travail de ses équipes, le chanteur demandera au public de ne pas filmer et de ne pas prendre de photos. Il s’y tiendra (plus ou moins). Et un concert sans smartphone, ça fait un bien fou.

De Barbara, Patrick Bruel a privilégié les chansons des années 60. Il avait découvert la chanteuse, grâce à sa maman qui avait acheté l’album Bobino 67. La majorité des chansons de cet album-là seront interprétées : Madame, Une petite cantate, Le mal de vivre, Ma plus belle histoire d’amour

Les chansons de Barbara racontent une histoire. C’est aussi l’objectif de Patrick. Il est là pour se raconter et pour nous la raconter. Il a aussi l’intelligence de ne pas glisser ses tubes au milieu du répertoire de la chanteuse. Il y aura bien quelques chansons à lui de-ci de-là, parmi les titres qui racontent son histoire : Raconte-moi, Où vont les rêves, etc.

Alors que le public de Patrick Bruel a l’habitude de chanter avec lui et de se manifester, il est ici d’un calme olympien. La qualité d’écoute de la salle est assez remarquable. Ils sont là avant tout pour découvrir ce répertoire et pour suivre Bruel dans son aventure, lui qui s’est souvent permis toutes les audaces. Que ce soit reprendre des chansons des années 30 ou se produire à Forest National et en festivals simplement accompagné d’une guitare. Même lorsque Patrick se promènera dans la salle au son de Marienbad, le respect s’imposera.

On peut ne pas aimer les chansons de Barbara par Bruel. Les puristes peuvent crier au sacrilège. N’empêche que, pour le grand public, Barbara c’est avant tout L’aigle noir. Il ne connaît pas le reste. Bruel permet à une autre génération d’accéder à ces chansons qui font partie du patrimoine. Et l’invite peut-être à se plonger dans le répertoire original. On ne peut pas lui enlever sa sincérité.

Ce soir, comme tous les autres soirs, merci à ceux qui sont là depuis le début, merci à ceux qui nous rejoignent. Qui viennent pour la première fois. Ceux qui ont été curieux. Parce qu’il fallait être curieux pour venir voir ce spectacle. Parce que forcément, au départ, ce n’est pas gagné. Je sais que les gens viennent parfois même un peu sceptiques. C’est incroyable comme vous recevez ces chansons. Et leur émotion.

Durant deux heures, Patrick a proposé un spectacle émouvant et dense. Bruel parie et gagne la mise. Haut la main.

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