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Est-ce que le réchauffement climatique aura un impact sur nos bières locales?

Est-ce que le réchauffement climatique aura un impact sur nos bières?
Est-ce que le réchauffement climatique aura un impact sur nos bières? - © ALAIN JOCARD - AFP

Vous l'avez vu, il a fait chaud cet été. Et il se pourrait que la sécheresse extrême de cet été ait eu une influence sur les récoltes d'orge qui devraient être moindres que les années précédentes.

En raison de cette baisse de la production de malt, le prix de la céréale pourrait augmenter de 20%. Autre composante de la bière, le houblon a également souffert du manque de pluie. "Si le prix du malt augmente de 20%, on arrive à une perte de 2% sur le prix de la bière. Une hausse du prix de la bière se justifie donc", explique Alain De Laet, responsable de la brasserie Huyghe (Melle, Flandre orientale), l'une des dix plus importantes en Belgique.

Augmentation de prix alors?

Les événements extrêmes affectant l'orge devraient rendre la boisson alcoolisée la plus populaire au monde plus rare, et plus coûteuse, indique une étude publiée aujourd'hui. "Une baisse de la production mondiale d'orge c'est une baisse encore plus grande de la production d'orge consacrée à la bière" explique Dabo Guan, professeur en économie du changement climatique à l'université d'East Anglia (Grande-Bretagne), relevant que "les cultures de haute qualité sont encore plus sensibles".

Seule l'orge de la meilleure qualité (soit moins de 20% de l'orge mondiale) est consacrée à la production de bière, le reste servant notamment à nourrir les animaux d'élevage.

Cela ne signifie pas que tous les brasseurs vont augmenter leurs prix ni que la hausse sera nécessairement de 2%. "Nous allons augmenter les prix", assure le patron de Huyghe, connue pour ses marques Delirium Tremens. "Celui qui n'augmente pas ses prix, perdra du rendement."

AB InBev, le premier groupe brassicole mondial, n'évoque pas de hausses de prix à ce stade. "Mais ce que nous pouvons dire, c'est que le prix de l'orge grimpe. Et ça a un effet sur tous les acteurs", y explique-t-on.

Et nos bières locales alors?

Selon, François Collard, un des propriétaires de la Brasserie de Namur, plus connue pour sa bière "Houppe", il est normal qu'il y ait du changement : " L'impact matière, oui il existe, mais ce n'est qu'un parmi d'autres. La loi de l'offre et de la demande risque de jouer sur le marché, et il y a pas mal de contrats qui sont en jeu au niveau de l'approvisionnement des grandes brasseries... Mais je pense qu'ils sont assez prudents pour anticiper les variations de prix sur le marché. [...] Mais l'effet, ce n'est pas pour maintenant, il va peut-être se faire sentir dans les prochains mois. "

Les produits sont moins nombreux, une constatation faite avec les récoltes de cet été : "Clairement, même nous au niveau de la récolte de houblon, on l'a bien vu, c'était une année correcte mais certains plans ont plus souffert que d'autres, maintenant pas de quoi mettre en péril une petite brasserie comme la nôtre."

Comme le précise François Collard, d'autres facteurs peuvent accentuer le prix de la bière des microbrasseries : " La part matière première dans le prix de revient d'un litre de Houppe, ce n'est pas négligeable, mais il y a aussi d'autres facteurs, comme la main-d'oeuvre et l'énergie, qui sont très importants. L'énergie est aussi entrain de flamber ces dernières semaines. [...] Ce sont aussi des choses qui nous préoccupent, d'abord d'un point de vue environnemental [...] mais aussi pour le prix de revient de nos produits... "

Une histoire qui ne fait donc... que commencer ! 

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