On n'est pas des pigeons

Du lundi au vendredi de 11:00 à 12:00 sur Vivacité

Plus d'infos

Pourquoi manger à l'aéroport coûte toujours beaucoup plus cher?

Vous avez déjà ressenti cette impression : vous êtes relax, vous vous apprêtez à prendre l’avion pour des vacances bien méritées, vous voulez manger un petit quelque chose en vitesse… Soudain, vous vous sentez pris en otage. Partout où vous regardez, c’est la même sensation : votre portefeuille est visé et il n’en sortira pas vivant. Une petite pils 33 centilitres ? 3,70 euros ! Deux croissants et un café filtre ? 6,90 euros ! Deux pistolets jambon-fromage et une petite mousse ? 10,90 euros !  Et si vous vous rabattez sur les grandes chaînes, ce sera aussi plus cher qu’en ville.

Petit tour en coulisses

Pour comprendre la raison de ces prix gonflés, direction les coulisses de l’aéroport. Dans la zone de réception des marchandises. De 6h30 à 11h30, six jours sur sept, c’est ici qu’arrivent les produits destinés aux différentes enseignes d’Autogrill. Autoqui ? Autogrill, c'est la société qui exploite 25 des 29 établissements Horeca de l’aéroport. Vous croyez aller chez Panos ou Quick ? Vous allez en fait chez Autogrill, qui exploite les franchises.
 
Les produits sont déchargés, et systématiquement, la responsable, y cache quelques petits bouts de bois. L'idée c'est de pratiquer l'autocontrôle : chaque cageot doit être vérifié pour s'assurer qu'il ne contient aucun objet qu'un individu malintentionné voudrait introduire clandestinement. La personne chargée de la vérification doit donc retrouver les leurres placés par sa collègue, puis mettre des scellés. Ensuite, l'entrée dans la zone de transit est, elle aussi, très surveillée : les agents de sécurité font passer un miroir sous les chariots pour s'assurer que rien de suspect ne s'y cache.
 
Toutes ces mesures de sécurité ont un coût. Qui se répercute sur le prix de votre snack. Autre facteur qui fait grimper les prix : le fait que certains établissements soient ouverts dès 3 heures du matin, et ne ferment qu’à 21h.

Des loyers qui s'envolent

Mais, si vous payez votre pistolet jambon au prix du caviar, c’est avant tout parce qu’Autogrill doit payer ses loyers. Loyers qui constituent une bonne part des bénéfices de Brussels Airport. Comme l'explique Nathalie Pierard, la porte-parole de l'aéroport :
 
- Les bénéfices de 2017 pour Brussels Airport Company s'élèvent à 89 millions d'euros, dont le tiers, à peu près 30 millions, provient de la zone commerciale, shopping et horeca.
- 30 millions ! Dites, Nathalie, vous ne vous sucrez pas un peu sur les loyers ?
- Non, ce n'est pas de l'abus, nous restons conformes aux prix du marché. C'est certain que les produits sont plus chers qu'au centre ville, mais c'est lié à la gestion spécifique de l'aéroport.

Un bon business

On ne connaîtra pas le prix moyen du mètre carré, secret des négociations oblige. Officiellement, l'aéroport reconnaît des prix 20% plus chers qu'en ville, même si on a parfois l'impression que c'est plutôt 50. Et pourquoi se gêner ? Les voyageurs sont un public captif, qui ne peut pas faire jouer la concurrence. Et en plus, ils sont nombreux : chaque mois, un million 500 000 voyageurs transitent ici chaque mois.
 
Bref, si vous ne voulez pas être pigeon… Préparez vos sandwiches à la maison !

 

L'article original est à lire sur RTBF INFO...

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK