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Migrations démographiques : qui s'en va de Bruxelles et de la Wallonie ?

Qui quitte Bruxelles et qui quitte la Wallonie ? Ce matin, nous avons eu une idée plus précise des mouvements et des déménagements entre régions. L’institut wallon de l’évaluation de la prospective et de la statistique publie une série de données sur les migrations démographiques.

Premier constat qui saute aux yeux : la hausse des migrations de Bruxelles vers la région flamande. Pas nécessairement plus loin, plutôt dans les communes les plus proches. C’est ce qu’on appelle la "périurbanisation", soit la ville qui s’étend de plus en plus aux communes alentour. Une ville de Bruxelles qui se vide de personnes qui vont vers la Flandre et la Wallonie. Mais la population de Bruxelles augmente toujours grâce à des flux internationaux et un solde naturel positif. Mais ce n’est pas la seule tendance observée. Julien Charlier est chargé de recherche et géographe à l’Iweps. Il explique notamment comment les migrations se font : " Depuis quelques années, on voit quand même des flux particuliers. Par exemple vers la vallée de la Dendre en Flandre ou vers des régions comme le bassin de la Haine ou le bassin de la Sambre en Wallonie, vers La Louvière, Charleroi, Mons. Ce sont des migrations qui ont plus avoir avec des migrations de classes plus "populaires", qui se dirigeraient plus vers ces endroits-là. La pression démographique et la pression sur le logement sont de plus en plus fortes. Les prix de l’immobilier augmentent, que ce soit pour devenir propriétaire ou locataire ".

Des jeunes familles rêvent elle aussi d’acquérir un logement, mais ne peuvent pas se le permettre dans la région bruxelloise… Avant, les jeunes ménages avec enfants cherchaient avant tout une maison quatre façades avec jardin. Maintenant, ces familles déménagent vers des zones où le prix de l’immobilier est moins élevé. Mais ceux qui ne migrent pas cherchent aussi une ville pour ce qu’elle a comme facilités à proposer. Proximité des commerces, équipements et moyens de transport.

Des flux migratoires entre les différentes régions linguistiques

Et puis aussi, l’Iweps a observé les flux migratoires entre les différentes régions linguistiques. Julien Charlier explique à nouveau : " Nous avons étudié les flux entre les trois régions. Notamment le flux de la Wallonie vers la région flamande. A ce niveau-là, depuis les années 60, la Wallonie gagne toujours des habitants par rapport à la Flandre. Et ici plus récemment, les flux de la Wallonie vers la Flandre deviennent plus importants et finalement ces trois dernières années, on a vu que c’était la Flandre qui gagnait des habitants sur la Wallonie ".

Entre 2012 et 2016, 39.600 personnes sont passées de la Wallonie à la Flandre. Des flux observés majoritairement en région frontalière entre la Flandre et la Wallonie. A Mouscron par exemple, ou encore à Liège. Et il n’y a pas seulement les jeunes familles qui déménagent d’une région à l’autre. Les pensionnés représentent aussi une bonne partie des Wallons qui vont par exemple s’installer à la côte, donc en région flamande. Tout comme les pensionnés, les Flamands qui viennent s’installer dans les Ardennes.

Un outil de travail

Cette étude de l’Iweps n’est pas là juste pour décorer, mais elle sert réellement d’indicateur. Pour eux, c’est un réel outil de travail. " C’est un outil de travail de suivre toute cette tendance, de voir un peu comment les flux évoluent, le fait que Bruxelles a du mal à capter des ménages et a du mal à garder des familles en son sein, dans une grande ville. Cela permet d’aménager le territoire, de penser au futur, de voir comment on peut gérer la mobilité. Car tous ces gens qui vont habiter en périphérie, il faut gérer leur mobilité ".

Un outil donc qui peut permettre à la ville de Bruxelles par exemple aussi de mettre en place des primes à l’achat, à la rénovation… Dans l’espoir de garder les familles plus longtemps en son sein.

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