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Listéria à Cognelée : un producteur de fromage démuni devant les exigences de l'ASCA

À Cognelée, en province de Namur, un producteur de fromage a dû jeter toute sa production au lait cru suite à un contrôle de l'AFSCA... Cela ressemble un peu à l'affaire du fromage de Herve, avec ces producteurs au lait cru très démunis devant les exigences de l'agence de sécurité alimentaire.

La Bergerie des Fauves Laineux est donc très fâchée ! Et pour cause, Julien Artoiset et ses trois partenaires à la Bergerie, ont du jeter leur production après une visite de l'AFSCA. Suite à cette visite de contrôle, leur production de fromage au lait cru a été déclarée impropre à la consommation. En cause ? La présence de listéria. Sauf que, cette présence de listéria, comme plein d'autres choses d'ailleurs, est contrôlée très strictement à l'AFSCA. Julien Artoiset explique : " Ils émettent 4 critères pour évaluer la dangerosité d'un produit qui est contaminé à l'AFSCA. Sur les 4 critères, nous on est bons. Il y en a deux principaux. Le premier, c'est le taux de contamination. Eux, ils jugent que cela devient dangereux quand ça dépasse les 10 unités par 25 grammes. Ça veut dire que c'est plus stricte que la norme de 100 unités par 25 grammes, qui est la norme européenne. Nous, on est en dessous de 10 unités. Et le deuxième élément c'est la prise en compte de la durée de conservation. Dans le document dont je parle ici, on juge que cela devient dangereux pour des produits qui ont une faible contamination de base, avec une durée de conservation de plus de deux semaines. Et les produits qui sont chez nous ont une durée de conservation soit de 7 jours pour du fromage frais, soit de 10 jours pour les maquées ".

Pourtant, Julien l'affirme, ces fromages ne représentaient aucun risque pour les consommateurs... Mais c'est la législation européenne ! Chez les producteurs, tolérance zéro. Chez le distributeur, on peut monter jusqu'à 100 unités de listéria par 25 grammes. C'est là que le bât blesse. " Notre position, c'est que la législation n'est pas adaptée à toutes les situations. Et que dans notre dossier, on trouve que la législation n'est pas adaptée. Deuxièmement, pour affirmer que nos produits ne seraient pas dangereux à la date limite de consommation, car en fait le débat se trouve là, on s'appuie sur un document qui a été élaboré par le comité scientifique même de l'AFSCA et par le Conseil supérieur de santé de Belgique " précise à nouveau Julien Artoiset.

Des contaminations occasionnelles inévitables

Après le passage de l'agence pour la sécurité de la chaîne alimentaire, Julien et ses partenaires font des analyses, directement à la source, sur le lait produit par leurs brebis. Il n'y a rien. Dans leur atelier nettoyé assidûment tous les jours, rien non plus. Et fait, des contaminations occasionnelles sont inévitables, même avec toute la bonne volonté.

Malheureusement, pour pouvoir faire des tests sur chaque production et s'assurer de ne pas envoyer un produit contaminé par la listéria en magasin, cela coûte très cher, des milliers d'euros. Et là se trouve l'injustice, les gros producteurs auront plus facile à faire ces analyses fréquemment. Ce mardi, l'AFSCA a donc demandé à la Bergerie des Fauves Laineux de retirer leurs produits de la vente. " Ils ne m'ont pas demandé de jeter les fromages, cela fait partie de l'hypocrisie. Comme ils ne m'ont pas demandé de pasteuriser le lait la semaine d'après. Ce qu'ils vous demandent, c'est de retirer les produits de la vente. En tout il y avait 200 fromages. J'en ai gardé pour ma consommation personnelle, je peux continuer à les manger. Mais je ne vais pas manger 200 fromages avant la date limite de consommation. Je les aurais gardés, puis ils auraient été périmés et j'aurais été forcé de les jeter " . 

Chez eux, la production est donc bloquée depuis la semaine dernière et le revenu ne rentre plus. Ils voudraient que les choses bougent, que de nouvelles études de risques soient faites et que la réflexion soit approfondie au niveau de l'Afsca, au niveau européen et du côté de nos représentants en Belgique aussi. De son côté, l'AFSCA rappelle que la listéria a encore tué en Allemagne et se retranche derrière les normes fixées au niveau européen, essentielles pour la santé publique.

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