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Essence, diesel ou hybride: comment choisir?

Le litre de diesel au prix de l'essence ? C'est probablement ce qui se passera dans un futur proche. Car il ne faut pas oublier que le diesel a été détaxé par rapport à l'essence mais qu'il ne s'agit en aucun cas d'un carburant bon marché.

Avec les scandales de pollution, les problèmes de filtres à particules, l'odeur et le bruit caractéristique des moteurs carburant au mazout, bon nombre d'automobilistes et de constructeurs se tournent à nouveau vers l'essence.

Alors, quel carburant choisir ? Pourquoi ne pas envisager une autre voie, celle de l'hybride ? Nous nous sommes penchés sur la question et avons réalisé un grand test, plutôt surprenant.

Des critères de sélection sévères

Bien entendu, on aurait pu évoquer les véhicules électriques, ceux fonctionnant à l'hydrogène ou encore au gaz naturel. Mais nous ne pouvons pas comparer des pommes avec des poires. On s'est donc concentré sur un seul et même modèle de voiture, proposant trois motorisations différentes pour un prix de vente quasi identique. Il n'y en a pas beaucoup.

Notre choix s'est porté sur la Toyota Auris. Il s'agit d'une compacte, catégorie fort recherchée, vendue aux alentours des 25 000 euros dans le niveau de finition choisi et identique pour les trois véhicules d'essai. Nous partons donc du principe que le consommateur a arrêté son choix sur ce modèle et qu'il s'interroge juste sur la motorisation. Pour 24 720 euros, il peut opter pour le nouveau bloc 1.2 turbo essence 116 ch, équipé d'une boîte automatique (la manuelle coûte 1700 € de moins).

En ajoutant quelques euros pour arriver à 25 150 €, il peut choisir le moteur 1.6 diesel 112 ch, issu de BMW, et disponible uniquement en boîte manuelle. Au sommet de notre hiérarchie tarifaire trône l'hybride, d'office automatique. A 25 770 €, on dispose de deux moteurs : un essence 1.8 combiné à un électrique. Ils fonctionnent soit séparément, soit de concert en fonction du type de conduite souhaitée et c'est la voiture qui gère. La puissance cumulée est de 136 chevaux.

Un test sérieux, à défaut d'être scientifique

Pour pouvoir comparer la consommation de trois voitures, il faut absolument qu'elles effectuent un parcours identique avec le même conducteur. Nous avons tracé un road-book d'une vingtaine de km en périphérie bruxelloise, en empruntant aussi bien l'autoroute que des chemins de campagne ou des routes de ville.

Chacune des trois voitures a effectué ce trajet trois fois, avec trois conducteurs différents afin d'obtenir des résultats homogènes. Comme l'électronique des voitures est similaire, nous nous sommes basés sur l'ordinateur de bord, même si les valeurs indiquées peuvent différer de la consommation réelle. Le but n'est pas de mesurer la consommation précise de chaque voiture, mais de vérifier les différences entre elles. Et des différences, il y en a beaucoup, tant en terme de conduite que de consommation.

La plus placide est la diesel. Ronde, souple, coupleuse mais pas surprenante pour un sou, elle s'est contentée de 5,9 l/100 km en moyenne. C'est elle qui a reçu le plébiscite de Dany, un de nos essayeurs du jour.

La plus pétillante est l'essence. Le petit moteur turbo se montre très vif, d'autant que la boîte de vitesse automatique réagit très rapidement et s'adapte à tout type de conduite. Mais son mode sport est un calvaire pour les tympans et pour le portefeuille puisqu'elle a consommé 7,9 l/100 km. De loin la plus gourmande de notre test. Ce qui n'empêche absolument pas Didier, un autre essayeur, de craquer pour elle. "Le plaisir de conduite reste un argument d'achat", précise-t-il. Et tant pis pour le budget carburant !

La plus originale est l'hybride. Tellement silencieuse à basse vitesse quand elle fonctionne avec le moteur électrique qu'on en viendrait presque à apprécier les embouteillages et les parcours urbains. Dès que l'on accélère un rien plus franchement, que l'on dépasse 50 km/h ou les deux petits kilomètres d'autonomie en mode électrique, le moteur essence se réveille, parfois très bruyamment. Pour obtenir de franches relances, il ne faut pas hésiter à passer en mode "power", mais cela va à l'encontre du principe même de la voiture qui nécessite une conduite placide pour diminuer au maximum la consommation d'essence. Précisons encore qu'il s'agit d'une hybridation classique, c'est à dire que les batteries se rechargent grâce au moteur essence et aux freinages, pas par une alimentation externe. C'est la voiture que choisirait Chris, notre troisième essayeur du jour, qui testait pour la première fois un modèle hybride et qui a été conquis, malgré les 30 000 km qu'il effectue annuellement. Il pourrait peut-être s'y retrouver financièrement puisque la voiture n'a consommé que 5,4 l/100 km. D'ailleurs 61% des Toyota Auris vendues en Belgique sont des hybrides.

Le cœur et la raison...

Au delà des chiffres, incontestables, ce qui peut surprendre c'est la différence de ressenti de nos essayeurs. Impossible d'élire une gagnante ailleurs que sur le plan des consommations. Chacun des trois conducteurs ayant préféré une motorisation différente. Mais le le choix doit s'opérer aussi en fonction de l'utilisation que l'on prévoit de faire. Le terrain de jeu de l'hybride, c'est incontestablement la ville et sa périphérie. En terme de consommation, de pollution, de douceur et de facilité de conduite, elle est imbattable. Elle a beaucoup moins son utilité en Ardenne ou dans des régions vallonnées où le moteur thermique sera souvent et bruyamment sollicité.

Le moteur diesel convient mieux pour les longues distances autoroutières. C'est là que sa faible consommation fera la différence. Quant à l'énergique essence, elle se destine aux petits rouleurs à la recherche de plaisir de conduite. Si vous optez pour la boîte manuelle dans l'essence, vous pourrez rouler 74 000 km avant de perdre de l'argent par rapport à l'hybride. Sans parler de la taxe annuelle de roulage bizarrement supérieure d'une quarantaine d'euros sur... l'hybride !

L'avis du journaliste

En plus des essayeurs, nous avons aussi essayé les trois voitures, mais sur une plus longue durée et dans des conditions normales de roulage. Au bout d'une semaine passée avec chacune des voitures, nous avons consommé en moyenne 7,5 l/100 km avec l'essence, 6,18 l/100 km avec la diesel et pile 6 litres/100 km avec l'hybride, sachant que cette dernière nous a emmené en plein centre de Paris. Et pour être tout à fait honnête, précisons que l'hybride était chaussée de pneus 4 saisons (surconsommation d'un demi-litre) alors que l'essence avait de grandes roues de 17 pouces pour lesquelles Toyota annonce aussi une surconsommation d'un demi-litre au cent kilomètres.

Décidément, il est vraiment difficile de comparer trois voitures, fussent-elles issues d'un même modèle et d'un même constructeur !

Article original à retrouver sur RTBF/INFO...

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