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Entrée de neuf nouveaux produits dans le panier de la ménagère

Est-ce que des tatouages et des remplacements de serrure de porte font vraiment partie de nos dépenses quotidiennes et méritent une place dans le panier de la ménagère? C'est le débat du moment... Le panier de la ménagère, concrètement, c'est ce qui permet d'évaluer le coût de la vie en Belgique, et qui mène à l'indexation des salaires. Et le ministre de l'économie a accepté de faire entrer neuf nouveaux produits : le loyer des chambres étudiants, le tarif horaire des couvreurs, le remplacement d'une serrure de porte, des compresses techniques, les voitures de seconde main, les livres de cuisine, la consultation en diététique, les voitures d'enfants et les tatouages.

Un ensemble raisonnable de produits

Pour Philippe Defeyt, économiste et directeur de l'institut de développement durable, l'indice des prix est supposé mesurer l'évolution des prix d'une consommation moyenne. Le tatouage n'est pas consommé par tout le monde, mais c'est aussi le cas pour d'autres produits. Quand on regarde les statistiques de l'Institut national de statistiques, on constate que tous les ménages ne consomment pas de riz. Pourtant, le riz se trouve dans le panier de la ménagère à partir duquel on mesure l'évolution des prix. Donc l'idée ici, c'est d'avoir un ensemble raisonnable de produits dont on va tous les mois aller voir dans les magasins combien cela coûte. Et à partir duquel on estime l'inflation et l'évolution des prix.

Tout le monde doit pouvoir s'y retrouver

Philippe Defeyt pose la question suivante : "Est-ce qu'on sait que les frais funéraires se trouvent dans l'indice des prix à la consommation?". Par définition, il n'y a jamais qu'environ 1% des Belges qui meurent chaque année. L'idée, c'est d'avoir quelque chose qui est représentatif. Tout le monde trouve normal actuellement qu'un beau jour on a abandonné les allumettes dans l'indice des prix à la consommation... Pourtant les allumettes y ont figuré longtemps. Pourquoi donc les avoir abandonnées? Parce plus personne n'utilise des allumettes et que de toute façon, il ne s'agit que d'une consommation minime. On essaie donc d'avoir des produits représentatifs. Néanmoins attention, les partenaires sociaux et les experts qui les accompagnent ne font pas ça n'importe comment. On part d'une enquête sur les comportements des ménages et tous les deux ans on interroge plusieurs milliers de ménages sur leurs habitudes. On traite cette information, et c'est à partir de cette information qu'on estime comment il faut faire évoluer l'indice des prix. 

Autre exemple, tout le monde trouve normal qu'il y ait aujourd'hui dans l'indice des prix, l'essence et le diesel. Pourtant, 20% des ménages en Belgique n'ont pas de voiture. C'est un peu un arbitrage, tout le monde ne consomme pas de tout, mais doit en principe s'y retrouver plus ou moins bien.

Il y a des produits dont les prix baissent, et il y a des produits dont les prix augmentent très peu. Par exemple, à un moment donné, il y avait dans la liste des prix les voyages en avion. Mais les prix des voyages en avion ont diminué. Donc dans l'économie, il y a en permanence des prix qui évoluent très vite, des prix qui évoluent moins vite, des prix qui diminuent,... L'idée est d'arriver à un équilibre dans lequel les ménages s'y retrouvent. Donc si les prix augmentent, c'est normal que mon salaire augmente...

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