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De nombreux CBD shop amenés à fermer en région liégeoise : quelles sont les raisons ?

Que se passe-t-il avec les magasins de CBD ? Le CBD, on l’appelle aussi le "cannabis légal". Plein de magasins ont ouvert à Liège, par exemple. Et plein ont aussi fermé… Mais pourquoi est-ce que cela ferme si vite ?

En quelques mois à peine, c’est la faute d’une nouvelle réglementation qui les accule financièrement. D’après les gérants de la région liégeoise, une nouvelle réglementation leur met une trop grosse pression financière. Benito Marinaro est gérant de Kristal Canna, un CBD shop à Saint-Nicolas. " Les accises sont trop élevées et ne nous permettent pas de gérer au niveau du magasin. Plus nos charges etc… Elles sont d’application depuis le mois de juillet. C’est 21% de TVA, ce qui est tout à fait logique pour un produit de consommation en Belgique, et il y a 31,5% d’accises sur le produit plus 48 euros au kilo importé. En plus, on est taxés sur le bénéfice ".

31,5% d’accises et un contrôle accru pour permettre la législation du CBD en Belgique. Mais ces accises, tout le monde ne le vit pas si mal que ça… Michaël Dunod par exemple, est gérant du réseau de magasins Greenday et de DHL qui fait de l’import et du dispatching de CBD en Belgique. " C’est vrai que nous, notre réseau de franchises est très bien et nos boutiques sont très bien. Je crois qu’on a été les premiers à incorporer la fleur à fumer en Belgique. Nous, on s’est beaucoup adaptés avec des produits dérivés. Pour nous, forcément, on ne voit pas les taxes comme quelque chose de mal, au contraire ".

Une réalité sur le terrain qui est vécue différemment

Certains en tirent profit, d’autres non. Une réalité sur le terrain qui est vécue différemment. Pour Michael Dunod, au niveau de la qualité, des normes sanitaires et des accises, tout doit être dans un certain lieu, un entrepôt fiscal. Pour lui, c’est différent de ce qui se faisait avant donc forcément cela va gêner pas mal de leurs concurrents. De leur côté, ils sont très ravis et ils font plus de chiffre d’affaires qu’avant. Tandis qu’en région liégeoise, Benito a du mal. " On avait 9 partenariats sur la région Wallonie, et on en a fermés déjà 7 " déclare-t-il.

Qu’en est-il de la qualité face à une telle pression financière ?

Ce n’est donc pas tout à fait la même réalité pour tout le monde. Mais ce qui peut inquiéter le consommateur, c’est la qualité du CBD. Comment s’assurer de la qualité quand une telle pression financière est présente ? Selon Benito, si les gérants du magasin veulent s’en sortir, ils doivent acheter du cannabis à moins de six euros le gramme. Mais à ce prix-là, la qualité n’y est pas du tout. Pour Michael, ce n’est pas un problème. Justement, ces accises permettent une plus grande transparence. " C’est très bien, en fait la taxe nous a permis d’avoir un éclaircissement sur la loi, d’enlever ce flou juridique et de pouvoir travailler en toute légalité ".

Pour Benito, cela n’a pas de sens. Lui a toujours été favorable à des accises sur ces produits, ce qui leur aurait permis de servir leurs clients avec des produits corrects. Mais vu les taux pratiqués, c’est intenable financièrement. Et, toujours selon Benito, tout ça profiterait aux réseaux criminels qui maintenant, vendent du CBD en rue. Encore une fois, ce n’est pas le ressenti de Michael qui assure que le public du CBD ne se procure pas en rue car il recherche avant tout la qualité et la traçabilité du produit. Ceux qui achètent en rue, ce sont les amateurs de cannabis, avec du THC, donc la substance psychotrope.

En région liégeoise, ces consommateurs de cannabis se dirigeraient donc vers les Pays-Bas au détriment des CBD shops de la région. C’est une analyse possible, mais quoi qu’il en soit, la légalisation du CBD n’a pas fini de faire parler d’elle…

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