On n'est pas des pigeons

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Comment faisait-on avant les couches jetables?

L'émission On n'est pas des Pigeons retrace cette saison l'histoire des objets qui ont changé définitivement notre quotidien. Le premier épisode est consacré aux Pampers, leader du marché incontesté. Cela peut prêter à sourire, mais c'est oublié que le lange jetable a été une vraie révolution. Imaginez dans les années soixante, une mère avec trois enfants : elle devait constamment plier, replier, laver, essorer, sécher, repasser... Répéter cette opération à l'infini. Quand elle avait une machine à laver d'ailleurs, parfois c'était une casserole d'eau bouillante ou l'on plongeait les langes. On vous laisse imaginer l'odeur, nous rappelle Martine Sottiaux, une accueillante agréée qui a dû batailler pendant des années avec les langes lavables. Et puis est arrivé le miracle du jetable : les mères ont enfin eu plus le temps pour faire autre chose. On commençait à travailler, c'était ça en moins, ajoute Martine.

1961 : les Pampers font leur apparition sur le marché américain

Cette année-là, les Américains découvrent les publicités pour le premier lange jetable : Pampers. Voilà pour la légende. Elle est fausse, car la première couche entièrement jetable a été inventée par l'écossaise Valérie Hunter Gordon en 1948*. Cette année-là, elle en a marre de laver les langes de ses trois garnements et décide de coudre avec sa vieille machine, un lange imperméable. Seule la serviette est jetable, l'enveloppe-culotte est réutilisable. Elle utilise pour cela, de la vieille toile de parachute. Miss Hunter Gordon en vend d'abord 400 à ses amies et va ensuite frapper à la porte de la société Robinsons and Sons, pour vendre son concept. Bingo: en 1949, la gamme Paddi Pads est lancée, c'est la première couche-culotte entièrement jetable. Elle eut un certain succès en Grande-Bretagne et aux États-Unis; mais la marque fut vite balayée par la machine Procter & Gamble et son marketing percutant : Pampers s'impose et débarquera en Belgique en 1975. Non sans quelques réticences - son prix est trop élevé -, ou la méfiance irrationnelle des ménagères comme l'explique une téléspectatrice : Moi j'ai continué avec les langes lavables, j'avais peur qu'avec les Pampers, ma fille aurait eu les jambes arquées.

Le retour discret du lavable

Aujourd’hui, 98% des nouveau-nés portent un lange Pampers dans les hôpitaux belges. Le prix d'un lange varie de 20 à 50 centimes. Le budget total pour un enfant avant qu'il n’accepte enfin le pot : 1650 euros. On estime à une tonne, les déchets accumulés de la naissance à la propreté pour un enfant, explique Aurélie Melchior, experte en Eco-consommation.

Dans le monde merveilleux de Pampers, on en oublierait presque qu'ils ne sont pas biodégradables. Ces langes mettent environ 500 ans à se décomposer entièrement en décharge. Depuis quelques années, il y a donc un timide retour au lange lavable. Plus écolo. Mais aussi plus contraignant. Pas sûr que cela convainc la majorité des parents. La marque Pampers a encore de beaux jours devant elle, surtout qu'aujourd'hui, les Chinois se mettent de plus en plus aux jetables.

 

* En 1938, la papeterie suédoise Pauliström Bruk propose un papier jetable à disposer dans des culottes en caoutchouc. Une première étape vers "l'entièrement jetable".

 

L'article original est à lire sur RTBF INFO...

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