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Chaque année, de fausses prescriptions circulent en Belgique

Le phénomène des fausses ordonnances, c’est bien quelque chose qui existe ! Un patient qui ajoute, l’air de rien, un médicament sur la prescription du médecin, l’ordonnance photocopiée,… Ce sont de vrais phénomènes. En 2017, on pouvait trouver quasi une fausse prescription tous les 3 jours.

107 fausses prescriptions ont été signalées en 2017. En, 2016, on en comptait 110. Chaque année donc, des centaines de fausses de prescriptions de médicaments circulent en Belgique. Mais d’où viennent ces fausses prescriptions ? Comment sont-elles mises en circulation ? Ce sont bien souvent des copies des ordonnances faites par un médecin ou un patient, des copies d’une ordonnance vierge qui sont après rédigées par le patient lui-même et des vols d’ordonnances originales qui sont à nouveau rédigées par le patient. Ce sont les constats faits par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé.

Des malades qui ajoutent d’autres médicaments sur l’ordonnance que ceux exigés par leur médecin

Plus rarement, des malades ajoutent sur leur "vraie" ordonnance d’autres médicaments que ceux exigés par leur médecin. L’occasion d’aller voir du côté des pharmacies quels sont les mécanismes présents chez eux pour détecter ces fausses prescriptions. Alain Chaspierre, porte-parole de l’Association pharmaceutique belge : " Chaque médecin qui constate un vol de carnet d’ordonnances ou de cachet pour appliquer sur les ordonnances peut le signaler à l’agence fédérale des médicaments et des produits de santé qui nous permet d’établir un listing, qui permet évidemment par la suite d’identifier des fausses ordonnances potentielles ".

Pour tromper les pharmacies, certains n’hésitent pas à voler directement les carnets de prescriptions vierges dans les cabinets médicaux qu’ils visitent. Au total, en 2017, 33 carnets ont été dérobés chez 33 médecins. Lorsqu’un tel vol est commis, un mail est envoyé à l’ensemble des pharmaciens. Ils redoublent donc d’attention quand on leur présente une prescription d’un médecin qui a été volé. Un pharmacien que nous avons contacté nous a également dit que c’était grâce à l’expérience dans le milieu qu’il parvenait à détecter les fausses prescriptions. En jetant un œil à l’écriture, tel un détective, il y avait moyen de détecter la fraude. L’autre question, c’est de savoir pour quel type de médicaments les gens prennent le risque de présenter une fausse prescription. " Nous avons deux systèmes aujourd’hui. Soit c’est pour des produits qui sont à caractère stupéfiant ou en tout cas qui agissent sur le système central. Ou alors ce sont carrément des médicaments qui sont remboursés et que certaines personnes utilisent pour importer dans d’autres pays " explique à nouveau Alain Chaspierre.

Vers une généralisation des prescriptions électroniques

Notons que ces falsifications ne pourront plus se faire avec la généralisation des prescriptions électroniques. Le porte-parole de l’Association pharmaceutique belge : " Il faut savoir que la généralisation de la prescription électronique qui sera obligatoire à partir du 1er janvier 2020 en Belgique va fortement limiter ce phénomène. Il reste deux exceptions pour les médecins pour ne pas prescrire au niveau électronique : ce sont les médecins plus âgés, qui ne sont pas obligés de le faire. Et en cas de prescription à domicile, ou en MRS. Cela dit, la quantité de carnets d’ordonnances en application va évidemment être limitée au maximum, et va donc limiter le phénomène des ordonnances volées ou des fausses ordonnances ".

Dès l’année prochaine, le phénomène devrait être endigué. On s’éloignera alors des chiffres actuels. Rappelons-le : 107 fausses prescriptions signalées en 2017. 45 cachets de médecins dérobés et 33 carnets de prescriptions volées.

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