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Acheter un serpent, ce qu'il faut savoir...

Au rayon NAC (nouveaux animaux de compagnie), les serpents ont toujours la cote. De quoi s’intéresser à ces espèces qui se vendent même dans des magasins qui ont pignon sur rue dans le domaine animal. Quels conseils sont prodigués par les commerçants ? Des autorisations sont-elles requises ? Voilà quelques-unes des questions posées durant le reportage.

L’enquête démarre dans le fond d’un magasin. Là, dans des terrariums, se cachent des serpents. Parmi eux, quatre pythons, encore bébés. Les prix vont de 60 à 140 euros. Pourquoi cette disparité ? Impossible de savoir car les vendeurs nous indiquent que la spécialiste des reptiles est absente. Mince ! Vu le type d’animal, on comprend déjà à ce stade que l’encadrement est défaillant. Il n’empêche, on a des questions à poser et on aimerait savoir comment le personnel présent y répond, partant du principe que nous sommes des clients lambda.

Premier constat : les informations sont manquantes et très problématiques vu que ce n’est pas d'un chaton mais d'un serpent dont on parle. Comment s’en occupe-t-on ? Quel type de lumière lui faut-il ? Là encore, les réponses sont vagues. D’ailleurs, le vendeur sans le savoir nous montre les limites de ses compétences quand il dit qu’il y a quatre pythons, deux royaux et deux regius. Comme si le royal et le regius étaient des espèces différentes. Or, il s’agit du même serpent. Python regius est juste le nom scientifique du python royal.

Deuxième constat : le client à côté de nous s’y connaît mieux en serpents que les vendeurs. Et pour cause, c’est un collectionneur. L’homme possède chez lui dix pythons royaux, un python australien, un python indonésien et quatre geckos de Madagascar. Du lourd donc, et ce, sans que ceux-ci soient répertoriés car le propriétaire ne les a pas déclarés.

Comment est-ce possible ? Très facilement en fait. Car il est possible d’acheter un serpent sans permis ou sans autorisation. Pas de filtre à la vente... D’où l’impossibilité d’avoir une vision correcte du nombre de détenteurs de serpents en Belgique.

Que dit la législation sur les nouveaux animaux de compagnie ? Là encore, la réponse est délicate car chaque région a son règlement. A Bruxelles, " il n’y a pas pour le moment de législation spécifique sur la détention de nouveaux animaux de compagnie, précise Nathalie Guilmin de l’IBGE. Cela ne veut pas dire qu’on puisse faire n’importe quoi car il faut respecter la loi relative à la protection et au bien-être des animaux (Loi de 14 août 1986 relative à la protection et au bien-être des animaux). Il faut aussi respecter l’ordonnance du 1er mars 2012 relative à la conservation de la Nature (faune et flore sauvages) et la convention CITES ".

En Wallonie, explique le responsable communication du cabinet du ministre Carlo di Antonio, la détention de reptiles est soumise soit à un permis d’environnement de classe 2 (pour les animaux repris dans l’annexe V jointe à l’arrêté du Gouvernement wallon du 4 juillet 2002 arrêtant la liste des projets soumis à étude d’incidences et des installations et activités classées + animaux CITES), soit à une déclaration de classe 3 (pour les animaux non annexe V et CITES) en fonction des espèces et du nombre d’animaux détenus ".

En résumé, il y a tellement de particularités que ça en devient compliqué et flou, ce qui fait naître de nombreuses dérives. " Nous avons pas mal d’abandons de serpents à la Ligue de protection des oiseaux, annonce Corentin Rousseau. Souvent, ce sont les pompiers qui nous les amènent car ils ont été laissés dans un parc… Les propriétaires n’osent pas nous les amener puisqu’ils n’ont pas les autorisations requises pour les avoir ".

Quelle solution alors ? " Il faudrait, comme pour les armes, montrer qu’on a le permis au moment de l’achat d’un serpent, détaille Thomas Degand, vétérinaire et pompier volontaire à Jambes. C’est à l’achat que tout se joue, c’est là qu’il faut filtrer ". En France, c’est le cas… Mais comme en Belgique ou aux Pays-Bas, il ne faut pas d’autorisation pour acheter, de nombreux Français passent la frontière…

 

L'article original est à lire sur RTBF INFO...

 

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