Nos chansons ont une histoire

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Quand André Torrent faisait signer un contrat au dos d'une page de pub à Jean Ferrat

André Torrent a révélé l’épisode entourant la création de la chanson phare de Jean Ferrat, La Montagne, dans Nos chansons ont une histoire et a dévoilé une anecdote étonnante à propos de cet artiste.

De la génération des Georges Brassens ou Léo Ferré, Jean Ferrat est certainement l’une des grandes figures de la chanson française. On doit à l’auteur-compositeur-français des titres d’amour comme Que serais-je sans toi ou Aimer à perdre la raison mais aussi un genre plus naturaliste comme sur le titre qui l’a rendu célèbre, La Montagne, en 1964. André Torrent raconte comment est née cette chanson.

"La Montagne" écrite et composée dans un bistro

Tombé amoureux de l’Ardèche, région que lui avaient conseillée des amis, Jean Ferrat fait restaurer une maison à Antraigues-sur-Volane fin 1964. "Le temps que les travaux se fassent, il allait au bistro du coin qui faisait un peu hôtel (NDLR : appelé Lo Podello). C’est Hélène Baissade qui tenait ce café-restaurant. Sur la nappe en papier du bistro il a écrit les paroles de La Montagne. Quant à la musique il la faite au piano de ce bistro" précise André Torrent.

Ce dernier s’émerveille toujours d’ailleurs qu’une telle chanson "que les paysans chantent même en patois" ait ainsi vu le jour de cette manière.

Quand André Torrent écrit un contrat à Jean Ferrat

Jean Ferrat est aussi connu pour ses convictions politiques ancrées à gauche. Ce n’est ainsi pas un hasard s’il chante Potemkine, qui évoque le début de la Révolution russe, ou reprend Le temps des cerises de Jean-Baptiste Clément, une chanson associée aux épisodes de la Commune de Paris en 1871.

André Torrent dévoile à ce sujet une anecdote, qui, de son aveu, n’a probablement jamais été racontée. L’animateur est invité en 1972 pour la première fois à la Fête de l’Huma, un événement où se retrouvent de nombreux adhérents au Parti communiste français. Il se rappelle : "Il fait froid, il pleut, les militants m’apportent du café pour me réchauffer dans la petite cabane qui sert de lieu d’émission. À un moment, on me dit : 'Monsieur Jean Ferrat veut vous voir'. Je vais le retrouver dans la loge. Il me dit : 'Il y a un problème, le concert de tout à l’heure sera radiodiffusé et je veux un contrat, avec un cachet symbolique, le cachet syndical'".

Avec l’autorisation de la chaîne de radio, André Torrent écrit alors au dos d’une page de pub l’attestation suivante : "Je soussigné André Torrent agissant au nom de RTL, assure à Monsieur Jean Ferrat ainsi qu’à chacun de ses musiciens le paiement du cachet minimum syndical de sa prestation radiodiffusée de cette après-midi en direct de la Fête de l’Huma".

L’ancien animateur radio ignore si l’artiste français a utilisé ce contrat, d’autant plus qu’il n’y avait qu’un seul exemplaire. "Mais j’ai beaucoup d’admiration pour lui car c’est un homme qui va au bout de ses idées. (…) Lui, il assumait. Et je trouve que quelqu’un qui mettait en accord ses actes avec ses idées méritait un respect infini" estime-t-il.

Écoutez "Nos chansons ont une histoire"

Pour plus d’anecdotes sur les tubes du 20ème siècle, écoutez Nos chansons ont une histoire, avec Olivier Gillain et André Torrent, c’est tout les dimanches de 10h30 à 13h sur VivaCité.

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