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Les Femmes qui ont fait Namur

Quelque peu oubliées par l’Histoire avant le XXe siècle, et pourtant bien présentes à Namur, les femmes ont aussi contribué à l’évolution de la ville. Nombre d’écoles, d’hôpitaux ou de congrégations religieuses ont été gérées ou fondées par des Namuroises. Cette balade sera aussi l’occasion de revenir des thèmes tels que la prostitution, la sorcellerie ou l’adultère et d’évoquer les Namuroises célèbres.

À l’occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme, l’Office de Tourisme de Namur organise une balade à la rencontre des Femmes qui ont fait Namur.

La balade est assurée par deux membres de l’asbl #Namur Initiatives Citoyennes, qui gère les pousse-pousse de l’Office du Tourisme.

L’idée avec les deux guides est de compiler deux manières différentes de voir les choses. Mélanie est militante féministe et travaille au Centre d’Action Laïque ; Richard lui écrit des chroniques sur l’histoire de Namur et travaille pour la Radio Chrétienne Francophone. Tous deux ont à cœur de transmettre l’histoire des femmes qui ont fait Namur, mais aussi de faire des liens avec le présent et les difficultés que peuvent encore rencontrer les femmes aujourd’hui.

Une difficulté importante pour eux est de trouver des sources. On le sait, l’histoire a très souvent été écrite par les hommes et ils sont peu nombreux à avoir retranscrit l’histoire des femmes qui les entoure. Cela se voit aussi dans le nom des rues. Faites le compte, dans la Corbeille elles sont très peu nombreuses les rues à porter le nom d’une femme. Il y en a 3… Ou peut-être 4, vous en saurez plus lors de la balade !

Afin de permettre aux participants de pousser la réflexion plus loin, ils recevront une liste des noms de rues de Namur, triés entre noms féminins, masculins et non-genrés. Ils recevront aussi une liste d’ouvrages à consulter pour en savoir plus.

 

Citons quelques femmes qui ont marqué l’histoire de Namur :

Tout d’abord Blanche de Namur. Si on pensera à elle comme étant " la femme de " Magnus IV de Suède, elle marqua la culture suédoise. De nombreuses écoles dans le pays, notamment à Stockholm portent le nom de " Drottning Blanka ", école de la Reine Blanche. D’ailleurs, le Lycée pour filles de Namur s’appelait aussi " Lycée Blanche de Namur " dans le passé.

On peut penser aux religieuses : comme Sainte Julie Billiart, la seule sainte Namuroise qui a été canonisée en 1969. Elle est à l’origine des Sœurs de Notre-Dame, présente dans le monde entier. Des visiteurs des quatre continents visitent le centre d’Héritage des Sœurs, situé rue Julie Billiart. Mariette Delahaut, désormais Baronne a un parcours extraordinaire. Après avoir voyagé, notamment avec l’Armée Américaine, elle accomplit deux grandes choses. La fondation de l’institut qui porte désormais son nom à Jambes et qui fut l’un des premiers instituts d’enseignement spécialisé. Et elle œuvra énormément pour la sauvegarde de la langue française en Louisiane.

L’artiste Évelyne Axell. Si on commence à se souvenir d’elle, notamment grâce à l’exposition qui a eu lieu au Delta, on ne sait pas forcément que cette artiste pop est née au centre-ville de Namur, rue de Fer à l’actuelle galerie Saint-Joseph. Son fils collabore d’ailleurs avec la ville pour essayer de la mettre à l’honneur dans ce lieu.

Louise Colen a fondé en 1914, avec le soutien de la liégeoise Victoire Cappe, le “Secrétariat de Namur” qui était en réalité le premier syndicat composé d’une centaine d’ouvrières. S’appuyant sur sa formation d’institutrice et épaulée par l’abbé Pierlot, elle lance en l’espace de quatre ans un nombre impressionnant d’initiatives couvrant le champ syndical, mais aussi celui de la formation professionnelle et sociale à une époque où elle est quasiment inexistante.

Quelques faits surprenants :

• On parle beaucoup – et heureusement – des violences conjugales… Le projet de coutume de la ville de Namur de 1558-1559 reprenait explicitement ce point de droit : " un homme ne peut être puni à battre sa femme, s’il ne la tue " ; l’article passa cependant à la trappe cinq ans plus tard, lors de l’homologation de la coutume… Mais rien n’interdisait pour autant l’homme à battre sa femme.

• Entre 1509 et 1646, 366 personnes ont été jugées de sorcellerie ou satanisme dans le comté de Namur. En majorité, des femmes. Au départ, les sorcières étaient toujours de vieilles femmes issues de milieux ruraux et dans une situation précaire qui se prostituaient souvent pour survivre. En Wallonie, il était commun de pratiquer la strangulation avant le bûcher. Il existait d’autres peines : elles pouvaient être fouettées puis bannies sans le sou.

• Namur a déjà eu une bourgmestre ! La charge de bourgmestre s’achetait alors, et en 1701, un certain M. Maloteau a acheté la charge. Il la conserva jusqu’à sa mort, mais son épouse avait pris l’habitude de l’aider, de sorte que, aux dires de l’évêque lui-même, elle faisait presque seule tous les devoirs de cette charge. En 1734, quand son mari mourut, elle lui succéda et exerça sa fonction à la satisfaction de tous, administrés et gouvernement. De tout l’ancien régime, Catherine Maloteau fut la seule à occuper une charge officielle de quelque importance à Namur.
 

Informations pratiques :

Ce dimanche 8 mars à 14h30 - 4,50 € par personne – 2,50 € pour les étudiants – gratuit pour les moins de 12 ans • Durée : + /- 2 heures • Inscription au préalable obligatoire

Une seconde date est prévue le 29 mars en raison du succès

www.visitnamur.eu

 

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