Les petits papiers

Tous les dimanches et lundis de 13:00 à 14:00 sur Vivacité

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Les Petits papiers de Thomas Gunzig

Les Petits papiers de Thomas Gunzig
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Les Petits papiers de Thomas Gunzig - © Tous droits réservés

L'auteur, chroniqueur et scénariste belge Thomas Gunzig était dans les Petits papiers cette semaine. Avec Régine Dubois, ils ont évoqué son dernier roman "Feelgood" mais ils ont aussi discuté de littérature, de sport, de parcours scolaire, d'ennui ou de trac. Voici quelques extraits choisis avant de retrouver l'intégralité de l'interview sur Auvio via le lien en fin d'article.

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On pense souvent que la littérature est de l’ordre de l’intellectuel et que les gens vont plutôt au cinéma ou regardent des séries sur leurs tablettes. Quand on réfléchit, la littérature est surtout un art visuel. Les romans qu’on aime arrivent chez nous sous forme d’images. Quand on demande aux gens de se souvenir des livres qui leur ont plu, souvent ils auront des images qui leur viendront en tête. C’est pas des textes, des scénarios, des péripéties, c’est pas la langue , ce sont des images qui s’impriment dans leur esprit. Et je pense vraiment qu’un roman réussi va apparaitre dans l’esprit d’un lecteur aussi clairement que peut apparaitre un film ou un souvenir.

 

TRANSMETTRE

C’est un mot grave ça ! En tant qu’auteur, modestement, ce qui me rend heureux, c’est transmettre des émotions. On se souvient des émotions comme on se souvient des images dont on parlait avant. Si un auteur littéraire parvient à transmettre des émotions de manière puissante à son lecteur, je pense qu’il a réussi son coup. Les grandes idées et opinions sur le monde etc., on s’en fiche même si c’est ce dont on parle à la sortie du livre. Ce qui reste fondamentalement ce sont les émotions qu’un roman a pu provoquer en vous.

ARGENT

Feelgood est un livre qui parle beaucoup d’argent. Comment une femme qui fait tout ce qu’il faut pour en avoir se rend compte que les conditions sociales ne sont pas remplies pour qu’elle y arrive. Qu’est ce qu’on fait à ce moment là ? On reste dans les clous de la légalité ou on essaie d’avoir de l’imagination pour faire autre chose. Que devient la morale quand on fait vraiment tout ce qu’on peut mais qu’on sait qu’on y arrivera pas. (…) et puis l’idée du livre est aussi de parler de la condition d’auteur qui est mal connue du public. Dans mon cas, j’ai la chance d’être un peu médiatisé et il y a souvent une confusion qui se fait avec la notoriété et l’aisance. L’équation est simple, vous gagnez un euro par livre vendu. A 10.000 exemplaires votre éditeur est ravi et vous gagnez en gros 10.000 euros. Vous faites un livre tous les deux ou trois ans si vous travaillez bien, ça fait 5000 euros bruts par an.  Un livre ne permet donc pas de vivre et des tas d’auteurs travaillent en plus sur le côté.

REVANCHE

Le personnage de Tom dans feelgood me ressemble (Tom est un auteur " moyen " dans le creux de la vague) . Dans son histoire comme dans la mienne, on a longtemps été considérés comme des incapables (ndlr : Thomas Gunzig a été diagnostiqué dyslexique et orienté vers l’enseignement spécial). Je me suis retrouvé dès 6 ans avec des enfants qui avaient des problèmes, de pathologies lourdes à des choses plus physiques. J’ai toujours considéré comme acquis que je n’étais pas capable de faire des études normales et de vivre avec des enfants dits " normaux ". Mes études secondaires ont été impactées, je n’avais pas reçu la formation nécessaire en primaire, j’avais toujours des examens de passage terribles, je devais aller au rattrapage et ça n’allait pas du tout. Et puis j’ai eu un sursaut d’amour propre à la fin des secondaires où j’ai voulu montrer que j’étais capable de quelque chose. Je me suis inscrit à l’université où j’ai beaucoup, beaucoup travaillé et ça s’est bien passé. (…) Le fait de devenir auteur littéraire est une forme de revanche. Un moment il faut choisir qui on veut être, ne pas laisser le destin et les erreurs d’interprétation décider pour vous.

Les Petits papiers, tous les dimanches de 13h10 à 14h sur Vivacité et disponibles ensuite sur Auvio. 
Prochain invité: Stéphane Guillon (dimanche 6 octobre)