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Les Petits Papiers de Kody : "Il faut donner une certaine humanité et sensibilité sur scène"

Kody, humoriste phare du Grand Cactus sur la Deux, est à l'affiche du film "Lucky" qui sort fin janvier 2020 au cinéma. Il a déballé les petits papiers préparés par Régine Dubois et a commenté les mots choisis pour lui. Voici quelques extraits choisis de cette rencontre.

Fragilité

C'est une partie de moi. Peut-être qu'on est tous fragiles mais c'est quelque chose qu'on a parfois tendance à enfuir parce qu'on veut montrer une belle image. J'ai envie aussi de me montrer fragile parce que pourquoi toujours essayer de cacher ce qu'on est ? On va aller directement à l'essentiel. Vous savez que j'ai perdu mon père le 15 novembre. Pendant l'enterrement j'ai fait un discours où j'ai dit que j'allais essayer d'être un homme fragile et fort à la fois.

Quand on fait ce métier d'humoriste il y a plusieurs sentiments qui viennent en vous. Il faut avoir un certain ego. On ne peut pas arriver sur scène en disant "écoutez moi regardez moi je vais vous faire rire pendant une heure" sans se dire qu'on est capable de le faire et qu'on en vaut la peine. En même temps il faut donner une certaine humanité, sensibilité sur scène sinon cela manque de sincérité. Et puis l'équilibre : on est toujours dans un équilibre fragile, moi constamment. Je ne sais pas si c'est pour cacher ou pour tenir. C'est un manteau, je porte un manteau de fragilité.

Organisation

Pourquoi il faut s'organiser. Je constate dans la vie que c'est quand même mieux d'être organisé mais moi je ne le suis pas du tout. C'est un problème parce que je ne suis pas tout seul dans ce monde. Si tout le monde était comme moi ce serait le bordel complet.

Ça m'énerve d'oublier des choses ou d'être en retard. Ce matin, j'avais un rendez-vous. Je me lève et je prends mon téléphone et je commence à regarder des messages, puis je vais sur Google regarder les news. Alors que je pourrais le faire en chemin parce qu'en plus j'y allais en transport en commun. Mais pourquoi je perds du temps à regarder cela ? C'est comme si la notion du temps chez moi n'était pas linéaire. C'est élastique, c'est cyclique. Je ne sais pas à quoi on doit attribuer cela. Est-ce que je vois la vie différemment, est-ce que j'ai l'impression que la vie ne sera jamais finie ? Parfois j'ai l'impression que je pourrai tout faire dans la vie et que je ne serai pas en retard alors que certains se disent qu'il faut le faire maintenant parce que le temps passe vite. Moi je me dis non, dans cinq ans je serai à Hollywood et pas de problème. Je vais prendre le bus 71 et aller Porte de Namur me faire coiffer puis aller à la radio. C'est peut-être un optimisme exacerbé.

Non

C'est tellement difficile de dire non. C'est encore une fois cette peur de blesser alors que c'est tellement plus simple et plus clair de dire non. J'ai remarqué que cela va un peu mieux. De temps en temps, je suis très sollicité pour beaucoup de choses, je suis très content mais on ne peut pas tout faire car il faut prévoir des moments pour prendre aussi soin de soi. Le non il a du mal à sortir. Je préférerais presque que quelqu'un dise non à ma place. Je pourrais avoir un "non-assistant". Quand on me poserait une question difficile il dirait "non" parce que moi je dirais oui directement.

Le dernier truc auquel j'ai pu dire non c'est quand on m'a demandé de venir jouer à un festival en pleine préparation des Magritte. J'avais une bonne excuse mais avant il y a deux ans j'aurais dit oui.

L'interview intégrale est à réécouter ici.