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Le jambon de Trevélez : le tour de cochon

Le jambon de Trevélez : le tour de cochon
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Le jambon de Trevélez : le tour de cochon - © SARAHPIERSON

Première étape andalouse, mercredi, pour les trente participants à l’" Echappée belge ". Au menu du jour, 48 kilomètres, dont la moitié sépare la commune rurale haut perchée de Bubion à celle de Trevélez. Elle allait mener les lauréats de la dernière saison du Ravel belge encore un peu plus à l’Est, depuis l’atterrissage à Malaga. Elle va quitter la province de Grenade pour entrer dans celle d’Almeria. Un périple très montagneux, fait de sueur et de crampes à l’arrivée.

On le constate dès les premiers lacets : le relief montagneux s’avère d’emblée meurtrier pour les moins routiniers de la Petite Reine. D’entrée de jeu, le groupe éclate, joue de l’accordéon et provoque des cassures dont l’écart ne fera qu’augmenter au fil des kilomètres.

Les paysages de l’Alpujarra sont somptueux : qualifiés par tous les guides touristiques de sites les plus dépaysants et attachants d’Andalousie, ils justifient leur réputation : des points de vue à couper le souffle, des petits villages aux maisons d’une blanc éclatant rappelant l’architecture mauresque, des cultures en terrasses, le tout sous un ciel bleu vierge de tout nuage et sous un soleil maintenant invariablement la température au-delà des 30°.

Mais la magie des lieux n’est pas la seule à couper le souffle : la montée du col provoque des dégâts au sein du groupe des ravellistes, surtout à l’arrière. Et l’ascension en altitude rend la respiration de plus en plus difficile. En l’espace de deux kilomètres, elle est passé de 1150 mètres au départ de Bubion, à 1480 au passage de Capileira, un village agrippé au flanc de montagne.

L’arrivée matinale, pointée à 1500 mètres du niveau de la mer et à 23 kilomètres du départ, se situe à Trevélez, un village réputé pour ses séchoirs à jambons. C’est par ailleurs le village le plus élevé situé dans la Sierra Nevada et le plus haut d’Europe. En queue d’un groupe en pleine débandade, votre serviteur sera contraint, avec un quatuor de cyclistes vaincus par les difficultés de l’ascension, la chaleur et le manque d’oxygène, de mettre pied à terre. Une cruelle déception pour ces retardataires au moment de prendre place, en sueur, dans la camion-balai et l’amère impression d’avoir été victimes d’un véritable tour de cochon joué par les organisateurs, jurant au départ que l’étape était à la portée du premier cyclotouriste venu.

Mais oublions cette déconvenue pour découvrir ce beau village de Trevélez, tout entier dédié au jambon. Tous les habitants, ici, vivent du jambon et du séchage du cochon blanc (Serrano, pour montagnard) venu de tous les coins de la Péninsule ibérique pour y être salé, séché pendant de longs mois avant d’être consommé en Espagne, en France et au Japon essentiellement. L’équipe de la " Belle Echappée " a visité le plus réputé des séchoirs de la ville, dont l’entrée révèle un monument à la gloire de cette viande raffinée. A l’intérieur, on découvre une salle très justement baptisée " Cathédrale du Jambon " où pendent pas moins de 90.000 jambons, dont certains, en fonction de leur poids, peuvent séjourner jusqu’à trois ans dans le séchoir, perdant jusqu’à 40% de leur masse originelle pour obtenir cette saveur particulière qui en fait toute sa renommée. A propos de poids et toujours facétieux, certains membres de l’équipe de " L’Echappée " n’ont pas hésité à inviter votre serviteur à passer quelques mois dans le séchoir avec ces milliers de cuisses de mammifères, histoire de gravir les cols avec plus de légèreté. La seconde partie de l’étape, une descente vertigineuse leur cloua le bec. Il y a de bons grimpeurs mais aussi d’excellents descendeurs. Mais " L’Echappée Belge " n’est pas la Vuelta. Au programme de ce jeudi, les organisateurs avaient planifié un parcours de 48 kilomètres en montagne au regard duquel l’étape de la veille se serait assimilée à une banale mise en jambe. Bons princes, les responsables du voyage ont supprimé un col et raccourci la distance. Une décision que tous les participants ont applaudie et qui reflète leur sens inné de l’adaptation immédiate aux réalités du relief andalous. Rendez-vous jeudi pour cette deuxième étape, toujours sous un ciel que les prévisionnistes annoncent toujours sans nuage.

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