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Hasta luego, Andalucia : Le spleen des Echappés belges

Hasta luego, Andalucia : Le spleen des Echappés belges
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Ultime étape andalouse avant le retour au pays. Dès potron-minet, les 30 participants de l’ " Echappée Belge " ont bouclé leurs valises pour leur dernier transfert, celui qui les mènera à l’aéroport de Malaga. Lors du plateau d’adieu mis en place par Adrien Joveneau, le maître d’œuvre, certains participants n’ont pas retenu leurs larmes à son micro. Le retour au pays s’annonce chagrin.

On peut comprendre leur émotion. Depuis leur départ, voici une semaine, ils auront parcouru la bagatelle d’un millier de kilomètres, traversé sept des huit provinces de la communauté autonome d’Andalousie, grande comme trois fois la Belgique (Séville, Cadix, Cordoue, Malaga, Jaén, Grenade et Almeria) et mouliné pendant plus de 200 kilomètres sur des parcours parfois très accidentés. Voilà pour les chiffres. Derrière, il y a surtout la traversée de décors magnifiques, de paysages à couper le souffle, de villages ruraux aux maisons blanches nichées au sommet des montagnes. Le tout inondé de soleil et sous un ciel sans nuage. Un séjour débordant de souvenirs et d’images que l’on n’oubliera pas. Et puis, il y a eu aussi les échanges et les rencontres avec des personnalités attachantes et actives dans la confection des produits et des activités qui font la gloire de la région : le fabricant de jambon Serrano, le producteur d’huile d’olive ou le torero. C’était d’ailleurs la dernière rencontre programmée par les organisateurs de l’" Echappée Belge " : la visite d’un élevage de taureaux et de chevaux andalous dirigé par son propriétaire, un célèbre matador toujours en activité, Raphael Tepada. Sa propriété n’est pas la plus grande dans sa catégorie, elle ne fait " que " 200 hectares et est peuplée de 200 taureaux. C’est la loi : un taureau par hectare pour ces animaux qui ont besoin d’espace avant d’être appelés à se défendre et à mourir dans l’arène. Pour être ensuite mangés ou empaillés. Les associations de défense des animaux ont beau condamner ces pratiques, la tauromachie reste inscrite dans la tradition andalouse et demeure ici très populaire. Et notamment à Ronda, la ville toute proche dans laquelle les lauréats du Ravel 2019 ont fait une halte. Une ville qui fut le berceau de cet ancien sport de chevalier et qui eut quelques célèbres supporters, comme le prix Nobel Ernest Hemingway ou le fameux réalisateur Orson Welles, auteur de " Citizen " qui s’y fit enterrer au fonds d’un puits. Les lauréats sont aussi tombés sous le charme de cette ville qui livre un petit condensé de l’Andalousie. Dans " Mort dans l’après-midi ", Hemingway écrit : " C’est à Ronda qu’il faudrait aller si vous partez un jour en Espagne. La ville entière et ses alentours sont un décor romantique. C’est un bel endroit. Il a été édifié sur un cirque de montagnes sur un plateau. Le plateau est coupé par une gorge qui sépare les deux villes…, après les corridas, on emmène les chevaux morts au bord du terrain rocailleux où les oiseaux, qui ont attendu leur tour toute la journée, se jettent sur les restes. "

Ronda, c’est son célèbre Pont Neuf, une chef d’œuvre de 100 mètres de haut qui établit ses fondations tout au fond de la gorge, ses plus vieilles arènes d’Espagne, son musée du Bandolero qui retrace la vie devenue légendaire des plus grands bandits andalous, ses dizaines d’églises, ses ruelles blanches et fleuries. Tous les guides de voyage conseillent d’y rester au moins deux jours. Les ravellistes s’y sont promenés pendant deux heures, abandonnant définitivement leur monture à pédales et s’émerveillant à chaque pas. Après six jours passés dans des paysages désertés, le choc avec la foule de touristes est rude. Cela sent la tombée de rideau. Le car a repris sa route vers Malaga et les stations côtières qui y mènent. Le retour à la civilisation et au monde moderne et ses inégalités : les piscines luxueuses de quelques vedettes américaines, les terrains de golf privés, l’héliport pour millionnaires, les écuries chauffées au chauffage central pour les chevaux andalous. A quelques kilomètres de la côte, on distingue le détroit de Gibraltar et les premières côtes du Maroc. Avant d’entrer dans Malaga, le car dépose la bande de joyeux drilles de " L’Echappée belge " au bord de la Méditerranée. Une dernière heure de baignade avant de regagner, au soleil couchant, et via des autoroutes surchargées, la ville de Pablo Picasso. Cette fois, c’est bel et bien fini. Hasta luego, Andalucia.

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