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Echappée belge - Jour 6 – Cabanas de Tavira – Albufeira 

Echappée belge - Jour 6 – Cabanas de Tavira – Albufeira 
Echappée belge - Jour 6 – Cabanas de Tavira – Albufeira  - © Tous droits réservés

"Voyager ? Pour voyager, il suffit d'exister. (...) C'est en nous que les paysages trouvent un paysage. C'est pourquoi, si je les imagine, je les crée ; si je les crée, ils existent ; s'ils existent, je les vois tout comme je vois les autres."

Qu'aurait donc pensé l'illustre écrivain portugais Fernando Pessoa si, comme nous, il avait connu un changement si radical de décors en l'espace de quelques heures ? Pour sûr, il aurait certainement apprécié les paysages authentiques de l'Alentejo et l'auteur critique qu'il était à ses heures n'aurait pas manqué de blâmer le chapelet de paisibles villages de pêcheurs de la côte Algarve devenu dans les années 60 un littoral bétonné apprécié par le tourisme de masse. Les routes paisibles des jours passés, arpentées par de rares véhicules se sont volatilisées pour laisser place à un trafic bien plus conséquent. Finie la tranquillité, bonjour la vigilance accrue lorsque notre peloton se déploie de tout son long... sauf lorsque nous pédalons sur certaines pistes qu'emprunte la Véloroute de l'Atlantique – appelée aussi Eurovéloroute n°1 – qui relie le Portugal à la Norvège en passant par l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et l'Irlande. Par-delà Tavira, elles nous réservent ainsi quelques belles échappées au sein du parc naturel du Ria Formosa, un vaste marais d'une soixantaine de kilomètres de long situé entre la terre ferme et l'océan, parsemé d'îles et de plages. Les oiseaux occupent ici une place de choix, à l'image de ces flamants roses et huîtriers-pie en aucun cas perturbés par notre passage. Plus loin, des bassins salants et des terrils de sel quadrillent le paysage. D'un kilomètre à l'autre, nous basculons d'une sente prisée par les joggeurs et les cyclistes à une artère où vrombissent les moteurs. Virage après virage, nous nous retrouvons tantôt dans un sympathique quartier résidentiel accroché au coteau tantôt parmi de bien paisibles hameaux qui respirent toujours l'âme originale. Et à propos de respiration, dommage que les odeurs ne peuvent transparaître par-delà ces lignes : celle des sardines grillées est redoutablement attirante et ouvre sérieusement l'appétit. Elles ne seront (hélas) pas à notre menu du jour, mais la raie dégustée à... Quelfes (non, n'y voyez pas de jeu de mots scabreux...) valait elle aussi le détour... 

Mine de rien, 32 kilomètres ont déjà été accomplis. Nous en sommes à mi-route. Sauf pour Anne et Annick qui, ce matin, ont eu l'heureuse surprise de remporter un cadeau original : nager avec les dauphins. Direction donc Guia, petite ville touristique au nord-ouest d'Albufeira : c'est là qu'est implanté ZooMarine, mi-zoo mi-parc à thème qui propose entre autres des spectacles et un contact privilégié avec les dauphins. " Nous avons aussi un rôle d'éducation, explique l'une de ses animatrices. Il existe environ 70 espèces de dauphins dont plusieurs d'entre elles sont menacées, notamment à cause de la pollution des océans et de la pêche au thon extensive. Nous avons par ailleurs un centre de secours qui accueille notamment des dauphins, tortues et loutres échoués, blessés ou malades. Nous les soignons avant de les relâcher dans leur environnement naturel. " Car la vingtaine de dauphins qui nagent dans les bassins de ZooMarine ne sont pas des animaux sauvages : tous sont nés en captivité. " Il faut parfois plusieurs mois pour qu'un bébé dauphin commence à travailler avec son entraîneur. On ne le force jamais. Tout dépend du moment où sa mère le laissera vivre sa vie ou de quand il se sentira prêt à entrer en contact avec l'homme. "  

Revêtues de leur combinaison, c'est toutes excitées que nos deux Echappées belges gagnent l'un des lagons artificiels que compte le parc. Sous l'oeil attentif et les recommandations de Guillaume, un entraîneur venu en droite ligne de Paris il y a une quinzaine d'années, elles n'ont guère de peine à se familiariser avec les cétacés. Toute la communication se fait uniquement par des gestes, toujours simples, jamais brusques. La position d'une main et voilà Annick entrée dans une danse, poussée par le bec du dauphin ; un autre mouvement du bras et c'est cette fois Anne qui est entraînée dans une spirale. Plus tard, entre caresses et baisers, les mammifères s'envolent dans les airs ou prennent les deux amies sur leur dos. Le sourire en coeur et en choeur, elles sortent de l'eau avec des étoiles qui brillent dans les yeux : " Ce n'était que du bonheur. Les dauphins sont d'une douceur incroyable au toucher. Ils sont aussi très doux dans leurs mouvements alors qu'ils peuvent dégager une force incroyable. On se sent vraiment apaisées en leur compagnie, comme irradiées par un total bien-être. " Pour sûr, nous en connaissons deux qui vont bien dormir ce soir et faire de beaux rêves... 

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