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Echappée belge au Portugal - Jour 4 – Albernoa – Mertola

Echappée belge au Portugal - Jour 4 – Albernoa – Mertola
Echappée belge au Portugal - Jour 4 – Albernoa – Mertola - © Tous droits réservés

"Ici on sait sans avoir à chercher dans le dictionnaire ce que signifient chaleur, soif et latifundiaire." Cette citation de l'écrivain portugais José Saramago – Prix Nobel de littérature en 1998 – est le parfait résumé de l'étape de ce jeudi de L'échappée belge au Portugal.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la difficulté va croissant puisque aujourd'hui encore un peu plus qu'hier, nos cuisses et mollets ont été mis à rude épreuve... mais entendons-nous bien : si le relief est accidenté, jamais il ne s'agit de cols de première catégorie à franchir, juste des pentes parfois un peu plus senties à se mettre sous la pédale ! A l'inverse, la météo est immuable : ciel bleu – même si dans le courant de la journée les nuages se feront de plus en plus présents et il fera carrément nuageux à l'arrivée -, soleil et chaleur. Comme si le thermomètre n'était déjà pas assez haut, celle dégagée par le macadam rutilant fait encore augmenter la température de quelques degrés. Inutile de préciser que les gourdes ont une tendance naturelle à se vider à la vitesse d'un torrent ! Comme les jours précédents, les décors sont à couper le souffle. Nous sommes envahis par une sensation de vertige face à ses immenses plaines ondulantes dévorées par la sécheresse. Pourtant non, nous ne sommes pas en Afrique (sub)saharienne mais bien dans le Bas Alentejo, on vous le garantit ! De-ci de-là, chênes et eucalyptus paraissent tels des mirages de verdure. Les blés ont été récoltés, les balles de paille entreposées, les greniers à grain remplis. Hormis quelques troupeaux de moutons, il n'y a guère âme qui vive. La route délaissée, nous nous enfonçons plus encore dans cette campagne profonde sur une piste caillouteuse et poussiéreuse qui semble mener au bout de nulle part. Pourtant, là, au bout de cette sente d'un autre temps, quelques maisons apparaissent. Les premières depuis plus de 20 kilomètres. Indispensable pause boisson. Nous sommes au tiers du chemin et 20 kilomètres sont encore à couvrir pour la halte du midi... que nous ferons quasi à l'heure de la sieste. Peu importe : nous nous en mettons plein la vue, savourons notre privilège de pédaler dans pareil tableau et, petit à petit, nous nous approchons de collines bien plus imposantes : celles du parc naturel de la vallée du Guadiana. Créé en 1995, il abrite une faune et une flore très diverses, dont plusieurs espèces rares ou menacées comme notamment la cigogne noire, ainsi que de nombreux vestiges préhistoriques.

Cette région du Bas Alentejo est celle que Lio préfère, celle où elle se retrouve. " Ces terres respirent toujours l'authenticité. C'est peut-être même un endroit unique en Europe. Il y a un peu plus de quarante ans encore, avant la Révolution des Oeillets, la région était cependant d'une souffrance sans nom à cause des latifundiaires : ces grands propriétaires terriens possédaient des milliers d'hectares et tous les paysans des environs étaient contraints de travailler pour eux dans des conditions extrêmement pénibles. Sans exagérer, on pouvait dire qu'ils étaient traités comme des animaux quand on sait par exemple que chaque matin, on inspectait leur visage, leurs mains et leurs jambes et on n'envoyait aux champs que les plus capables d'entre eux. " La rigueur du climat, la sévérité des conditions de vie ont aussi appris aux Alentejanos à se serrer les coudes, à renforcer les liens : " Ici, les gens sont liés pour la vie. Ils se retrouvent au quotidien pour discuter ensemble, faire la fête ensemble, préparer le pain ensemble. " Confirmation des propos de l'artiste lorsque nous atteignons Alvares, avec ce four à pain installé au coeur du hameau , à côté d'une trentaine de boîtes aux lettres alignées sous un même toit. Comme nous, Joanna, notre guide, est séduite par les lieux. " On croirait faire un bond de 100 ans en arrière. "

A l'image d'hier, nous nous installons dans une minuscule bar-restaurant. A l'image d'hier à nouveau, les patrons se sont coupés en quatre pour nous accueillir et nous proposer une vraie cuisine du terroir avec du succulent paio – un saucisson de porc au paprika -, un non moins excellent fromage-beurre de brebis accompagné d'un délicieux pain, des tomates gorgées de soleil (et donc de goût), du cabillaud et de la viande grillée. Lio, son frère Victor et Jérôme, notre accompagnateur vélo – nous vous reparlerons de musette.bike d'ici la fin de notre séjour - se joignent même au cuistot de service pour préparer de vraies frites de chez nous !

Après cela, une petite vingtaine de kilomètres toujours bien vallonnés nous attendent. La bonne nouvelle, c'est que pour atteindre Mertola, ça descend ! Juste après un énième virage, un énième panorama de toute beauté s'offre à nos yeux : celui de l'ancienne cité médiévale perchée sur un éperon rocheux surplombant le paisible Rio Guadiana. Elle est dominée par un imposant château fortifié en grande partie du XIIIème siècle, construit sur des fondations mauresques, à côté d'un quartier arabe lui-même bâtie sur un forum romain (ça va, vous suivez toujours ?). Des siècles durant, la forteresse était considérée comme la plus inexpugnable de la péninsule ibérique occidentale. Sa visite et celle du centre historique étaient donc incontournables...

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