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Echappée belge au Portugal - Jour 3 - Alvito Albernoa

Echappée belge au Portugal - Jour 3 - Alvito Albernoa
Echappée belge au Portugal - Jour 3 - Alvito Albernoa - © Tous droits réservés

Est-il bien nécessaire de vous en convaincre ? Quelle belle journée encore que celle passée ce mercredi sur les routes lusitaniennes !

Ce matin, nous avons quitté Evora et fait une petite quarantaine de kilomètres en voiture pour rejoindre Alvito. Ce ravissant village était jadis le fief de barons portugais et Dom Joao Fernandes Da Silveira, le premier d'entre eux, a décidé d'en faire un lieu artistique. Outre ses jolies ruelles, sa place flanquée d'un kiosque, la bourgade vaut aussi le détour pour son château du XVème siècle désormais transformé en une ravissante pousada.
C'est à l'ombre de ses solides murs que nous enfourchons nos petites reines pour un périple qui nous conduira 56 kilomètres plus loin à Albernoa. Et qui nous fera aussi passer du Haut au Bas Alentejo...

Cette région est ni plus ni moins la plus grande du Portugal : sa superficie équivaut à un tiers du pays et est comparable à celle de la Belgique, rien que ça ! Elle représente pourtant à peine 6% de la population du Portugal. L'explication ? Ou plutôt l'une d'entre elles, c'est Victor qui nous la livre : " Le climat est ici particulièrement rude. En été, il fait très chaud, avec des températures qui peuvent grimper régulièrement au-delà des 40 degrés alors qu'en hiver, le gel n'est pas rare. " Aujourd'hui comme hier, l'agriculture occupe une place prépondérante dans la vie de ses habitants. Son fonctionnement a toutefois quelque peu changé et les latifundistes d'immenses domaines dirigés par de puissants propriétaires font pour ainsi dire partie de l'histoire passée : après la Révolution des Oeillets de 1974, une réforme agraire a complètement modifié l'organisation agricole. Une conséquence plus inattendue de l'attachement viscéral des habitants de l'Alentejo à leurs terres est le nombre toujours élevé de personnes illettrées. Etonnant ? Pas vraiment : " Pas question d'aller à l'école, il fallait aller travailler aux champs ou s'occuper des animaux ! Ce n'est que lorsque le Portugal est devenu un pays à part entière, soit il y a une quarantaine d'années, que les choses ont changé et que l'instruction s'est installée dans les moeurs. "

Comme hier, nous pédalons donc dans des paysages où dominent les prairies aux herbes séchées. En d'autres endroits, les blés ont été récoltés il y a longtemps déjà et le sol labouré laisse apparaître une terre à la couleur étonnamment foncée. Des touches de verdure s'ajoutent au tableau. Ce sont toujours les mêmes essences qui reviennent : chênes verts, oliviers et eucalyptus bordent la route, dont les abords délivrent aussi d'enivrantes effluves de fenouil. Plus saisissante encore, une gigantesque plantation de thé croise notre route. A tous les coups, la diversification agricole de l'Alentejo est en marche et ne repose plus sur ses trois fleurons que sont le liège, l'huile d'olive et le vin ! A mi-route, nous marquons une pause dans le village de Beringel. Accroché à une colline, il présente de petites rues bien pentues, toutes comme partout ailleurs jalonnées de maisons blanches rehaussées de couleur autour des portes et fenêtres, d'une simplicité certaine mais d'une élégance rare. Rare aussi est le calme qui y règne.

Quelques plats typiques de la région sont au menu du jour : on y retrouve notamment du poulpe mélangé avec de la coriandre et du persil plat ainsi que différents mets à base de porc. Déjà aux fourneaux hier soir avec la cheffe du restaurant BL à Evora un établissement installé dans une ancienne fabrique de mosaïques et doté d'un Bib Gourmand au Michelin, rien que cela , Lio fait un point d'honneur à nous les présenter. Parmi eux, une sorte de potée : " C'est le plat par excellence des paysans. Un plat du pauvre en quelque sorte, qu'on prépare le matin et qu'on laisse mijoter pendant de longues heures. Le porc est l'ingrédient de base car comme les gens n'étaient pas riches, ils n'avaient que de petits animaux. Il est mélangé avec des pois chiches et du pain, auxquels on rajoute un peu de vin blanc. "

Inutile que c'est bien calés que nous reprenons la route ! Et une route dont le relief va quelque peu s'accentuer, nous offrant de véritables montagnes russes. Toujours dans de superbes décors qui pourraient s'avérer monotones mais qui ne le sont cependant pas tant ils changent après une bosse ou un virage. Le soleil nous brûle la peau. Heureusement, un petit vent frais rend l'effort respirable. En chemin, nous ne croisons guère âme qui vive. Ici, une vieille dame passe la tête à sa porte pour nous encourager. Là, une famille d'agriculteurs ôte les cailloux de son champ. Plus loin, un couple chaule sa maison. De beaux instantanés qui respirent l'authenticité. Les kilomètres défilent une fois encore à toute vitesse. En guise d'apothéose, nous rejoignons notre hôtel en nous frayant un passage entre vignes et oliviers séparés par une haie d'orangers. Non pas sur quelques dizaines de mètres mais bien durant des hectomètres...

 

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