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Des parapentes, des vautours et des héros : Le week-end dantesque de l' " Echappée belge "

Des parapentes, des vautours et de héros : Le week-end dantesque de l' " Echappée belge "
Des parapentes, des vautours et de héros : Le week-end dantesque de l' " Echappée belge " - © SARAHPIERSON

Depuis deux jours, les trente participants à l’" Echappée Belge " ont parcouru une bonne centaine de kilomètres, dont la majorité empruntée aux " Via Verde " andalous. Ces proches cousins de nos Ravel wallons couvrent 2000 kilomètres d’anciennes voies ferrées en Espagne, dont 500 pour la seule région d’Andalousie.

Après avoir emprunté jusqu’au bout la voie verte de l’huile d’Olive, nos joyeux pédaleurs, lauréats de la saison du Ravel Belge 2019 ont découvert " La Via Sierra " qui a comme particularité de n’avoir jamais été utilisée pour sa fonction première : le transport ferroviaire de l’huile d’olive. On rappelle que la production du nectar de ces précieux fruits noirs et verts représente, pour la seule Espagne, pas moins de 40% de la production mondiale.

" La Via Sierra " a pris trop de temps à être mise sur les rails : du coup, les producteurs lui ont brûlé la politesse et privilégié le transport par camion. Mais la réalisation de la voie ferrée ne sera pas rangée au tiroir des travaux inutiles. Sa transformation en voie verte est une vraie réussite et révèle en même temps les travaux herculéens de génie civil mis en œuvre. La bonne trentaine de bornes parcourues par les participants est émaillée d’autant de ponts, de viaducs et de tunnels, dont la plupart sont éclairés. Et entre chacun de ces ouvrages, un paysage magnifique se déroule sous les yeux éblouis des participants : des rochers aux formes étranges modelées par les éléments, des oliveraies à perte de vue, des orangers, des massifs de pins pinsapo, pouvant atteindre 20 mètres de haut, des arbres uniques en Europe dont le bois est utilisé pour la confection de guitares et le son du flamenco. Ils ont la réputation de pousser dans des régions arrosées par des pluies abondantes. Ce qui n’était pas le cas ce week-end. Imperturbable depuis le départ de l’ " Echappée belge ", il n’a cessé de figer le thermomètre autour des 35°.  Dans la vallée, paissent des taureaux qui ignorent encore qu’il seront bientôt condamnés à combattre dans une arène, comme celle d’Antequera, dans laquelle les pédaleurs de l’" Echappée Belge " s’étaient restaurés la veille, le samedi soir.

Au menu de l’étape du dimanche, cette première partie parcourue sur cette belle " Via Sierra " était aussi émaillée de superbes gares restaurées et transformées en bars, en restaurants ou en chambres d’hôtes. Dans le ciel uniformément bleu azur des vautours planent au-dessus des rochers, en quête d’une proie sur laquelle fondre. A leur hauteur, quelques dizaines de mètres plus loin, ce sont des parapentes qui survolent la vallée et plus précisément la région de Grazalema, réputée comme ville organisatrice des championnats mondiaux de l’exercice. Surprise du chef du groupe de l’ " Echappée ", les deux plus jeunes participants ont reçu l’insigne honneur de réaliser cette expérience unique ou, comme le résumait l’heureuse lauréate, " de s’envoyer en l’air. " Si votre humble serviteur qui pendant ces trente kilomètres sur les routes sablonneuses de la " Via Sierra " est resté vissé aux avant-postes pour échapper à la poussière du peloton - une sorte de Paris-Roubaix sans les pavés – vous dispense de la deuxième partie de l’étape, ce n’est pas par paresse mais par lucidité. La majorité des participants s’y sont pourtant élancés.

A l’heure où nous mettons sous presse, le soleil s’est pratiquement couché, la nuit s’annonce et le car qui doit les ramener à l’hotel d’Olvera n’est toujours pas annoncé. Les titans de la route se sont battus contre un soleil de plomb, des dénivelés machiavéliques et des ascensions dantesques. Ces gens sont des héros. En attendant leur retour, je me suis promené dans le centre historique de la ville, peuplée par de nombreux chasseurs dans cette région qui compte parmi les plus giboyeuse d’Espagne. Olvera est aussi réputée pour fabriquer la meilleure huile d’olive de la péninsule. Mais surtout, c’est une ville splendide même si elle se mérite. Si je ne prétends pas à avoir égalé les performances de mes compagnons d’aventure, arc-boutés sur leur bécane et trempés sous l’effort, sa découverte exige aussi des mollets noueux. Le centre historique dominé par l’église Notre-Dame et le Château arabe, comme s’ils prolongeaient le rocher se hisse à 600 mètres du centre-ville. Du cœur de la cité, descendent en cascades des dizaines de petites ruelles qui plongent dans la vallée. Arrivé, à bout de souffle au sommet, le paysage m’a figé : un décor de carte postale s’étale sous les yeux, découvrant une cascade de petites maisons, toutes blanches, toutes coiffées des mêmes tuiles orangées. J’étais heureux d’avoir renoncé, le temps d’une après-midi, à la Petite Reine. Une fois de plus, depuis le départ de " L’Echappée Belge ", la beauté des lieux était au rendez-vous. Mais l’heure tourne. Dans vingt-quatre heures, l’arrivée à Malaga et le retour à Bruxelles. Le départ d’Andalousie s’annonce déchirant. 

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