Le 8/9

Du lundi au vendredi de 08:00 à 09:00 sur Vivacité

Plus d'infos

Tatiana de Rosnay sort un roman écrit il y a trente ans : "Mes éditeurs sont tombés amoureux de ce livre"

Tatiana de Rosnay était l’invitée du 8/9 pour son nouveau roman Célestine du Bac. Ce livre refusé par son premier éditeur il y a trente ans, célèbre l’amitié sans préjugés ou distinction de classe sociale, entre une SDF et un jeune homme de famille aisée.

Martin a 18 ans et possède tout : il est fils de bonne famille, solitaire et rêveur. Célestine, est sans âge et n’a rien : elle est sans domicile, marquée par la vie et l’alcool. À première vue, tout les sépare…

Pourtant, un jour, Martin et Célestine se croisent complètement par hasard, rue du Bac à Paris. De là, va naître une extraordinaire amitié.

Cette rencontre fortuite changera-t-elle leurs vies ?

Un livre écrit il y a presque 30 ans

Ce roman, Tatiana de Rosnay, auteur du best-seller Elle s’appelait Sarah, l’a écrit en 1990. Elle avait oublié l’existence de ce manuscrit qui trainait dans une boîte. Jusqu’au jour où, à l’occasion d’un déménagement, elle retombe dessus et décide de le publier…

"Je l’avais oublié, c’est un roman qui a été refusé par mon premier éditeur il y a presque 30 ans. Il l’avait trouvé inclassable et je l’avais donc mis dans une caisse" raconte-t-elle. "En faisant le ménage dans les caves, je suis tombée dessus, je l’ai lu mais j’avais du mal à le juger moi-même donc j’ai proposé à mes éditeurs de le lire. Ils sont tombés amoureux du livre et on a décidé de la garder dans son jus".

Trois changements ont été seulement opérés pour la nouvelle version : l’histoire est relatée au présent, le chien de Martin s’appelle désormais Germinal et une lettre de transmission est placée au milieu du livre alors que la version originale ne comportait qu’une phrase de celle-ci. "C’était tellement étrange de retrouver ces personnages qui sont finalement assez attachants Célestine et Martin et de reprendre la voix de Célestine dans cette lettre de transmission où elle lui dit quelque chose de très important" révèle la romancière de 59 ans.

Une amitié entre deux êtres isolés

Tout oppose en apparence Martin à Célestine et pourtant, ces deux personnes vont se lier d’amitié car elles se sentent terriblement seules.


►►► À lire aussi : Frédéric Waseige raconte son plus beau souvenir de foot : "J’en ai encore la chair de poule"


"Lui est un jeune homme de bonne famille, amoureux d’Émile Zola. Il veut devenir écrivain, a un meilleur ami qui s’appelle Oscar, ne voit personne, vit dans sa bulle et est très seul. Elle, est cette femme qui vit dans la rue et voit tout. Un jour de pluie, il y a cette rencontre" résume Tatiana de Rosnay. "J’ai essayé de montrer en écrivant ce livre il y a trente ans, à quel point l’amitié est importante. Aujourd’hui, je trouve qu’il a un écho très particulier parce qu’en plus c’est l’amitié entre deux personnes totalement différentes avec une senior qui vit dans la rue, est abîmée par la vie et n’a pas beaucoup d’espoir. Tout d’un coup, ils vont s’entraider d’une façon assez magique".

Un roman qui fait encore écho à l’actualité

Un élément rapproche néanmoins les deux protagonistes du livre : Célestine a perdu un bébé il y a longtemps et Martin sa maman quand il était petit.

Le regard rempli d’empathie et de bienveillance de Martin envers la SDF touche par conséquent profondément cette dernière. "Personne ne la voit cette femme. J’ai donné une voix à des personnes dans la rue que personne ne voit. Ils sont encore là 30 ans plus tard. La pandémie a creusé de façon épouvantable ce qu’il se passe. J’ai l’impression que la voix de Célestine on l’entend encore plus aujourd’hui. Les passages qui racontent sa vie, son journal, sont encore terriblement actuels" déplore à ce sujet Tatiana de Rosnay avant de préciser qu’elle n’avait aucunement imaginé que la situation des SDF ne s’améliorerait pas en trente ans et que le regard d’autrui sur eux ne changerait pas.

L’écrivaine s’était d’ailleurs inspirée de sa rencontre avec une sans-abri il y a 30 ans, pour écrire ce livre : Titine, qui vivait rue du Bac. "J’essayais de lui parler elle n’était pas très commode, ce n’était pas évident, elle parlait plus à mon fils qui a l’époque avait deux ans" révèle-t-elle. "J’ai essayé de lui donner une paire de bottes une fois et elle me les a jetées à la figure car je chausse du 37 et elle, c’était du 42. Cette femme me fascinait, j’essayais de lui apporter du café et un peu d’argent. Et un jour je ne l’ai plus vue et je me suis demandé quelle est son histoire, qu’est-elle devenue".

Une relation enrichissante

Célestine du Bac adresse un riche message social au lecteur : plus vous vous occupez des autres, plus vous en ressortez grandi. Tatiana de Rosnay souligne également la confiance que procure à Martin l’amitié avec Célestine. "Ce n’est pas seulement ce jeune homme qui aide cette vieille femme dans la rue. Elle aussi elle va l’aider, elle va lui transmettre quelque chose et lui dire : 'Prends ton envol, cette vie qui t’appartient, prends la à bras-le-corps, déploie tes ailes'".

Après l’inquiétante trame de son précédent roman, Les fleurs de l’ombre, Tatiana de Rosnay renoue cette fois avec un récit davantage lumineux et touchant, qui ne laisse personne insensible.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK