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Serge Gainsbourg : ce livre explore de A à Z "l’histoire immense" de l’homme à la tête de chou

Le journaliste musical Bertrand Dicale était l’invité du 8/9 pour son nouveau livre Tout Gainsbourg, un ouvrage documenté de plus de mille pages qui révèle toute la vie et l’œuvre de l’homme à la tête de chou.

Il y a 30 ans disparaissait l’un des plus grands chanteurs de l’histoire de la chanson française : Serge Gainsbourg.

Dans cet ouvrage de mille pages, Bertrand Dicale explique comment le peintre Ginsburg est devenu Gainsbourg et puis Gainsbarre.

Serge Gainsbourg c’est avant tout une personnalité sans langue de bois, un véritable précurseur des phrases chocs et des attitudes provocatrices.

Du succès du Poinçonneur des Lilas au bide de La Javanaise en passant par les scandales de Je t’aime moi non plus et de Lemon Incest, Bertrand Dicale revient sur les plus grandes œuvres de cet auteur-compositeur-interprète.

Bertrand Dicale était aussi l’invité de Viva +, ce lundi 1 mars, de 11h à midi.

Ce mardi 2 mars dès 22h30, La Une consacre une soirée spéciale au chanteur avec le documentaire La Story Gainsbourg : le punchliner.

L’importance de nouvelles recherches

Plus de mille pages : il fallait au moins cette quantité pour aborder avec exhaustivité le travail artistique et la vie de Serge Gainsbourg. "Il y a une œuvre tellement vaste, tellement de collaborations, tellement de gens avec qui il a travaillé. Il a abordé tellement d’arts, de pratiques, de techniques, que 1000 pages c’est un bon début" justifie en effet Bertrand Dicale sur son livre.

Tout Gainsbourg est en réalité une édition augmentée de la première parue en 2016 et pour cause, "la Gainsbourologie fait toujours des progrès" affirme l’auteur.

"Il y a eu un travail énorme fait par Universal, la maison de disques historique de Serge Gainsbourg, qui a tout réécouté. Ils sont allés dans les archives, ont sorti et réécouté les bandes et ont vérifié toutes les dates et noms dessus. Cela nous a apporté énormément d’informations sur la jeunesse de Gainsbourg, ses collaborations. Puis il y a les recherches qui continuent et les témoins qui n’avaient jamais beaucoup parlé ou tout dit. Puis il émerge des choses : il a tellement travaillé et échoué commercialement. Pendant vingt ans (par exemple), il n’a pas vraiment de succès, ce n’est pas le Gainsbarre qui apparaît en 1979" détaille-t-il.

L’immensité de l’œuvre

L’immensité de l’œuvre que laisse l’artiste français derrière lui a toujours épaté le journaliste et auteur : "Le plus saisissant avec Gainsbourg, quand on travaille ou qu’on est fan c’est que l’on commence par acheter l’intégrale et puis cela n’en finit plus : les films, musiques de films, publicités, collaborations, romans, livres de photos, des magazines, préfaces de livres et de disques. C’est vraiment quelque chose de gigantesque, plus le billet de 500 francs qui brûle à la télé plus ce personnage dans l’actualité, qui provoque, a des scandales et une vie de people absolument passionnante, pas uniquement avec Jane Birkin puis Bambou. C’est vraiment une histoire immense Gainsbourg".


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En tant que fan de l’homme à la tête de chou, Bertrand Dicale déclare également :

À la mort de Gainsbourg j’étais journaliste professionnel et je ne me rendais toujours pas compte de l’immensité de son talent et de son héritage.

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© Alain Aubert

Gainsbourg le dépressif

La popularité arrive tard chez Serge Gainsbourg et l’auteur-compositeur-interprète compose en plus avec l’amertume liée à l’effondrement de son rêve d’enfance, la peinture. "Le Gainsbarre star on sait bien qu’il est dépressif et très mal, ce n’est pas uniquement l’alcool" avance à ce propos Bertrand Dicale.

Le paradoxe de l’artiste acclamé mais dépressif n’étonne d’ailleurs pas le journaliste. "Gainsbourg quand il devient star, il a 51 ans. Et jusqu’à présent, il a été très méprisé : par les médias, par ses confrères chanteurs, par les gens du métier. Il faut savoir que pendant longtemps, il a été très mal payé par sa maison de disques, il touchait peu de royalties, c’est aussi cela qui l’oblige à faire plein de choses en même temps. Soudain en 1979, il devient une star et on commence à lui payer des coups : il rentre quelque part et on lui paie un verre et il n’arrive pas à résister. Il était déjà alcoolique mais là il sombre dans une espèce d’alcoolisme mondain permanent" révèle-t-il.

Pourrait-on aujourd’hui assister à la naissance d’un nouveau Gainsbourg ? L’auteur de Tout Gainsbourg se montre nuancé. "Il est aussi un homme dans son temps. Dans les années 60, quand il prône une certaine forme de révolution sexuelle, en même temps il joue aux réactionnaires en disant : 'J’interdirai à ma fille de porter les mini-jupes'. Ce personnage-là peut donc encore exister mais sur un mode différent : peut-être pas en disant exactement la même chose" estime-t-il.

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© Pascal George / AFP

Whitney Houston et La Javanaise

Bertrand Dicale dévoile également deux anecdotes sur le personnage et son œuvre au 8/9. Un confrère américain lui a entre autres confié que l’échange avec Whitney Houston à Champs-Élysées "n’est jamais passé sur un grand réseau américain tellement c’est offensant, inadmissible et inimaginable". Il explique : "Un homme blanc manifestement ivre mort qui commence à tripoter les cheveux d’une femme noire en prononçant des forbidden words c’est totalement impossible".

Si l’artiste s’est fait remarquer par ses phrases chocs, il a aussi séduit son public par sa plume et son interprétation, mais parfois des années après la sortie de ses chansons. La Javanaise, adressée à Juliette Gréco, passe inaperçue dans la presse de l’époque observe le biographe : "Il y a même un hebdomadaire qui chronique le 45 tours de Gainsbourg qui parle des trois autres chansons mais pas de la Javanaise". Mais son concert de 1985 au Casino de Paris, après 20 ans sans concert à part les concerts reggae de 79, lance la popularité de la chanson. "Il hésite à mettre La Javanaise et la chante le premier soir. Là le public allume les briquets et chante. Quand il sort de scène, il est en larmes. Il n’est pas prévu qu’il aille dans les coulisses mais il y va pendant les applaudissements. Il pleure : 22 ans après, La Javanaise est devenu un tube alors qu’elle était passée inaperçue" raconte-t-il.

Il avoue, il en a bavé, pas vous ? Découvrez ce foisonnement d’anecdotes dans Tout Gainsbourg.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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