Le 8/9

Du lundi au vendredi de 08:00 à 09:00 sur Vivacité

Plus d'infos

Philippe Besson met en lumière le syndrome du nid vide, vécu par tous les parents

Philippe Besson était l’invité du 8/9 afin de présenter son nouveau livre, Le dernier enfant, qui relate une histoire autour du syndrome du nid vide, vécu par tous les parents.

Que se passe-t-il dans le cœur d’une mère lorsque le dernier de ses enfants quitte la maison ? Anne-Marie redoutait tant ce moment. Aujourd’hui, Théo, son plus jeune fils, quitte le nid familial.

La famille au complet vit ses 24 dernières heures ensemble. Il est temps pour Anne-Marie d’arriver à un terrible constat : rien ne sera jamais plus comme avant.

Comment va-t-elle réapprendre à vivre seule aux côtés de son mari Patrick ? Quels sens donnera-t-elle à l’avenir ?

Philippe Besson est l’auteur d’une vingtaine de romans. Il a aussi été chroniqueur dans l’émission On n’est pas couché, aux côtés de Laurent Ruquier.

Un livre inspiré de son vécu

Le dernier enfant raconte les 24 heures de la vie d’une femme vivant malgré elle le départ de son dernier fils du cocon familial.

L’histoire s’inspire de l’auteur lui-même puisque Philippe Besson a vécu un tel épisode dans sa vie lorsqu’il quitte son domicile pour vivre à Rouen à 18 ans. Il apprend d’ailleurs par après que sa mère avait pleuré tout au long du trajet de retour de son emménagement. "Elle m’a raconté les choses plus tard et surtout la tristesse dans laquelle ce départ l’a plongée pendant des mois. J’ai essayé de comprendre pourquoi elle vivait ce sentiment de perte, d’abandon, d’inutilité parce qu’elle se demandait à quoi elle servirait maintenant, et puis aussi cette espèce de culpabilité immémoriale des mères qui se disait : 'Je devais protéger mon fils et qui va le faire à ma place', et cette idée qu’elle allait affronter un inconnu qui s’ouvrait devant elle" explique-t-il.

Ce syndrome du nid vide est pourtant "le plus prévisible qui soit" pour tous les parents avance l’écrivain. Certains sont cependant moins préparés que d’autres à le surmonter. "Vous devez donc réapprendre des gestes que vous avez oubliés parce qu’au fond vous avez consacré votre temps à la parentalité et puis il faut redevenir soit une femme, soit un homme, soit un couple".

4 images
© Joel Saget / AFP

Écrire pour être quelqu’un d’autre

Ce nouveau livre de Philippe Besson est narré du point de vue de la mère. L’auteur dévoile la raison de ce choix, qui aurait pu se porter sur le père ou le fils :

J’écris des livres pour devenir un autre que moi-même, pour vivre des vies qui ne sont pas la mienne, pour investir la tête, l’esprit, la chaire d’un personnage que je n’ai aucune chance d’être dans la vie.

Il ajoute : "Il n’y a que dans les livres que j’ai une chance d’être une mère de famille. Cela m’intéresse d’essayer de rendre ce personnage crédible, juste, de rentrer dans sa façon de fonctionner. C’est une façon aussi d’exprimer la gamme des sentiments. J’aime bien faire cela parce que je me décris comme un écrivain du sensible".


►►► À lire aussi : Chacun chez soi : Fabian Le Castel promet un "spectacle entre pièce de théâtre et one-man-show"


La sensibilité du romancier français se traduit d’ailleurs par des détails nostalgiques qu’il décrit comme l’odeur du pain au petit-déjeuner.

4 images
© Joel Saget / AFP

Soyez parent mais aussi mari ou femme

Si vous vous apprêtez à voir vos progénitures quitter le seuil de votre maison, le livre de Philippe Besson ne vous donnera pas la solution absolue pour éviter pareille situation. Il porte d’ailleurs le constat suivant : "Quoi que l’on fasse ou que l’on veuille, ce syndrome du nid vide finira par nous tomber dessus".

Il conseille alors : "Il ne faut pas faire le malin en croyant vivre cela très bien parce que je pense que la parentalité est consubstantielle au sentiment d’appartenance à la peur, à la culpabilité. On vivra donc de toute façon cette sensation".

Néanmoins, l’auteur formule un conseil de son point de vue : ne pas focaliser uniquement son rôle sur celui de parent :

On peut être un père ou une mère mais aussi une femme ou un homme, un époux, un amant, on a plusieurs rôles dans la vie.

C’est justement ce qui rend difficile la vie d’après d’Anne-Marie, s’étant consacrée presque uniquement à cette fonction de mère. "Ce qui est très respectable mais elle se trouve fort dépourvue quand l’enfant s’en va car elle doit réapprendre les gestes".

4 images
© Joel Saget / AFP

Le fossé générationnel

Au 21ème siècle, la relation entre les parents et les enfants paraît parfois s’être considérablement renforcée. Malgré tout, Philippe Besson s’interroge sur un écart générationnel. "Aujourd’hui la scène du petit-déjeuner, le gamin est sur son portable et il s’en fiche de ce que sa mère lui raconte parce qu’il est dans son propre monde. Il n’y a pas les mêmes codes ou le même langage alors que peut-être qu’à mon époque il y avait encore le même langage. Je pense que cela creuse un fossé et c’est ce qui inquiète Anne-Marie, que son fils va vers un monde qui lui est inconnu dont elle ne maîtrise pas complètement les codes" lance-t-il.

Découvrez au travers du livre Le Dernier enfant, un sentiment que tout le monde traverse une fois dans sa vie, car c’est aussi cela être parent : pouvoir accompagner son enfant pour qu’il prenne ensuite son envol.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK