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Paul Colize : "Je ne pouvais pas écrire autre chose qu'un polar"

L'écrivain belge Paul Colize était l'invité du 8/9 pour son polar Toute la violence des hommes qui s'inspire des fresques polémiques réalisées anonymement en 2016 à Bruxelles.

Nikola Stankovic est un artiste marginal, accusé d'avoir poignardé une femme dans son appartement bruxellois.

Toutes les preuves semblent l'accabler : il est le dernier à avoir appelé la victime, il apparaît sur les caméras de surveillance juste après le meurtre, la police retrouve ses vêtements ensanglantés et des croquis de la scène de crime… Pourtant, Nikola nie les faits.

Un roman inspiré d'une fresque de Bruxelles

La couverture de Toute la violence des hommes de Paul Colize représente une bout de fresque qui avait fait l'actualité à l'époque, celle d'une scène d'étranglement située sur un bâtiment près du canal à Bruxelles. L'auteur s'est inspiré de cette réalisation artistique comme point de départ de son histoire. "C'est une fresque qui est arrivée quelques jours avant le fameux zizi du parvis de Saint-Gilles" rappelle-t-il également.

Il poursuit : "Puis il y a eu la série de fresques et celle de l'étranglement qui est tirée d'un tableau du Caravage, aussi celle d'un homme pendu par les pieds, une scène de pénétration : des scènes assez choquantes et violentes qui sont donc apparues sur les murs de Bruxelles. C'est ce qui m'a donné l'idée (de mon roman) : cet artiste anonyme, puisque l'une de ses caractéristiques c'était de ne pas dire qui il était, peut-être qu'il avait quelque chose à nous raconter, peut-être qu'il aimerait à travers ses fresques nous faire part de son histoire".

L'envie d'écrire des polars grâce à sa grand-mère

Paul Colize, dans Toute la violence des hommes, a donc imaginé que l'auteur de telles fresques, qu'il appelle Nikola Stankovic, serait aussi l'auteur de plusieurs crimes horribles. Il résume : "Il est suspecté de meurtre alors qu'il dit une dizaine de fois dans le roman : 'Ce n'est pas moi'. Même son avocat a difficile à lui faire dire autre chose que cela".

L'univers sombre des romans de Paul Colize provient en quelque sorte de l'influence qu'a eue sa grand-mère durant son enfance. Il explique : "Ma grand mère était particulière. Dans les années 60, elle portait un pantalon, ce qui était particulier pour l'époque, elle fumait un paquet de cigarettes par jour, des Bastos bleues sans filtre, elle buvait une demie bouteille de Porto et elle descendait un polar par jour. J'étais chargé de lui chercher des polars à la bibliothèque du coin. Elle me disait toujours : 'Prends ceux avec la couverture noire ou jaune, la collection La Série Noire ou Le Masque, et surtout tu ne peux pas lire cela', ce qu'il ne faut jamais dire à un gamin de 7-8 ans puisque sur le chemin du retour j'ouvrais quelques pages et je trouvais cela extraordinaire".

Il précise : "Je trouvais cela fabuleux car il y avait des insultes, de la violence (...) Assez rapidement je me suis mis au polar en tant que lecteur et puis quand j'ai commencé à écrire je ne pouvais pas écrire autre chose qu'un polar".

L'importance de la responsabilité d'un crime

Pour écrire des romans à l'univers si sombre, Paul Colize est généralement plongé dans une ambiance contrastée. "Comme il fait beau je suis sur ma terrasse avec mon ordinateur et avec les oiseaux qui chantent. À l'intérieur, je suis plongé dans cette ambiance assez noire pour décrire les scènes" confie-t-il.

L'auteur s'imprègne aussi de l'ambiance de lieux carcéraux selon la thématique de ses romans, notamment pour Toute la violence des hommes. Il révèle : "J'aborde quelques thèmes dont celui de la responsabilité ou non-responsabilité. En Belgique, quand quelqu'un commet un meurtre, il passe une expertise psychiatrique. En fonction de celle-ci, soit la personne est reconnue responsable de ses actes avec un procès et elle va en prison, soit elle est reconnue non-responsable de ses actes et c'est l'internement mais on ne sait pas quand il se finit. C'était un thème assez particulier et le fait de visiter un établissement de défense sociale m'a permis de moins rigoler avec l'histoire".

Au contraire de ce que l'on voit souvent dans les films et séries policières, il vaut mieux pour un coupable de passer par la case prison que celle de l'asile psychiatrique, la première ayant généralement une date de fin au contraire de la seconde.

Paul Colize a rencontré l'auteur des fresques polémiques

À la fin du roman, Paul Colize offre quelques clichés inédits de la réalisation de la fresque qui a inspiré son roman et la couverture de celui-ci, ainsi qu'une interview de l'auteur réel de cette fresque qui avait fait polémique. 

Celui-ci n'a pourtant jamais été interpellé et retrouvé par la police. Paul Colize explique comment il est parvenu à rencontrer le graffeur. "Je me suis approché d'un graffeur en le questionnant sur la façon dont ils réalisent une fresque car je ne connaissais rien pour qu'il m'explique les techniques, comment ils font. Je l'ai rencontré deux-trois fois et chaque fois je lui disais : 'Celui qui a fait cela c'est extraordinaire' et finalement il m'a répondu : 'Mais je le connais parce que chez nous tout le monde se connait dans le milieu'" dévoile-t-il. À la troisième rencontre Paul a demandé à ce graffeur s'il pouvait rencontrer l'auteur de la fresque en question, ce que le principal intéressé à accepté.

Avec Barbara Abel, Paul Colize est l'un de nos auteurs de polars les plus lus. Soutenez nos artistes et lisez du belge cet été !

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