Le 8/9

Du lundi au vendredi de 08:00 à 09:00 sur Vivacité

Plus d'infos

Midam, auteur de Game Over : "C'est une BD que les enfants veulent bien lire"

L'auteur et dessinateur belge Midam était l'invité du 8/9 pour le tome 19 de Game Over, Beauty Trap, sorti depuis le 21 août. Il est revenu sur la genèse de cette série et a dévoilé les coulisses de sa conception.

Un petit héros maladroit, une princesse stupide et hystérique, des Blorks laids, cruels et vicieux : c'est ça Game Over !

Le pauvre petit héros déploie toutes ses forces pour sauver sa princesse. Mais avec les Blorks et leurs pièges, c'est difficile pour lui de trouver la sortie ! Sera-t-il assez rusé pour se sortir de là ?

Dans ce nouveau tome, Midam nous régale de gags muets et gore mais c'est ce qui fait le charme de Game Over.

L'art de la BD humoristique muette

Vos enfants ou petits-enfants doivent certainement avoir déjà lu un tome de Game Over de Midam. Cette bande dessinée humoristique met en scène les aventures du petit barbare, l'avatar du jeu vidéo préféré de Kid Paddle, autre personnage qu'il a créé au milieu des années 1990.

S'il existe déjà 15 tomes de Kid Paddle, le dessinateur sort ici un 19ème de Game Over, avec une particularité pour cette dernière, toute cette série est sans dialogue, un travail pourtant difficile à réaliser dans l'univers du 9ème art. "C'est une adéquation de gags à trouver à chaque page. Ce n'est pas facile parce que bien souvent dans une bande dessinée normale comme Kid Paddle par exemple, on peut rebondir sur une blague un chouette texte ou un bon dialogue. Avec Game Over, on ne peut pas se rattraper (là-dessus)" déclare Midam.

Trouver un gag, sans dialogue et après plusieurs tomes exige une imagination débordante. C'est pourquoi le dessinateur se fait aider par d'autres auteurs. "Des gags j'en ai fait des centaines et à un moment j'ai pensé que le plus important c'est que ce ne soit pas moi qui réalise le gag, mais que l'on pose un bon gag quel que soit le moyen. C'est pour cette raison que j'ai trouvé une équipe, ce sont plusieurs centaines de personnes parce que n'importe qui peut m'envoyer un gag. Je reçois des blagues que je dois bien souvent retravailler mais c'est une bonne base. Cela peut provenir d'un enfant de 8 ans ou d'un mathématicien de 75 ans ou de scénaristes professionnels" informe-t-il. 

Vous pouvez vous aussi contribuer au prochain album de Game Over en fournissant un gag par écrit ou par dessin à gameoverforever.com pour une rémunération allant jusqu'à 400 euros.

La création de Game Over

Midam révèle aussi qu'entre ses deux séries il préfère Kid Paddle : "C'est beaucoup plus riche parce qu'il y a du dialogue, c'est plus complet et nourrissant".


►►► À lire aussi : Sortie d'une première biographie sur Angèle : "Dans dix ans on parlera encore d'elle"


L'auteur dévoile d'ailleurs la genèse de la série Game Over, née en 2003, soit sept ans après la sortie du premier tome de Kid Paddle. "J'avais au départ créé le personnage du petit barbare et la série est devenue une vraie série uniquement parce qu'il y avait un magazine qui s'appelle Kid Paddle et je faisais une planche de Kid par semaine : cela ne remplissait pas le magazine et j'ai pensée que l'on pourrait créer un spin-off : Game Over. On a donc doublé la série mais on croyait que jamais cela ne marcherait car c'est du muet. En fin de compte, l'éditeur, extrêmement prudent pour le premier me dit : 'Je veux bien te le faire par cadeau, mais je ne suis vraiment pas sûr que cela fonctionne car c'est quand même muet et il n'y a rien qui fonctionne là-dedans en BD'. Et puis cela a fait un carton" raconte Midam.

Un succès auprès des jeunes

La recette d'un tel succès, outre les gags, c'est sûrement ce fil rouge de sa bande dessinée : cet éternel recommencement d'une partie d'un même jeu vidéo. Et cette recette n'est pas prête de s'arrêter pour le dessinateur :

C'est un petit peu une allégorie de la vie : on sait tous que cela va très mal se terminer mais on ne sait pas quand ni comment. Il ne peut pas gagner.

Il compare ce succès à celui des personnages de Warner, Bip Bip et Coyote : "Coyote ne peut pas attraper Bip Bip sinon ce serait la fin de la série. Il faut nourrir la frustration du lecteur, c'est ce qui fait le moteur du gag".

Aujourd'hui, Game Over, serait l'une des BD muettes les plus vendues, un succès qui a étonné le principal intéressé mais qui s'explique vraisemblablement dans la transition vers la lecture à l'enfance.

C'est un produit que les enfants veulent bien lire.

Il poursuit : "Ils ne veulent pas lire de livre mais commencer par quelque chose d'imagé. Les parents me disent donc merci parce que c'est un marche pied pour la suite : après ce sera des BD avec du texte et puis des bouquins".

Bientôt un engouement international ?

Pour autant, au grand désarroi de Midam, Game Over n'est édité que dans quelques pays francophones et néerlandophones, alors que l'une des forces de cette bande dessinée est qu'elle ne nécessite quasiment aucun travail de traduction. "C'est mon espoir depuis 20 ans : je pleure chez mon éditeur pour leur dire : 'Vous êtes assis sur une bombe, vous pouvez le diffuser partout dans le monde, sans frais'. Kid Paddle est diffusé dans 15 pays et Game Over ils le traduisent juste en néerlandais" déplore le dessinateur.

Mais une chose est sûre, outre ce 19ème Game Over, avec un nouveau tome de Kid Paddle qui sort lui le 4 novembre et une exposition sur son travail qui débute fin septembre au Centre belge de la Bande Dessinée, pour lui, a contrario de son personnage du petit barbare, la partie est loin d'être terminée.

Du lundi au vendredi, retrouvez l'invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c'est par ici.

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK