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Jul sur le dernier Lucky Luke : "C’est une petite révolution"

Le dessinateur et auteur Jul était l’invité du 8/9 pour présenter sa nouvelle BD de Lucky Lucke : Un cow-boy dans le coton, sortie le 23 octobre, et le tome 9 de Silex and the City : La dérive des confinements.

Dans cette nouvelle aventure, Lucky Luke hérite d’une plantation de coton en Louisiane et doit se battre pour redistribuer son héritage aux fermiers noirs.

Contre toute attente, dans cette lutte contre les puissants de la région et contre la ségrégation raciale, Lucky Luke recevra l’aide des Daltons. Pourtant, ces derniers étaient d’abord venus dans le but de l’éliminer. Il sera aussi épaulé par les Cajuns du bayou, ces Blancs laissés-pour-compte de la prospérité du Sud et par Bass Reeves, premier marshall noir des États-Unis. Lucky Luke arrivera-t-il à rétablir la justice ?

Outre Lucky Luke, Jul est aussi l’auteur de Silex and the City et vient de sortir le tome 9 : La dérive des confinements dans lequel des habitants, les Dotcom, doivent faire face à un nouveau virus très dangereux : le Lascauvid-19.

Lucky Luke confronté pour la première fois au racisme

C’est avec ce 123ème tome de Lucky Luke que le célèbre cow-boy qui tire plus vite que son nombre met les pieds pour la première fois en Louisiane, l’occasion de le confronter à un nouveau problème qui a pourtant rythmé l’histoire des États-Unis.

"C’est une aventure dans le Sud avec ces grands beaux paysages du Sud, des plantations de coton, les marécages un peu majestueux, et surtout c’est l’occasion pour Lucky Luke, dans ces états du Sud, de découvrir la civilisation de l’esclavage. Lui, il est habitué aux cactus et canyons du Far West et ce sera une espèce de choc politique pour parce qu’il n’avait jamais réfléchi à cette question des noirs" résume Jul, le nouvel auteur de la série à succès inventée par le Belge Morris.

Jul remarque d’ailleurs que ni lui ni aucun auteur de "la bande dessinée franco-belge en général n’a jamais mis en scène vraiment cette thématique dans les grandes bandes dessinées d’humour pour tout le monde". "C’est donc une petite révolution" lance-t-il.

L’histoire se déroule après la Guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage. La tentative de distribution des plantations de cotons aux Afro-Américains ne sera pas simple pour Lucky Luke qui peut compter sur le soutien du shérif Bass Reeves et… des Dalton. "En poursuivant Lucky Luke, malgré eux, ils se retrouvent à l’épauler contre des gens qui sont bien plus méchants qu’un Joe Dalton : évidemment le Ku Klux Klan" révèle l’auteur français.

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© Joel Saget / AFP

Faire rire mais éviter tout acte discriminant

Jul, le dessinateur Achdé, le coloriste Mel et la maison d’édition ont pris leurs précautions pour réaliser Lucky Luke : Un cow-boy dans le coton.


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"Il fallait à la fois être fidèle sur cette histoire qui est quand même tragique, cette histoire des noirs. Pourquoi on n’en parlait pas dans Lucky Luke ? Parce que c’est difficile de rester une comédie qui marche avec les enfants, sans édulcorer, sans mentir sur toute cette violence et cette injustice qu’il y avait à l’époque et qui a duré jusqu’à aujourd’hui […] En même temps, il fallait qu’on reste vraiment dans la tradition de Lucky Luke où on rigole et où c’est tout public" pointe d’abord Jul.

Difficile également de solutionner le racisme par le seul Lucky Luke, tant cette ségrégation a été omniprésente dans l’Histoire. "Quand je raconte un Lucky Luke le canevas normal c’est il y a un problème quelque part, Lucky Luke arrive et il règle tout et puis il repart vers le soleil couchant" constate Jul. Celui-ci ne fonctionnait pas avec le racisme qui est encore présent aujourd’hui dans nos sociétés, mais il fallait toute de même un happy end à ce tome. L’équipe a alors retourné le problème : Lucky Luke est aidé par d’autres personnages.

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© Georges Gobet / AFP

Caricaturer sans tomber dans le stéréotype

Le dessin a dû être aussi bien réfléchi. "Il y a une tradition de caricature raciste pour représenter les noirs dans la culture populaire : on l’a vu au cinéma, sur les scènes des théâtres et bien sûr en dessin. Nous nous voulions à la fois continuer à être dans cette tradition franco-belge de caricature : un Lucky Luke ce sont des personnages avec des gueules pas possibles, mais on ne voulait pas être dans le stéréotype" souligne l’auteur. Au final, les personnages afro-américains sont caricaturés mais pas selon leur communauté : "Il y a ceux qui sont plus vieux, ceux qui sont plus jeunes, en fonction de leur tempérament, ils ont telle tête […] Je pense que c’est pour cela qu’aujourd’hui c’est si bien reçu par tout le monde".

Les hommes préhistoriques, inventeurs du confinement

Lucky Luke : Un cow-boy dans le coton n’est pas la seule nouvelle bande dessinée que sort Jul cet automne 2020. Il y a aussi le tome 9 de Silex and the City.

"Cela parle de notre époque mais vu par le paléolithique, 40.000 ans avant Jésus-Christ" explique celui qui en est à la fois le scénariste et dessinateur. Le titre de ce nouvel album, La dérive des confinements, n’a rien du hasard. "Je l’ai écrit pendant le premier confinement, pendant l’été. On racontait un peu toute la folie qui s’était emparée de nous avec ce virus dans le monde entier est là on comprend tout, c’est un peu un manuel de survie parce qu’en fin de compte les hommes préhistoriques au fond de leur caverne ce sont eux qui ont inventé le confinement" résume-t-il.

Découvrez sans tarder ces nouvelles bandes dessinées signées Jul, et pas d’excuses, les librairies en Belgique restent ouvertes.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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