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Joël Dicker : "Celui qui décide dans un livre ce n'est pas l'auteur, c'est le lecteur"

Joël Dicker était l'invité confiné du 8/9 ce 8 juin pour son nouveau livre L'énigme de la chambre 622, un roman dont l'histoire se déroule dans le pays d'origine de l'auteur et dans laquelle le héros porte le même prénom que lui.

Une nuit de décembre, la chambre 622 du Palace de Verbier en Suisse est le théâtre d'un meurtre. Le coupable échappe à la police.

Des années plus tard, un écrivain, Joël, passe ses vacances dans le Palace et se retrouve malgré lui plongé dans cette affaire.

Dans ce nouveau roman sorti le 27 mai dernier, Joël Dicker donne son propre nom au héros. Il rend aussi hommage à l'éditeur qui a cru en lui, Bernard de Fallois. Une confiance qui a permis à son livre La Vérité sur l'affaire d'Harry Quebert de devenir un best-seller.

Une histoire suisse

C'est le premier roman de Joël Dicker dont l'intrigue se déroule dans son pays d'origine. L'auteur explique ce choix : "Mes précédents romans se passaient aux États-Unis. Je suis Suisse, je suis né en Suisse, j'habite en Suisse, et parfois les Suisses me disaient : 'Tu es édité en France et tes romans se passent aux États-Unis'. Les gens en Suisse avaient un peu de la peine à voir où était mon identité".

L'écrivain s'est donc attaché dans ce livre à montrer son attachement à sa patrie, aux lecteurs dans le monde entier.

L'énigme de la chambre 622 devait déjà sortir au début du confinement, le 25 mars. Le livre était donc prêt mais la parution a été retardée, une situation qui peut s'avérer difficile à vivre pour l'auteur au niveau du déroulement de son histoire, ne sachant pas si le public appréciera et ne pouvant pourtant plus rien changer à l'intrigue. "J'ai passé deux mois à me dire qu'est-ce que j'aurais pu écrire d'autre" déclare-t-il.

Un héros qui s'appelle Joël, mais qui n'est pas l'auteur

Outre le lieu, le personnage principal est différent de celui que l'on retrouve généralement chez Joël Dicker. Le héros se prénomme donc... Joël. Mais il ne s'agit pas pour autant de l'écrivain lui-même assure l'auteur. "Ce n'est pas moi. C'était un jeu" affirme-t-il.

Il développe : "Dans mon roman La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, le héros s'appelle Marcus Goldman et depuis 10 ans les gens me disent : 'Marcus c'est toi'. Je réponds : 'Non Marcus à New York ce n'est pas Joël en Suisse'. Et les gens me disent : 'Mais non je suis sûr que c'est toi'".

Cela m'a permis de me rendre compte que celui qui décide dans un livre ce n'est pas l'auteur, c'est le lecteur.

Il poursuit : "C'est lui qui décide qui fait quoi et comment sont les personnages et les décors. Cela m'a donc amusé de mettre un personnage qui s'appelle Joël et qui n'est pas moi, pour mettre en lumière ce rôle que le lecteur a et dire au lecteur qu'il décide lui. Vous pouvez passer dix pages à décrire un personnage avec tous les détails possibles et inimaginables avec son corps, ses vêtements, absolument tout, si le lecteur, quand il lit ces pages, il imagine autrement, différemment, vous êtes foutus".

La tendance d'expliquer le rôle de l'écrivain

Parmi les derniers romans sortis, on retrouve souvent cette tendance à parler des écrivains et de leur métier.

Michel Bussi a notamment développé son dernier livre autour de ce métier, tout comme Guillaume Musso.

Cette thématique n'est pourtant pas neuve chez Joël Dicker : "C'est un sujet qui me préoccupe depuis presque dix ans. Harry Québert était le début pour moi de cette question de l'identité. Quand ce roman est sorti, j'avais 27 ans, c'était mon deuxième livre, j'écrivais depuis dix ans mais je me sentais écrivain que depuis quelques mois, depuis l'apparition de mon premier livre. J'avais cette question : 'Qu'est-ce qu'un écrivain, que fait-il ?' C'est un métier qui ne répond pas à des études voire à un cursus. C'est quelque chose que vous apprenez sur le tard et où souvent cette sensation d'être un écrivain est définie par les autres qui vous le disent. C'est pour cette raison que pour moi il y avait cette nécessité toujours actuelle de se demander qui sont les écrivains, comment le devient-on, quel est ce rapport à l'écriture et au genre".

C'est donc le quatrième livre dans lequel Joël Dicker se pose cette question. "Je pense que j'arrive un peu au bout parce que j'ai grandi aussi, je fais d'autres choses maintenant et j'ai pris un peu d'assurance dans cette identité" estime-t-il.

Joël Dicker écrit sans aucun plan

Joël Dicker se confie également sur sa manière de travailler ses romans. Lorsqu'il écrit, il travaille sans aucun plan, comme s'il découvrait l'histoire en même temps que le lecteur. "Pour moi, c'est le meilleur moyen de savoir si j'ai du plaisir dans ce que je fais, si le livre me plait et aussi de garder une liberté. J'ai l'impression que si j'avais un plan dans lequel j'avais début, milieu et fin, je me briderais un peu; je m'empêcherais d'aller plus loin et de faire d'autres choses que ce que je voulais faire" dévoile l'auteur suisse.

Cette technique d'écriture permet également à l'écrivain d'apporter plus de suspense à son histoire. "Puisque je n'ai pas de plan quand je finis un chapitre, et donc je n'ai aucune idée de ce qu'il va se passer en général, je mets une suspension dans l'histoire, c'est-à-dire que j'écris 'Et là, il ouvre la porte', et puis c'est l'heure pour moi de manger ou de faire autre chose et j'en reste à cette fin. Cela me permet aussi quand je ne suis pas occupé avec le roman, de réfléchir à ce qu'il se passe, de garder cet esprit en alerte pour essayer de savoir ce que j'ai envie d'écrire dans le chapitre suivant et dans le reste du livre" raconte encore Joël.

Outre la sortie de son nouveau roman L'énigme de la chambre 622, d'autres projets de Joël Dicker pourraient voir le jour prochainement comme une adaptation au cinéma ou en série télévisée de l'un de ses livres comme cela a déjà été le cas pour La Vérité sur l'affaire d'Harry Quebert.

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