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Joachim Gérard après son sacre à l’Open d’Australie : "J’irai pour la médaille d’or aux Jeux"

Joachim Gérard était l’invité du 8/9 suite à son titre lors de l’édition 2021 de l’Open d’Australie. Il est revenu sur les éléments qui ont mené à sa victoire, l’encadrement du tennis-fauteuil en Belgique et a fait part de ses ambitions pour les Jeux Paralympiques.

À 32 ans, Joachim Gérard a gagné l’Open de tennis d’Australie en fauteuil, en battant Alfie Hewett. Il tient désormais son premier titre en Grand Chelem, un rêve qu’il ambitionnait depuis des années.

Le Brabançon vient donc de gagner l’un des plus beaux trophées de sa carrière. Il avait déjà remporté quatre Masters, et une médaille de bronze aux Jeux Paralympiques à Rio.

Le cri de victoire sur le dernier point

La joie et la délivrance ont animé Joachim Gérard après avoir conclu sa septième balle de match pour terminer la partie sur le score de 6-0/4-6/6-4 face à son adversaire britannique. Le cri de victoire un brin vulgaire mais ô combien libérateur a en effet été lâché par le tennisman belge qu’il ne regrette pas. "C’était naturel et même pas voulu, je ne l’ai même pas remarqué tout de suite. C’est plus tard quand on m’a posé la question sur ce que j’avais dit […] mais cela fait plaisir, et c’est aussi l’expression de mes sentiments, du soulagement, et enfin du travail accompli" souffle-t-il.


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Joachim commente d’ailleurs sa façon d’aborder la balle de match décisive pour remporter son premier titre en Grand Chelem : "J’essaie de ne pas y penser. On joue tous les points et quand cette balle sera out on réfléchira à l’émotion que l’on pourrait dégager".

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© Patrick Hamilton / Belga

Le manque de public et d’infrastructures pour le tennis-fauteuil

L’édition sans public de l’Australian Open de tennis-fauteuil n’a pas déconcentré son nouveau vainqueur dans sa conquête du titre. "On a aussi cette habitude de ne pas avoir de public, on ne va pas le cacher. Quand on est en tournoi uniquement de joueurs de tennis en fauteuil, il n’y a pas grand monde qui vient nous voir. Il y a des exceptions évidemment, mais quand on est en tournoi, c’est assez rare qu’il y ait beaucoup de public" confie Joachim Gérard.

Il espère également que son sacre attirera davantage la lumière sur ce sport pour personnes à mobilité réduite, qui reste malheureusement moins médiatisé que les tournois du circuit WTA et ATP. Les joueurs en fauteuil peuvent déjà compter sur le soutien et le large public lors du tournoi international à Géronsart. "Il y a toujours beaucoup de monde qui vient voir ce tournoi très réputé, le plus grand tournoi international en Belgique. […] C’est quelque chose de très rare donc pourquoi pas augmenter le nombre de spectateurs chaque année" se réjouit-il.
 
En plus du manque de public, le tennisman pointe les infrastructures parfois inadaptées pour accueillir un tel sport dans les clubs de tennis du plat pays. "On a eu un boom du tennis dans les années 80 : la mode à ce moment c’était d’avoir le club house en hauteur et les terrains en contrebas pour pouvoir regarder mais donc la plupart des clubs ne sont pas adaptés pour les PMR. Avec le temps il y a eu des adaptations ou les nouveaux clubs ont été construits à hauteur du sol donc maintenant cela commence à être mieux mais c’est une question de temps" observe-t-il.
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© Patrick Hamilton / Belga

À Tokyo pour la médaille d’or

Ce premier sacre en Grand Chelem est l’aboutissement de nombreuses années de travail pour Joachim Gérard. Lui qui commence à manier la raquette à l’âge de 12 ans décide de passer professionnel après avoir atteint le podium du championnat du monde par équipes avec son ami Mike Denayer. 15 ans plus tard, le voilà désormais auréolé d’un titre à l’Australian Open après avoir été deux fois finaliste en Grand Chelem, cumulé une trentaine de titres en double et près de trente en simple.

L’étape suivante ce sont désormais les Jeux Paralympiques de 2021 à Tokyo, même si le doute subsiste sur la tenue de l’événement. "Il y a quand même beaucoup d’argent en jeu. J’ai un doute sur le déroulement même si je pense que ce sera organisé et si ça l’est, j’irai pour la médaille d’or. J’ai fait bronze à Rio et mon objectif c’est de faire encore mieux" lance le nouveau vainqueur de l’Open d’Australie en tennis fauteuil, qui affectionne toutes les surfaces.
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© Patrick Hamilton / Belga

La victoire du travail et du mental

Le travail paie et passe donc par les entraînements. Joachim Gérard en lève un coin du voile : il s’entraîne ainsi beaucoup en salle d’hypoxie à Louvain-la-Neuve. Cette salle a la particularité de simuler le manque d’oxygène, pour reproduire les conditions d’un terrain d’entraînement en altitude. On peut aussi régler la température. Pour se préparer pour le premier Grand Chelem de cette saison 2021, le Brabançon a donc travaillé en acclimatation avec une température oscillant entre 30 et 40 degrés.

De manière générale, la journée type de Joachim Gérard tourne sur 3 à 6 heures d’entraînement par jour selon la période. "Cela passe à 1h30 à 3h de tennis et 1h30 à 3h de musculation physique sur le terrain en plus" détaille-t-il, tout en remerciant l’équipe qui l’entoure pour accomplir ses exploits sur les courts : "Même si on est tout seul sur le terrain derrière il y a toute une équipe qui est là pour m’encourager et me permet de pratiquer mon sport comme métier".

S’il y a bien un détail qui a fait la différence dans sa victoire en Australie face à Alfie Hewett, alors que le Britannique avait battu le belge en finale à Roland-Garros l’an dernier, c’est le mental"C’est là que j’ai fait une grande progression et qui me permet de soulever ce trophée il y a quelques jours parce qu’il y a un an au niveau mental, c’est déjà quelque chose de bien, mais pas au niveau auquel je suis aujourd’hui" confie-t-il. Plus qu’à espérer que ce mental l’accompagne pour encore de nombreux tournois sur les courts et pourquoi pas remporter d’autres tournois du Grand Chelem.
 
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