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Jean Van Hamme signe le dernier Blake et Mortimer dans lequel il tente "de désacraliser les personnages"

Jean Van Hamme était l’invité du 8/9 pour présenter la nouvelle BD de Blake et Mortimer : Le Dernier Espadon. Le scénariste de 82 ans a évoqué son travail et sa méthode pour coller de près à l’écriture du père fondateur de la série.

La série Blake et Mortimer fête ses 75 ans avec la sortie de son 28ème tome : Le Dernier Espadon.

Jean Van Hamme est le premier scénariste à avoir repris les célèbres aventures de Blake et Mortimer avec L’Affaire Francis Blake. Aujourd’hui, il offre une suite à l’album Le Secret de l’Espadon.

En Angleterre, le major Rupert Humbletweed roule en direction de l’aéroport militaire d’Hasley, chargé d’une mission secrète pour le gouvernement britannique.

Pendant ce temps-là à Londres, Blake et Mortimer partagent un dîner au Centaur Club. Le capitaine Blake lui confie une opération de la plus haute importance : se rendre au Pakistan pour modifier le code d’activation des Espadons stockés dans la base de Makran. En même temps, l’Angleterre serait victime d’un complot…

L’histoire de l’Espadon

Les fans de la première heure de Blake et Mortimer l’auront incontestablement repéré : ce nouveau tome fait écho au Secret de l’Espadon, la première BD du célèbre duo créé par Edgar P. Jacobs, sortie en 1946 dans Le Journal de Tintin.

La boucle est bouclée mais avec un regard différent offert par Jean Van Hamme : "On profite des 75 ans de Blake et Mortimer pour parler de cet album dans lequel je m’efforce de désacraliser les deux personnages. J’en avais ras-le-bol : depuis 75 ans, chaque fois qu’on croisait Mortimer on parlait du 'célèbre inventeur de l’Espadon'. Est-ce que l’on dirait cela pour l’inventeur de la bombe H ? Dans ce tome, il y a donc Blake qui lui demande : 'Philip, êtes-vous vraiment fier d’avoir créé un engin capable de détruire une ville en une demi-heure ?' Mortimer avoue alors qu’il a déjà du mal à avaler le rosbeef trop cuit qui figure au menu de son club et répond : 'J’ai besoin de deux whiskys pour m’en remettre mais vous avez raison'".

Dans Le Dernier Espadon, les 5 chasseurs bombardiers destructeurs doivent être rapatriés depuis leur base secrète située au Pakistan. Mais l’IRA, qui a sympathisé avec certains Nazis, compte s’emparer de ces armes destructrices. "Ils avaient déjà essayé de faire sauter Buckingham Palace, pour marquer l’esprit. Au lieu d’introduire des bombes dans le Palais, on va se servir d’un Espadon. Mais la seule chose qui pourrait en contrer un, c’est un autre Espadon".

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Adopter le style Jacobs

Jean Van Hamme tente de coller le plus à la vision scénaristique du père historique de Blake et Mortimer. Il est d’ailleurs le premier auteur à avoir repris la célèbre bande dessinée après le décès d’Edgar P. Jacobs. Le Dernier Espadon est le 5e tome qu'il signe pour la série.

En vrai Jacobsien, l’auteur belge, père de Thorgal, XIII et Largo Winch, adopte son style d’écriture. "Je prends ses tics. Il avait une naïveté dans les scénarios et une absence totale d’explications quand on n’a pas envie d’expliquer. Pour cela, il est formidable. Il avait un deuxième tic : il s’associe au lecteur. Au moment où Olrik déguisé en major, comme d’habitude, retire ses postiches, le texte dit : 'Et nous découvrons avec surprise qu’il s’agissait de l’infâme Olrik'. C’est typiquement Jacobsien d’associer le lecteur à l’histoire" analyse-t-il.

Un exemple de l’absence d’explications exploitée par le père de Thomas Van Hamme ? Dans La Malédiction des trente deniers, Mortimer était poursuivi par un homme dans les escaliers en pyjama. Il lance sa pantoufle sur le bandit qui s’écroule comme si un tel objet pouvait faire autant de dégâts.

Comment bien scénariser un "Blake et Mortimer"

De manière plus pragmatique, Jean Van Hamme révèle sa méthode de travail sur un scénario d’un Blake et Mortimer.

"Je fais des brouillons, du découpage pour essayer d’alterner les paroles avec de l’action et surtout, je vais jusqu’au bout" résume-t-il. "Il y a énormément de scénaristes qui envoient 4 ou 5 pages (ce qui peut poser problème). Tibet me racontait que sur un scénario de Dûchateau (NDLR : le dessinateur et l’auteur de Ric Hochet) à la page 35 il est noté : 'Et il dévisse sa jambe de bois pour assommer'. Tibet se demande 'Quelle jambe de bois ? Cela fait 35 pages que je dessine le bonhomme, il n’en a pas'. C’est le genre de problème qui ne peut pas m’arriver : car j’arrive à la page 40 et j’ai une bonne idée mais pour cela je dois changer la page 15".

Jean Van Hamme préfère donc transmettre un scénario complet et cohérent avant que le dessinateur ne s’en empare, une méthode qui lui a donné raison selon lui car "le directeur éditorial a exigé de tous les scénaristes de Blake et Mortimer qu’ils fassent une histoire complète".

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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