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Jean-François Maljean, le pianiste verviétois star en Asie, joue "Chime of the dawn bells" en live

Le pianiste Jean-François Maljean était l’invité du 8/9 pour présenter son nouvel album Living Together. Il est revenu sur la création d’une chanson en hommage aux habitants de Wuhan, qu’il a jouée en live dans l’émission.

Pianiste verviétois, il a longtemps travaillé avec Pierre Rapsat avant de développer sa carrière aux quatre coins du monde.

Jean-François Maljean connaît surtout un succès fou en Asie où il enchaîne les concerts à guichets fermés et les apparitions en radio et en télé.

En février 2020, il sort d’ailleurs une chanson en duo avec sa fille Noémie, en soutien à la ville de Wuhan, durement touchée par la Covid-19 : Chime of the dawn bells.

Dans Le 8/9, il vous a présenté son nouvel album, Living Together dont le titre Après la pluie est le 1er extrait.

Le succès en Asie

Jean-François Maljean, c’est plus d’une quinzaine d’albums et des centaines de millions d’écoutes à travers le monde, et particulièrement en Chine. La carrière du pianiste explose fin des années 1990 en Asie lorsque ses albums s’exportent sur ce continent, alors qu’en Belgique, sa musique ne plaisait qu’à un public de niche.


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"Mon éditeur André D’Anjou, qui vient de nous quitter, a été très important dans ma carrière. Il est parti un jour au Midem (NDLR : le Marché international du disque et de l’édition musicale à Cannes, rassemblant les professionnels de la musique) avec mes CD et était tombé sur des Taiwanais. Je n’avais jamais été en Asie de ma vie. […] Un jour il m’a dit : 'Tu sais on a vendu beaucoup de disques'" raconte-t-il. "Je suis parti à Taiwan. Il y avait 2000 à 3000 personnes dans les salles alors que je sortais des pianos bar à Bruxelles. Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à creuser. J’ai pris mon petit baluchon et je suis parti en 2003 à Shangaï découvrir la Chine continentale tout seul. J’ai rencontré un manager qui m’a bien arnaqué au début mais cela m’a fait démarrer".

Quand un spectateur lui a demandé d’arrêter la musique

L’accueil en Belgique n’a pas été aussi chaleureux pour Jean-François Maljean. Le pianiste verviétois était d’ailleurs au plus mal avant de découvrir l’eldorado chinois.

Lorsqu’il jouait dans un piano-bar à l’Hôtel Métropole à Bruxelles, un homme lui propose même de l’argent pour… arrêter de jouer. "Je m’emmerdais. Je jouais pendant 3 heures pour 50 balles à l’époque. On me demandait souvent de jouer de belles chansons comme My Way et je jouais mes propres chansons. Un homme sort du restaurant, un Américain, il me dit : 'Mec tu me gonfles, arrête de jouer, ma femme a un mal de tête'. J’étais dans une période difficile, avec divorce et tout le bazar et je me suis demandé 'stop ou encore' et c’est là que l’Asie est arrivée. Je ne m’y attendais pas. Comme dans la vie, on rêve de tomber sur une jolie fille, malheureusement cela n’arrive pas et un jour, elle arrive devant vous et cela se passe. La Chine c’était ça : on a eu une histoire d’amour" se souvient-il.

Son hymne de résistance au covid pour la Chine

Et les liens sont encore plus resserrés avec la Chine depuis l’album Living Together et le morceau Chime of the dawn bells livré en hommage aux habitants et personnel soignant de Wuhan. La vidéo aurait été vue plus de 700 millions de fois sur les plateformes chinoises.

Il retrace la genèse de cette chanson emblématique de l’année 2020 pour ce pays considéré comme premier foyer de l’épidémie de covid-19 : "C’est une chanson écrite au début du confinement à Wuhan. Mon manager est de là-bas, c’est tout un ensemble de choses qui se sont mises en route. Je devais y aller en février. Il m’a proposé de faire une chanson. J’ai dit : 'Pas ça, je ne veux pas être opportuniste'. Finalement il m’a convaincu, j’ai parlé à des médecins et le lendemain de la sortie c’était la folie, on m’appelait de partout dans les médias chinois, c’est devenu un hymne de résistance au covid".

Ce titre est même une chanson familiale puisque c’est la fille de Jean-François Maljean, Noémie, qui y pose sa voix délicate. Le pianiste a interprété cet hymne en live dans Le 8/9, tout en chantant puisque sa fille n’était pas présente, diffusant quelques notes d’espoir pour le futur.

Représentant pour le must des pianos

Il a par contre dû se résoudre à jouer sur un clavier plus étroit que son traditionnel Steinway, la Rolls' Royce des pianos à queue. "J’ai eu de la chance de devenir artiste pianiste pour Steinway. Je représente ces pianos grâce en partie à l’Asie parce qu’ils se vendent beaucoup plus là-bas qu’ici, il y a un engouement. C’est vraiment mon bébé, j’ai du mal à m’en séparer" a-t-il concédé.

Preuve encore de son immense succès en 2021, Jean-François Maljean a été invité par l’ONU pour célébrer la Journée de la langue chinoise et composer le thème de ce festival en version numérique. Décidément, après Maurane ou Jacques Stotzem, Verviers semble fonctionner comme un réel vivier de talents musicaux hors pair. Et la bienveillance et l’esprit rassembleur du pianiste de 68 ans sur Living Together fait aussi penser à l’artiste qu’il a accompagné au début de sa carrière et qui nous a quittés il y a presque 20 ans dans cette même ville de Verviers, Pierre Rapsat.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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