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Jacques Mercier : "Ma voix n'était pas du tout radiophonique à l'époque"

Jacques Mercier était l'invité confiné du 8/9 pour évoquer son livre Mes drôles de vies qui relate sa carrière de plus de 50 ans dans les médias tant d'un point de vue professionnel que privé.

Le parcours professionnel de Jacques Mercier démarre dans les années 50.

Radio, télévision (principalement à la RTBF), théâtre, écriture... Au cours de plusieurs décennies, Jacques Mercier a croisé de nombreux artistes, chanteurs, cinéastes, acteurs... Sa drôle de vie est remplie de rencontres, de déceptions et de fous rires, une vie qu'il n'aurait jamais osé rêver et qu'il nous raconte aujourd'hui !

"Au départ c'était pour raconter ma vie à mes enfants"

Jacques Mercier révèle la genèse de ce projet : "Au départ c'était pour raconter ma vie à mes enfants et petits-enfants. On ne fait jamais cela. Les parents en général ne disent pas 'quand j'avais 15 ans j'ai fait telle bêtise, quand j'avais 18 ans j'avais envie d'être pompier et mes parents n'ont pas voulu' par exemple. Puis je trouvais aussi intéressant d'avoir un regard d'aujourd'hui sur tout ce que j'avais fait tant que je me sentais encore jeune".

Il ajoute : "C'était intéressant mais aussi très épuisant émotionnellement puisque je tenais à revivre de l'intérieur tous les bons mais aussi les mauvais côtés. Il y a donc un côté où je me retrouvais épuisé, en âge mais c'était un voyage fabuleux, j'ai beaucoup ri en le réécrivant, j'espère qu'en le lisant ce sera la même chose parce qu'il s'est passé beaucoup de gags".

De nombreuses anecdotes sur l'évolution des médias en Belgique

Jacques Mercier c'est plus de 50 ans de carrière dans les médias. Il a donc vécu les années d'or de la RTBF notamment tout comme les grandes mutations dans l'univers médiatique. Il raconte : "Je commence dans les années 50. Moi à la maison il y avait encore un poste à galène (NDLR : récepteur à cristal inventé début du 20ème siècle pour capter les ondes radioélectriques) c'était inouï. Effectivement quand je suis rentré à la RTB en 1963, la radio était encore le plus grand média, on faisait des succès qui dépassaient de loin la télé. Puis j'ai suivi le noir et blanc, la couleur. Il y a eu une évolution qui ne s'est pas accentuée mais qui est tout à fait normale. On est passé par exemple dans la chanson du 78 tours au 45 tours au 33 tours. Cela changeait aussi les chansons qui pouvaient être plus longues".

L'ancien animateur livre également de nombreuses anecdotes, comme celle de l'organisation de concours à l'antenne, qui ont bien changé aujourd'hui : "En radio et en télé à l'époque on faisait écrire les gens quand il y avait un concours. Ils devaient attendre huit jours pour avoir un résultat".

Les micros étaient beaucoup plus larges également, ce qui n'a pas facilité l'adaptation vocale de Jacques : "Ma voix n'était pas du tout radiophonique à l'époque parce qu'elle ne passait pas bien dans ces gros micros. On prenait généralement des vrais comédiens pour animer".

Jacques Mercier se rappelle aussi des règles plus strictes imposées aux animateurs radio liées à la mentalité de l'époque : "On ne pouvait pas rire sur antenne comme vous le faites tous les matins longuement". Le fait d'avoir souri ou ri à un commentaire ou une situation avait pour conséquence de recevoir des appels indignés d'auditeurs s'offusquant que des personnes rient sur la radio nationale explique-t-il. Les injures étaient évidemment proscrites sous peine de renvoi immédiat. Il recevait également des appels... de professeurs de diction assurant qu'il ne parlait pas bien à l'antenne ! 

Les introductions des disques

Un autre changement qu'il raconte, celui de l'intervention d'un animateur sur l'introduction d'une chanson à l'antenne. "Cette pratique a commencé dans les émissions pour jeunes avec Claude Delacroix : Formule J, Jeunesse 66 etc. à la grande satisfaction des maisons de disque car évidemment jusque-là on pouvait encore enregistrer sur des gros magnétophones les morceaux mais on ne les achetait pas tandis que quand on a commencé à parler sur les introductions c'était un plaisir de les minuter. À l'époque on avait des chronos, on répétait avant dans son bureau pour tomber juste sur la première parole. On faisait des enchaînements, on y passait beaucoup de temps c'était une nouveauté incroyable" relate Jacques Mercier.

L'ancien animateur vedette se souvient également avec humour de sa mauvaise prononciation de l'anglais à l'antenne : "J'ai toujours très mal parlé anglais et comme je parlais mal anglais les auditeurs comprenaient le titre anglais alors que quand ils voyaient dans la vitrine de leur disquaire ils ne savaient pas du tout lequel c'était. Je me souviens du groupe Creedance Clearwater Revival. Phonétiquement on m'a expliqué comment le dire et quand j'ai pu le dire correctement, il n'avait plus de succès".

Vie privée et vie professionnelle

Dans Mes drôles de vies, Jacques Mercier revient à la fois sur son parcours professionnel mais également sur sa vie privée. 

Il déclare : "Le plus important dans la vie c'est l'amour donc toutes les formes d'amour sont la base de notre vie qu'elle soit professionnelle ou pas. On demande l'avis de sa femme ou de son mari quand on veut faire quelque chose d'important. Cela a commencé ainsi dès le départ. Par exemple, on m'a proposé d'aller travailler dans la littérature à paris quand j'avais 18-19 ans. J'avais déjà une petite amie et je n'ai pas voulu y aller parce que j'étais jaloux et que j'estimais que je ne pouvais pas la laisser en Belgique toute seule. Vous imaginez comme l'amour a une place importante dans tout ce que l'on fait".

Les années 1960 sonnent évidemment comme la révolution de la jeunesse avec l'adolescence et ses rites, le rock, la mode,... bref ses codes : "Toutes les générations ont des ados qui ont leurs codes, mais à l'époque, c'était la première fois".

Les codes de l'adolescence mélangés à ses premières expériences dans les médias dans les sixties ont eu pour résultat un cocktail détonnant : "Je découvrais le showbiz tel qu'on l'imagine avec les excès, les boissons, les sorties, les premières années Olympia dans un minibus où on buvait comme des trous. C'était magique. Ce qui n'est plus tout à fait vrai, c'est que l'on disait que tout était possible. On imaginait une émission. Un jour j'ai pensé à ce que l'on ferait pendant l'été : 'Si on faisait le tour de la méditerranée en radio'. Une heure plus tard, c'était d'accord : la Sabena nous offrait les billets, les offices de tourisme nous offraient un hôtel sur place qui nous accueillait en limousine, on allait dans les palaces. On partait le lundi, on enregistrait trois jours avec un ingénieur du son, on revenait le vendredi on faisait un petit montage, et le dimanche soir cela passait en direct comme des petites cartes postales" se remémore-t-il avec un brin de nostalgie.

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