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Denis Brogniart livre un récit saisissant sur la violence et la détresse psychologique d'un militaire

Denis Brogniart était l’invité du 8/9 pour évoquer son premier livre, Un soldat presque exemplaire, qui retrace l’errance psychologique d’un militaire due aux atrocités de la guerre, qui altère sa vie de couple au point de commettre presque l’irréparable.

Un soldat qui part en guerre est un homme courageux mais reste avant tout un être humain. À son retour, plus rien n’est pareil. Psychologiquement, c’est très difficile. Le soldat est sans cesse hanté par des images qui ne le quitteront plus jamais.

Pour son premier récit, Denis Brogniart s’est inspiré de la vie d’un militaire français revenu du Mali, du Kosovo, d’Afghanistan, celui d’un soldat victime d’un syndrome post-traumatique.

Dans ce livre, l’animateur rend un vibrant hommage à tous les hommes qui, un jour, se sont engagés pour leur patrie. Qui ont sacrifié leur vie pour la nôtre et assurer notre liberté !

Raconter l’errance psychologique des militaires

Denis Brogniart a été touché par le récit de nombreuses histoires tragiques, parfois celle de candidats de Koh-Lanta, de témoignages à Viva for Life, mais aussi lors d’autres rencontres loin des caméras. Avec Un soldat exemplaire, il retrace l’histoire du soldat Stanislas et de sa femme, et désormais ex-épouse, Marie. Il rencontre Stanislas dans le cadre de son parrainage des blessés de guerre de l’armée française. "Il m’a raconté succinctement son histoire. C’était il y a 4-5 ans. Je me suis dit à ce moment que c’était le point de départ pour un roman, un récit romancé, voire pour un film tant sa vie a été marquée de hauts et de bas" déclare-t-il.


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À travers ce livre, l’animateur vedette et auteur français tente de comprendre la destruction psychologique de cet homme causée par les combats auxquels il participe qui ont affecté sa vie personnelle au point de vouloir, un jour de Noël 2008, mettre fin aux jours de sa femme "qui heureusement a pu se sauver à temps".

Oser relater une histoire de violences

Stanislas a tout de suite été favorable à l’écriture de son récit assure Denis Brogniart, malgré la violence et les scènes sexuelles parfois crues décrites dans le livre. C’était par contre moins le cas pour Marie, qui ne souhaitait pas ternir l’image de héros de guerre de son ex-mari. "Je l’ai rassurée lui disant que lui-même m’avait parlé de cette tentative de meurtre, de sa violence et de son rapport à l’alcoolisme. Lui-même se décrit sans être uniquement le héros. À ce moment elle a accepté d’ouvrir son cœur et dire ce qu’elle ressentait, en étant extrêmement précise sur des actes de vengeance sexuels qu’elle a commis parce qu’elle était désespérée, et parce qu’elle avait envie de lui faire comprendre qu’il la faisait souffrir terriblement depuis des années" révèle-t-il.

La détresse psychologique a notamment poussé Stanislas à tromper Marie, qui s’est ensuite vengée en le trompant tout en filmant la scène pour lui envoyer ensuite la vidéo.

Denis Brogniart estime qu’il était important d’utiliser les bons mots pour expliquer le cheminement vers la violence et représenter au mieux les scènes pour les comprendre, comme lorsque Stanislas, malgré un éclat de grenade reçu dans le mollet à Mitrovica au Kosovo, poursuit sa route pour liquider deux snipers serbes et sauver la vie de son équipe de combat.

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© Stéphane De Sakutin / AFP

La femme du soldat la véritable héroïne

Denis Brogniart aborde aussi l’épisode qui selon lui, entraîne Stanislas dans sa bipolarité qui sera par après fatale à son couple : lorsqu’il est enrôlé dans un bataillon de casques bleus en Somalie pour aider l’armée somalienne face aux rebelles de son pays, il tue 10 personnes alors qu’il n’a que 19 ans. "Vous sortez à peine de l’adolescence, vous vous retrouvez dans cette errance psychologique (NDLR : il fait des cauchemars de ces crimes la nuit). Même si on n’est pas tout à fait d’accord lui et moi sur l’analyse du début de son stress post-traumatique, je suis persuadé que dès sa première mission il est déjà touché et que cela ne fera que s’aggraver au Kosovo, en Afghanistan, un peu partout en Afrique et pour terminer au Mali où il devient totalement incontrôlable et est obligé d’être réformé par les institutions médicales de l’armée française" résume l’animateur.

Bien entendu, Denis Brogniart affirme que les coups et la violence gratuite envers son ex-femme sont totalement inexcusables. Cependant, il éprouve de l’empathie et pense qu’un homme comme Stanislas a des circonstances atténuantes. "Je pense que Stanislas, s’il était devenu comptable, n’aurait jamais eu ce destin dans sa vie personnelle. L’armée, la guerre, l’ont mis petit à petit dans un état psychologique de fébrilité et complètement en danger" confie-t-il. L’ancien militaire lui-même a écrit cette phrase à Denis après avoir lu le livre : "J’ai complètement compris que le héros ce n’est jamais moi, l’héroïne c’est elle", elle qui est la mère de deux de ses trois enfants.

La reconstruction

Après un tel récit, Denis Brogniart affirme que les militaires ne sont bien souvent pas assez préparés à la guerre.

Qu’en est-il aujourd’hui de Stanislas ? Agé d’une cinquantaine d’années, il est parvenu à se reconstruire, à retrouver un métier et à sortir de chez lui alors qu’il vivait reclus, à retrouver ses enfants et à mieux s’entendre avec Marie, et ce grâce à l’aide apportée par l’armée et l’État. "Je crois qu’il faut accompagner ces gens une fois touchés mais l’important aussi c’est de déceler beaucoup plus en amont ces troubles naissants pour peut-être dire à ces gens qu’ils ne sont pas faits pour continuer cette carrière au combat et leur permettre de prendre une voie parallèle pour éviter ces troubles post-traumatiques terribles" suggère le journaliste, déplorant que les blessures physiques sont prises en compte par l’armée mais que le psychique ne se voit pas en apparence.

Denis Brogniart s’est enfin confié sur son 'combat' à lui, Koh-Lanta, dont la nouvelle saison démarre ce 12 mars. "Comme d’habitude la Belgique sera au rendez-vous, aussi fervente que la France" se réjouit-il, concluant l’interview par ses célèbres mots : "À la fin, il n’en restera qu’un".

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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