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Barbara Pravi, représentante de la France à l’Eurovision : "J’ai un souci de vérité et de justesse sur les mots"

Barbara Pravi était l’invitée du 8/9 pour présenter son single Voilà. Elle est également revenue sur son jeune mais déjà riche parcours musical.

Voilà est le titre avec lequel Barbara Pravi représentera la France au Concours de l’Eurovision de la chanson à Rotterdam le 22 mai prochain.

Cette autrice, compositrice et interprète de 27 ans avait déjà sorti quelques EP disponibles sur les plateformes.

Barbara Pravi a collaboré avec un grand nombre d’artistes français. Elle a notamment écrit pour Julie Zenatti, Louane et pour le futur album de Florent PagnySon premier album est en préparation.

Un titre pensé pour toucher tous les publics de l’Eurovision

Pour cette nouvelle édition de l’Eurovision, la Belgique sera représentée par Hooverphonic, qui accueille à nouveau sa chanteuse emblématique, Geike Arnaert. Le groupe belge proposera une chanson co-écrite par Charlotte Foret, alias Charles, The Wrong Place.

Ce titre n’a toutefois pas été pensé en particulier pour l’Eurovision, contrairement à Voilà de Barbara Pravi.

"On s’est demandé quel mot pourrait me faire vibrer à chaque fois que je le chanterais et encore plus devant 200 millions de téléspectateurs si jamais j’étais sélectionnée" raconte ainsi la chanteuse française. "On est conscient que ce sont des chansons qu’on chante beaucoup dans plein de contextes différents et qu’à un moment cela peut perdre de sa substance. Il est important que les mots aient toujours une valeur. Il se trouve que j’ai dit 'Voilà' à la fin d’une phrase et qu’on a estimé que c’était un mot que tout le monde connaissait. Mais cela ne s’est pas fait dans l’autre sens, on ne s’est pas mis de contraintes, on les a prises comme elles sont arrivées".

Son authenticité et son expérience de l’Eurovision

Un texte fort et authentique, une interprétation à la Edith Piaf tout en alliant la modernité audacieuse et réaliste de ses contemporains, la chanson de Barbara Pravi prend aux tripes. Mais colle-t-elle vraiment au genre musical souvent extravagant Eurovision ? "Le but c’était de ne pas me travestir pour l’Eurovision. C’est un passage, j’espère que dans dix ans, je serai ailleurs et que j’aurai sorti des disques" répond sans détour la chanteuse de 27 ans.

Si elle est ambitieuse, c’est parce qu’elle peut se targuer d’avoir déjà une petite expérience dans ce concours. Elle est notamment l’autrice et la compositrice de Bim Bam toi de Carla et de J’imagine de Valentina, le titre… qui a remporté l’Eurovision Junior en 2020.


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Outre le titre de sa chanson, prononçable dans toutes les langues, Barbara Pravi représente aussi la France cosmopolite. Son nom d’artiste se réfère à son origine serbo-iranienne. Ce nom lui a été d’ailleurs suggéré par son grand-père. "Je cherchais un nom d’emprunt, d’artiste, et je voulais garder Barbara. J’ai appelé mon grand-père pour m’aider. Difficile de faire sonner un truc avec Barbara, il y a beaucoup de 'a'. Il m’a dit : 'Ton nom c’est Pravi, cela veut dire authentique en serbe'" révèle-t-elle.

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© Joel Saget / AFP

Le choix de carrière artistique

Si le talent de Barbara Pravi est incontestable, la chanteuse de 27 ans ne se prédestinait pas à la chanson. Elle s’est d’abord lancée dans des études de Droit avant d’aboutir dans la musique. C’est Carmen, une amie proche, qui l’a poussée à changer de direction. "Je devais retourner en Droit et je n’avais pas envie. J’aimais cela mais je n’étais pas très douée. Elle m’a dit : 'Barbara essaie de faire de la musique, tu as le temps, au pire tu changeras plus tard'. Je me suis donné jusqu’à 25 ans pour gagner ma vie, en tout cas exister dans la musique et si cela ne fonctionne pas je reprendrais mes études" se souvient-elle.

L’autrice-compositrice-interprète estimait en effet que se lancer dans le monde artistique était plutôt risqué, d’autant plus que sa famille ne baignait pas dans cet univers. "Nous étions tous très conscients des enjeux : c’est dur de gagner sa vie quand on est artiste, de se faire une place. C’est difficile car c’est un métier de contact, qui met en jeu la chance, le travail, beaucoup de choses" concède-t-elle. "Mes parents avaient peur et je les comprends, je pense qu’à leur place j’aurais eu peur aussi. Moi j’étais très téméraire, je ne me posais pas la question d’avoir peur ou pas je me disais juste que je ne savais faire que cela".

L’écriture réaliste de Barbara Pravi

Barbara Pravi ne retournera pas en Droit puisque depuis quelques années, le succès est au rendez-vous et il devrait encore s’amplifier grâce à l’Eurovision. Barbara avait déjà sorti un premier EP en 2017, porté par le titre Pas grandir, mais dans un registre plus pop, qui était davantage le style habituel des gens avec qui elle travaillait que le sien.

L’EP Les prières correspond donc mieux à son univers, où la chanteuse se confie sur sa vie, tout comme sur le titre poignant Chair, qui évoque avec franchise l’avortement.

J’ai l’impression que c’est ma raison de vivre. J’ai un souci de vérité et de justesse sur les mots qui est un peu dingue mais c’est comme cela que je suis.

Elle ajoute : "Ce texte, j’ai mis six ans à l’écrire car on passe par plusieurs phases : la colère, ensuite on s’en détache beaucoup et ensuite on se rend compte que ce sont des choses qui sont importantes et qui nous ont façonnés. […] Je pense qu’il ne faut plus être en colère et avoir beaucoup réfléchi sur comment ces événements nous ont transformés pour pouvoir en parler avec puissance".

Dégagera-t-elle la même puissance à l’Eurovision ? Réponse le 22 mai prochain.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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