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Aymeric Caron sur le coronavirus : "C'est une crise écologique que l'on a vécue"

Aymeric Caron était l'invité du 8/9 pour présenter son livre La revanche de la nature. 27 leçons pour le monde d'après, sorti depuis le 17 juin, où il donne des enseignements pour vivre mieux après le confinement historique que le monde a vécu en 2020.

Et si avec la crise sanitaire liée au Covid, notre planète nous envoyait un ultime avertissement ? N'avons-nous pas été trop loin ? La nature ne prend-elle pas sa revanche ?

À partir de ces questions, Aymeric Caron tire 27 leçons pour mieux construire notre avenir et nous lance un cri d'alarme : il faut que la société change !

Aymeric Caron est journaliste. Il a été l'un des chroniqueurs de l'émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché et son livre No steak est un best-seller.

Un coronavirus qui a permis une reconnexion à la nature

Aymeric Caron démarre son nouveau livre par la phrase suivant : "S'il n'était pas meurtrier ce virus me paraîtrait sympathique". Il justifie cette position très affirmée : "J'ai certaines difficultés à vivre dans la société que l'on nous impose de manière générale donc j'ai apprécié me retrouver tout à coup dans une situation où je peux me mettre sur pause, me couper de certaines relations sociales que je trouve absolument inutiles, je peux prendre le temps de réfléchir de me dispenser d'un certains nombre de choses professionnelles qui sont anecdotiques pour moi. J'ai déjà trouvé cela extrêmement intéressant : être chez moi, prendre le temps, profiter de ma famille".

Le journaliste et chroniqueur français a trouvé aussi intéressante cette pause économique qui nous a obligé à "réfléchir à notre rapport à l'autre". "Il y avait une obligation à la sagesse pendant quelques semaines qui me semblait extrêmement salutaire" assure-t-il.

Le problème selon lui a été qu'une grande part de la population de divers pays a repris ses "mauvaises" habitudes de consommation et de non-respect de la nature et même en pire au vu des obligations de la population, financières notamment.

Mais nos politiques auraient dû tirer des leçons qu'à mon avis ils n'ont pas tirées.

Aymeric Caron estime donc que le coronavirus, outre son malheureux effet dévastateur, a au moins permis à l'être humain de se reconnecter avec soi-même et ses désirs.

Ne pas oublier les problèmes et les enseignements de la crise

Aymeric Caron avait la volonté de sortir rapidement ce livre sur les quelques mois suspendus que l'Europe a vécu début 2020, afin de ne pas oublier cette période particulière. "Je pense que l'un des principaux problèmes que l'on a dans nos sociétés est un problème de mémoire, on oublie tout, très vite. L'importance de l'Histoire explique que l'on doit travailler ce problème" affirme-t-il.

Il prend en exemple la gestion de la crise dans l'Hexagone où il s'est avéré important de garder une trace des certaines prises de paroles en public, "notamment avec une port-parole du gouvernement qui a enchaîné les déclarations qui étaient contradictoires, qui se sont avérées ensuite complètement fausses par rapport à l'évolution de la situation mais aussi des ministres de la santé, beaucoup d'intervenants officiels qui ont raconté n'importe quoi".

Il résume sa crainte politique : "deux mois de confinement pour nous c'est à la fois très long mais très court". Une fois cette période passée qui semble avoir duré une éternité, on constate qu'il ne s'agissait que de deux mois dans une seule vie.

Le risque c'est que l'on reparte comme avant en pire en oubliant absolument tout ce qu'il y avait à retenir de cette expérience.

C'est de cette manière qu'est né chez l'auteur le projet de ces 27 leçons à tirer de cette crise sanitaire dans un livre qu'il a même démarré avant le confinement.

Un futur en politique ?

Aymeric Caron invite donc à la réflexion citoyenne sur notre environnement et notre manière de vivre dans La revanche de la nature, assez pour envisager une carrière politique ?

Le journaliste français avait déjà publié ses idées politiques dans Utopia 21, "un condensé de propositions très concrètes pour changer la société".

Il en reparle de façon moins approfondie dans ce nouveau livre mais il rappelle qu'il a fondé le parti Révolution écologique pour le vivant, un parti d'écologie radicale qui devrait avoir des objectifs pour les législatives de 2022 en France. "Cela ne veut pas dire qu'à titre personnel j'ai des ambitions pour moi" nuance-t-il.

Je pense que la plupart des idées politiques doivent être aujourd'hui complètement renouvelées, la plupart de ceux qu'on entend sont des gens qui nous assènent des très vieilles leçons qui ne sont plus adaptées à l'urgence qui est la nôtre aujourd'hui.

Une crise qui montre d'abord l'urgence climatique

La revanche de la nature se lit comme un journal de bord, l'auteur racontant jour après jour son ressenti sur la crise sanitaire et les déclarations des gouvernements et experts sur l'évolution de la crise.

Aymeric Caron estime de plus qu'écrire un tel essai lui a permis de bien vivre son confinement. "Il n'y a rien de pire dans la vie me semble t-il que d'assister à quelque chose qui vous semble une aberration et d'être incapable de faire quoi que ce soit pour avoir la moindre capacité d'intervention pour essayer d'alerter ou de changer les choses. J'entendais tous les jours en regardant l'actualité et internet des choses qui me donnaient vraiment envie de réagir mais je ne souhaitais pas réagir à chaud non plus. En même temps j'étais fatigué d'être abreuvé dans les chaines d'info de gens qui parlaient de choses qu'ils ne connaissaient pas en réalité. Cela avait beau être des médecins, des politiques, des virologues, des épidémiologistes, mais en réalité il y avait tellement d'inconnues autour de ce virus que la parole immédiate à mon avis n'était pas toujours extrêmement intéressante mais au contraire cela m'a permis de bien vivre ce confinement en ayant un objectif" confie-t-il.

Au vu de la situation qui se préparait, il a donc laissé de côté un autre livre qu'il rédigeait pour se concentrer sur ce livre pour développer son opinion sur la situation de crise. En tant que journaliste, il déclare :

J'avais besoin d'exprimer une opinion et j'ai tout de suite anticipé l'idée que pour moi c'est une crise écologique que l'on a vécu.

Il poursuit : "Or ce qui m'a dérangé, c'est l'idée de départ de ce livre, c'est que l'on allait énormément parler de la crise sanitaire, évidemment, de la crise économique qui allait suivre, c'est le cas aujourd'hui, mais que la crise écologique qui a été très vaguement évoquée au début, quand il s'agissait d'analyser les origines de cette pandémie, a été très vite oubliée pour passer à autre chose. On voit aujourd'hui que quasiment plus personne ne parle d'écologie, et que dans toutes les mesures prises par les politiques aujourd'hui négligent toutes l'urgence écologique, le réchauffement climatique".

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