Le 8/9

Du lundi au vendredi de 08:00 à 09:00 sur Vivacité

Plus d'infos

Akro se remémore les débuts du rap en Belgique et de Starflam : "Nous étions un peu des OVNI"

Le rappeur belge Akro, membre du groupe Starflam, était l'invité du 8/9 pour la réédition de l'album Survivant et pour son livre autobiographique Rap Game. Il s'est confié sur les débuts et fin de carrière de Starflam et sur le jour où il a refusé d'être coach de The Voice.

Cette année, l’album Survivant du groupe Starflam fête son 20ème anniversaire et est réédité en vinyle.

L’occasion pour Akro (Thomas Duprel) de se confier sur son histoire, son parcours dans la culture rap et hip hop.

De ses débuts dans le rap belge au succès de Starflam en passant par son rôle au sein du média urbain Tarmac, Akro regarde dans le rétro de son riche parcours.

Les débuts difficiles du rap en Belgique

Dans Rap Game, Akro, qui regrette de n'avoir été qu'un enfant dans les années 80, se remémore ses premiers pas dans le hip-hop, un genre musical encore peu diffusé en Belgique, soit très 'underground'. Starflam, doit même composer avec des studios d'enregistrement de fortune. 

"J'ai commencé à rapper à 16 ans. On était dans des ambiances de maisons de jeunes avec des studios improbables. On était à 7 dans une pièce, on avait deux-trois jours pour enregistrer tout un disque donc on était dans l'immédiateté, le direct, et fatalement on restait dormir sur place comme des scouts" raconte-t-il. "C'est l'époque où on fait ses premières armes, on se dit que c'est un hobby, et après on se rend compte que cela peut devenir un métier".

Cette période n'a parfois pas été simple à vivre pour Akro et ses compères face au regard de la société. "On était un peu des OVNI. On nous prenait pour des clowns. On nous disait 'yo yo' dans la rue quand on passait, on se moquait de nos vêtements. C'était l'époque aussi où Benny B tournait sur sa tête donc pour le grand public, il y avait une interrogation : 'Qui sont ces gens ?'"

L'authenticité du premier album

Si une réédition du célèbre album Survivant de Starflam , avec le tube La Sonora, est réédité pour ses 20 ans, Akro confie que pour lui, le premier disque de son groupe, album éponyme paru en 1998, restera à jamais le meilleur.

"C'est la spontanéité, l'authenticité, le premier jet. C'est quelque chose qu'un artiste ne calcule pas, qu'il va faire dans l'instant par rapport à un studio de fortune. On a une authenticité qu'on grave dans un disque et ce côté urgence. Après il y a ce côté maison de disque, deal, clip, où on nous permet de s'installer. Le deuxième album, Survivant, est un bon album que j'apprécie et c'est pour cela que je célèbre les 20 ans de la sortie, mais le premier jet, il y a quelque chose de vif qu'on ne pourra jamais reproduire" justifie-t-il.

Survivant est un véritable succès, mais celui-ci reste encore incompris par certains. Akro évoque une phrase choc d'un patron de maison de disques : "J'ai une boite de cassettes, tu pourrais les donner à tes potes de quartier", alors que ce format est en chute libre et que Starflam a sorti ce second disque aussi en vinyle et CD. "Quand on est disque d'or et qu'on reçoit ce genre de remarques on se dit qu'il y a encore beaucoup de choses à déconstruire, et qu'on est encore pris pour des clowns, mais j'apprécie cette personne car il a évolué, on a pu se comprendre et apprendre mutuellement" tempère-t-il. "Dans les années 90 et 2000, les directeurs artistiques de l'époque travaillent du rock et de la dance, mais n'ont pas travaillé du hip-hop, ne connaissent pas ces codes".

La fin de Starflam

L'histoire de Starflam ne fera pas long feu : l'étincelle des débuts s'éteint rapidement après des querelles d'ego qui divisent le groupe. "C'est comme une équipe de basket, vous avez 5 meneurs et allez vers le panier et c'est très communicatif en public, mais après avec le temps, on fait des concessions sur des choix musicaux. On était très démocratique, il n'y avait pas 1 leader et 4 suiveurs, on avait tous le même avis. À un moment donné il y a l'ego des uns et des autres, il y a des petites factions et frictions qui se créent" regrette Akro. "À la longue, je n'ai pas de honte d'avoir fait 3 albums de groupe et 3 albums solos, parce qu'à un moment donné, on doit se libérer sur l'humour, des choses tristes et intimes. On ne sait pas s'exprimer en groupe sur le long terme".


►►► À lire aussi : André Manoukian : "La musique, c’est Dieu et le sexe mélangés"


Les deux membres les plus célèbres du groupe, Akro et Baloji, ont essayé de se recontacter mais ne se parlent plus depuis 20 ans confie Thomas Duprel. "C'est la chose la plus triste dans l'aventure".

1 images
© Laurie Dieffembacq / Belga

Presque coach à The Voice

Parmi les points de friction entre les deux rappeurs, il y avait notamment les collaborations de Baloji avec Coca-Cola qui ont choqué Akro. Ce dernier s'interroge également dans son livre sur l'intérêt de baptiser la ligue professionnelle de football belge par un nom de bière.

C'est d'ailleurs parce qu'il s'oppose à la célèbre marque de sodas qu'Akro a refusé il y a quelques années... d'être coach dans The Voice Belgique. Il révèle : "Je venais de faire un titre sur mon album Quadrifolies (NDLR : paru en 2015), Mon Coca et mes Nike. Je n'ai pas réussi à sauver le côté Nike mais je ne bois plus de coca. Je ne pouvais pas me retrouver jury dans the Voice avec un sponsor Coca-Cola, ce n'était pas possible dans mon intégrité. J'ai très mal dormi pendant plusieurs jours, mais après j'ai décidé de ne pas poursuivre cette aventure".

Aujourd'hui, la RTBF a rendu sa confiance à Akro qui y travaille pour un projet qui le passionne : responsable d'édition d'offre et de contenus pour Tarmac, le média nouvelles générations. "On peut créer un média c'est une opportunité énorme dans une carrière et je suis super fier de Tarmac et des résultats qu'on fait sur les réseaux sociaux, c'est incroyable" savoure-t-il.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK